Ballon d’Or : C’est quoi ce bazar entre Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé ?
Eurosport sur GoogleLa communication décomplexée de Kylian Mbappé a lancé une campagne au Ballon d’Or qui pourrait, potentiellement, faire quelques dégâts notamment dans sa relation avec Ousmane Dembélé. La machine médiatique s’est déjà emparée du sujet qui sature les discussions et les débats. La route vers ce Ballon d’Or, l’un des plus incertains de l’histoire, pourrait faire des victimes.
Dembélé sous-estimé dans la course au Ballon d'Or ? "Il n'a jamais été l'homme fort de son équipe"
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Sept prétendants sérieux, aucun favori, beaucoup d’espoirs et un seul élu : la course au Ballon d’Or 2025/2026 est inédite en mettant aux prises un nombre important de candidats sans qu’aucune tête ne dépasse vraiment. Kylian Mbappé a tout cassé mais n’a rien gagné, Fabian Ruiz a tout gagné mais n’a pas marqué les esprits, Lamine Yamal est champion du monde mais a manqué d’éclat, Rodri a dominé l’été mais raté le reste, Ousmane Dembélé a remporté la C1 mais fut un lieutenant plutôt qu’un général, Khvicha Kvaratskhelia a dominé l’Europe mais pas le monde, Harry Kane a marqué plus que quiconque mais n’a remporté qu’une Bundesliga, Lionel Messi aurait pu mettre tout le monde d’accord mais l’Argentine s’est effondrée en finale.
À un mois et des poussières du verdict, les appétits sont aiguisés par cette absence de hiérarchie claire. Chacun sent que c’est le moment ou jamais. En particulier Kylian Mbappé, dont l’extrême confiance en lui-même et la communication décomplexée ont fait entrer cette campagne dans quelques eaux troubles. Au fond, le capitaine des Bleus reste fidèle à ce qu’il est. Personne n’est tombé de sa chaise en apprenant dans France Football que Mbappé voterait volontiers pour lui-même ou qu’il se considérait comme le meilleur joueur de la saison.
Deux stratégies opposées
Sauf que tout ceci a visiblement échaudé son grand pote, Ousmane Dembélé, qui a rebondi sur la phrase de Mbappé ("J’ai toujours été vu comme l’élu") : "Je n’ai jamais été l’élu, a répondu indirectement Dembélé sur le plateau de Ligue 1+. Mais j’ai bossé énormément." La stratégie est claire : prendre le contre-pied parfait de Mbappé en se positionnant comme le laborieux au service du collectif. "Si c’est moi qui parle, je ne me mets pas dans la liste, je ne vote pas pour moi", avait prévenu Dembouz dans les colonnes de France Football la semaine dernière.
Il n’en fallait pas plus pour déclencher une petite tempête médiatique et opposer les deux stars des Bleus. Alors qu’en juin et en juillet, le capitaine Mbappé volait au secours de son pote ciblé par les médias, voilà qu’à la rentrée, les deux hommes, amis depuis une bonne décennie, se cherchent des poux dans la course au Ballon d'Or.
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"Ils ont été échaudés par le cas Ribéry" : La discrétion du Bayern expliquée
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Pourtant, la lecture de l'interview de Mbappé ou le visionnage de la vidéo témoignent moins d'une volonté de détruire la candidature de Dembélé qu'une réelle affection pour lui. Et c'est oublier que le Madrilène place le Parisien sur son podium de l'année sans doute aussi par affection... ce qui n'avait d’ailleurs pas échappé à Lamine Yamal. Le Barcelonais doit, aujourd’hui, se friser les moustaches à compter les points.
Ribéry, Vinicius et Griezmann dans la machine à broyer
Cette campagne va-t-elle faire des victimes ? Peut-être. Et ce ne serait pas la première fois, en particulier quand le scrutin est serré et l’issue incertaine. Franck Ribéry ne s’est jamais vraiment remis de son échec en 2013 face à Cristiano Ronaldo, Vinicius a très mal vécu le couronnement de Rodri en 2022 et ses prestations n’ont plus été les mêmes depuis. Chaque fois qu’il baissait un peu de niveau, Antoine Griezmann était renvoyé à ses déclarations de 2018 quand il estimait être à la table de Ronaldo et Messi.
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Antoine Griezmann avec la Coupe du monde 2018
Crédit: Getty Images
La course au Ballon d’Or peut rendre chèvre. Même si tout le monde a oublié la déclaration exacte de Grizou et du contexte qui l’accompagnait (le Français était alors champion du monde après avoir notamment éliminé Messi et l’Argentine en 8e de finale) : "Si je suis à la même table ? Oui, je crois que oui et je sais que d'autres joueurs vont y venir, à coup sûr. Ce qui est sur la table, ce sont des images que j'ai, et je profite de cette table. Mais je sais aussi que je peux faire mieux. Je veux m'améliorer, gagner et continuer comme ça."
Quand la machine s’emballe, elle peut broyer et les campagnes de communication se retourner contre leurs auteurs. Mbappé est aujourd’hui suffisamment solide pour assumer, c’est ce qu’il fait depuis ses 17 ans. Au fond, le problème n’est peut-être ni Mbappé ni Dembélé. Chacun est dans son registre. Mais dans une course aussi indécise, chaque prise de parole devient un événement, chaque mot est disséqué. Alors, qui a intérêt à cette guerre des petites phrases ? Le Ballon d’Or n’a pas encore trouvé son lauréat, mais il a déjà trouvé son feuilleton.
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