Kylian Mbappé peut-il gagner le Ballon d’Or après une saison blanche et sans trophée ?
Eurosport sur GoogleLe Ballon d’Or a-t-il déjà été décerné à un joueur vierge de tout titre sur une saison ? Le règlement permet-il de consacrer une individualité qui a signé une saison blanche ? Et derrière ces questions se pose la légitimité de la candidature de Kylian Mbappé. Le Madrilène fait campagne, José Mourinho et le Real Madrid poussent fort dans son dos mais a-t-il seulement une chance ?
Mbappé et le BO : "Je sais faire des choses que les autres ne savent pas faire"
Video credit: Eurosport
Kylian Mbappé n’est jamais mieux servi que par lui-même. C’est vrai à Madrid, où il a fait la pluie et surtout le beau temps l’an passé, et en équipe de France dont il a décanté tous les matches lors de la dernière Coupe du monde à l’exception de cette fichue demi-finale face à l’Espagne. Alors, pas question de laisser du terrain à ses adversaires ou de laisser les débats se mener sans lui, il a ouvert en grand la campagne au Ballon d’Or cette semaine en déclarant que s’il avait eu à voter, il aurait glissé un bulletin Mbappé dans l’urne estimant qu’il s’agissait pour lui "d’une bonne année pour l’obtenir."
José Mourinho, son entraîneur que l'on a connu plus cavalier dans le passé, a choisi sans surprise son avant-centre : "Pour le Ballon d’Or, j’ai une opinion. Pour moi, le meilleur joueur du monde peut avoir une saison sans titre. Tu peux tout gagner et ne pas être le meilleur joueur du monde." Mais le Ballon d’Or couronne le meilleur joueur de la saison, pas le meilleur joueur du monde. Peut-on être le meilleur joueur de la saison sans avoir remporté le moindre trophée ? Voilà la vraie question qu’il faut se poser dans le cas du Madrilène qui n’a remporté ni la Liga, ni la Coupe du Roi, ni la Ligue des champions ni la Coupe du monde.
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"Si je devais voter pour le Ballon d'Or, ce serait pour Mbappé"
Video credit: Eurosport
Moins prolifique que Ronaldo et Messi
Le Ballon d’Or a déjà sacré des joueurs dont le palmarès est resté vierge durant douze mois. Une dizaine de fois au cours de sa riche histoire. Sans remonter au premier d’entre eux, Stanley Matthews en 1956 ou Denis Law en 1964 avec lesquels il est difficile de construire des comparaisons tant les critères de vote et l’air du temps n’avaient rien à voir avec aujourd’hui, Luis Figo en 2000 et Cristiano Ronaldo en 2013 ont eu les faveurs du jury sans soulever un trophée par ailleurs. Les deux Portugais partagent un point commun avec Mbappé : ils jouaient au Real Madrid qui sait faire campagne et se montrer persuasif. C’est un atout non-négligeable puisque le Real reste le club qui sait le mieux faire gagner ses hommes.
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Cristiano Ronaldo, Ballon d'Or 2013
Crédit: Getty Images
Mais Ronaldo 2013 a deux atouts qui échappent aujourd’hui à Mbappé : un nombre de buts démentiels (69 buts en 59 matches contre 58 pions pour Mbappé) et un panel de votants différents puisqu’à l’époque, les entraîneurs et les capitaines de sélection donnaient leur avis. Et ceux-ci, au vu du résultat des scrutins, attachaient moins d’importance au palmarès que le panel de journalistes qui vote désormais. Ainsi Lionel Messi avait décroché un Ballon d’Or en 2012 après n’avoir gagné qu’une Coupe du Roi (mais marqué 50 buts en Liga !). Et un sacre en Liga lui avait suffi en 2010, année… de Coupe du monde.
Un argument massif et inédit
Depuis le retour du mode de scrutin traditionnel en 2016, chaque lauréat a, dans l’année de son sacre, remporté soit la Ligue des champions, soit la Coupe du monde soit une autre grande compétition internationale (Copa America, Euro) à l’exception de 2019 où Messi n’a remporté, là-encore, que la Liga. Mbappé part donc de très loin mais il a une carte majeure que ni l’Argentin ni le Portugais n’ont pu présenter quand leur palmarès sonnait creux : ses dix buts en Coupe du monde. Le dernier joueur à avoir atteint ce total démentiel est Gerd Müller lors du Mundial 1970 au Mexique. Cette année-là, l’Allemand n’avait pas remporté le moindre trophée… ce qui ne l’avait pas empêché d’être Ballon d’Or. Un cas qui l’unit à celui du capitaine des Bleus.
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Kylian Mbappé (France) contre l'Angleterre en Coupe du monde, le 18 juillet 2026
Crédit: Getty Images
Mais, là-encore, la comparaison a ses limites puisque seuls les Européens concouraient alors à la distinction individuelle suprême. Et si toutes les nations avaient pu présenter des candidats, quelques Brésiliens champions du monde, et notamment un certain Pelé, auraient sans doute mis la main sur le trophée. Le meilleur argument de Mbappé, et celui qui fera sans doute autorité si son sacre intervient, reste son irruption spectaculaire à la première place des meilleurs buteurs de l’histoire de la Coupe du monde. Un accomplissement individuel irréel, le plus spectaculaire de la saison assurément.
Or, le critère numéro 1 du Ballon d’Or demeure les performances individuelles et leur caractère décisif. Jamais aucun candidat sérieux n’avait cet argument à faire valoir. Le Ballon d’Or a rarement récompensé le meilleur joueur d’une équipe qui n’a rien gagné. Mais il n’a peut-être jamais eu à départager un candidat avec un exploit individuel aussi spectaculaire. C’est précisément ce qui rend la candidature de Mbappé crédible. Suffisant pour faire oublier sa saison à regarder les autres soulever les Coupes ?
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