Barrage Saint-Etienne - Nice - Les vérités de Bernard Caïazzo : "Avec Kilmer, l'ASSE va vite devenir un top 5 français régulier"

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Alors qu’il sort un livre en forme de bilan à la tête de l’ASSE, Bernard Caïazzo nous a livré un grand entretien à la veille du barrage où les Verts joueront leur avenir ce mardi face à Nice. Pourquoi les nouveaux propriétaires, malgré d’immenses moyens, font stagner Saint-Etienne ? A quoi faut-il s’attendre à moyen et long terme ? Confessions de l’homme qui a vendu les Verts il y a deux ans.

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Video credit: Eurosport

Et puis, soudain, Bernard Caïazzo déboutonne sa chemise. Sous le tissu, une cicatrice encore récente, héritée d’une opération subie en septembre dernier : à 72 ans, l’ancien président du directoire de l’ASSE vit désormais avec un pacemaker. La séance de tirs au but contre Rodez ? Impossible à regarder, il lui faut ménager son cœur. "Je suis entré dans le temps additionnel", sourit-il, reprenant le titre du livre d’entretien qu’il vient de publier aux éditions Solar.
Dans cet ouvrage-bilan, Caïazzo revient sans filtre sur ses vingt années à la tête du club stéphanois. Alors, pendant 90 minutes, sans arrêt de jeu cette fois-ci, il déroule souvenirs, regrets et convictions. Mais à l’heure où l’ASSE joue sa remontée en Ligue 1, impossible de ne pas regarder vers l’avenir. Que peut réellement espérer Saint-Étienne avec Kilmer Sports ? Pourquoi les Verts, malgré des moyens hors normes pour la Ligue 2, n’ont-ils pas survolé le championnat ? Et qui sont vraiment ces nouveaux propriétaires auxquels appartient désormais le destin de l’un des clubs les plus populaires de France ?
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Bernard Caïazzo, ancien président du comité de surveillance de l'ASSE

Crédit: Getty Images

Bernard Caïazzo est sans doute l’un des mieux placés pour en parler : c’est lui qui, en mai 2024, a vendu le club à Larry Tanenbaum et à Kilmer Sports. Voilà pourquoi, à quelques jours du barrage L2-L1 que les Verts joueront face à Nice, nous le rencontrons dans un restaurant chic de Paris avec vue imprenable sur l’Arc de Triomphe. Entretien.
Comment expliquez-vous que l’ASSE, malgré le plus gros budget de L2, un mercato énorme à l’échelle du championnat et un nouvel actionnaire ambitieux, ne soit pas montée directement ?
Bernard Caïazzo : À part le PSG, tous les clubs qui ont des actionnaires milliardaires sont en sous-performance. Tous. Rennes, Nice, Marseille, etc. Donc, ça veut dire que l'argent ne suffit pas. Par contre, Lens, Lille, Le Mans en L2 fonctionnent bien. Quelle est leur force ? C'est le management et surtout le trio président – directeur sportif - entraîneur. Pourquoi le PSG réussit désormais ? Parce qu’il a ajouté la compétence à la puissance financière. Pour mettre ça en route, il faut un certain temps. Ivan Gazidis (ndlr : président de l’ASSE) ne connaît pas la France ni la Ligue 2. Je pense qu'ils comprennent de mieux en mieux.
Certains mettent des années à comprendre ou ne comprennent jamais…
B.C. : Parfois, c’est vrai que des milliardaires n’y arrivent pas. Est-ce qu'il n'y a pas dans ces clubs une forme de confort ? Tous les employés vivent dans le confort puisqu’ils ont un gros actionnaire qui est capable de remettre au pot. Moi, je me souviens, à l'époque de Lagardère, du Matra Racing, c'est ce qu'on disait.
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Larry Tanenbaum, le nouveau propriétaire des Verts, au centre

Crédit: Getty Images

Mais à Saint-Étienne, avec l’énorme pression populaire, c’est dur de vivre dans le confort…
B.C. : C'est une question, simplement une question. Aujourd’hui, les supporters réagissent dans l'instant. Ils ont une grosse espérance, pour eux, ce n’est pas normal que les Verts en soient là. On ne peut pas dire qu'ils ont tort. Je pense que si le club s’était séparé plus tôt d’Eirik Horneland, l’ASSE serait montée directement. Philippe Montanier est un coach qui joue la partition juste, un très bon chef d'orchestre. La qualité numéro un d’un coach, c'est quelqu'un qui sait parler au cœur des hommes. Moi, je prends des Christophe Galtier, Olivier Dall’Oglio, Jean-Louis Gasset : ils savaient parler au cœur des hommes.
Quelqu'un qui a ces moyens-là, il ne vient pas pour échouer
Kilmer a fait des erreurs mais…
B.C. : (Il coupe) J'ai une conviction absolue : Kilmer réussira dans le temps. L’ASSE deviendra un club européen régulier dans les prochaines années, elle va vite être un top 5 français chaque saison. Je pense même que les Verts ont une opportunité au vu de ce qu’il se passe. À Nice, les actionnaires ne veulent plus du club. Monaco pareil. Ça fait quand même maintenant 15 ans que Rybolovlev est à Monaco, je ne suis pas sûr que sa motivation soit la même. Après 10 ans, Franck McCourt veut aussi réduire la voilure. Il y a une vraie opportunité pour des clubs comme l’ASSE ou le Paris FC. Alors oui, j'ai la conviction absolue que Kilmer est condamné à réussir. Ils réussiront, quoi qu'il arrive.
Pourquoi Larry Tanenbaum a acheté l’ASSE ? Ce n’est, a priori, pas pour se faire de l’argent.
B.C. : Il était sur Chelsea et ça ne s'est pas fait. Kilmer Sports a parlé avec Arsène Wenger qui leur a dit que c'était beaucoup plus intelligent de partir de loin avec un club et qu’à Saint-Étienne, il y a tous les paramètres de la réussite pour monter une équipe étape par étape. Larry a adhéré à cette vision-là. Si les Verts arrivent en Ligue 1, Larry Tanenbaum va pouvoir faire face. Que vous le vouliez ou non, avec Roland (ndlr : Romeyer), on ne pouvait pas parce qu’on n’est pas milliardaires. Aujourd'hui, le football appartient aux milliardaires. Ce n'est pas vrai à 100 %, on le voit avec Lille et Lens. Mais qui compense la baisse des droits télés ? Les milliardaires.
Encore faut-il que ces milliardaires injectent et aient de l’ambition.
B.C. : Être milliardaire, c’est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Il faut de la conviction et de la compétence. Mettez Olivier Létang avec un milliardaire et vous verrez…
Il manque aujourd’hui un Olivier Létang à Saint-Étienne ?
B.C. : Je ne dis jamais aux gens ce qu’ils doivent faire de leur argent. Parce que quand j'étais à Saint-Étienne, beaucoup de gens m'expliquaient ce qu'on devait faire. Donc moi, je respecte Larry Tanenbaum. C'est quelqu'un qui, sur le plan moral, sur le plan humain, est vraiment formidable et qui adore ce club. Il a une grande volonté de réussir à Saint-Étienne. Quelqu'un qui a ces moyens-là, il ne vient pas pour échouer.
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Le board de l'ASSE avec Ivan Gazidis, le président, au centre

Crédit: Getty Images

Il vaut mieux être en L2 avec lui que 5e de L1 avec Caïazzo et Romeyer
Quels sont ses moyens justement par rapport aux autres fortunes du foot français ?
B.C. : Il vient de vendre pour 2,5 milliards d'euros ses actifs dans le domaine du sport au Canada. Il a une grosse fortune en cash. Parce que c'est important, la fortune en cash et pas seulement en actions d’entreprise. Avec l’immobilier, il doit peser près de 5 milliards donc il a largement les moyens de pouvoir faire de Saint-Étienne un club européen régulier.
Pourquoi une telle fortune est prête à perdre de l’argent à Saint-Étienne ?
B.C. : La mission, c'est de donner du bonheur à ceux qui aiment le club. Dans le documentaire sur les 50 ans de la finale de 1976, Jean-Michel Larqué disait : ‘on était la bouée de sauvetage des gens.’ Le foot à Saint-Étienne, c’est ça. Même si on ne parle plus des mines, il y a encore des gens qui vivent de façon très difficile. Qui, sur terre, a la possibilité de donner du bonheur aux gens ? C’est ce qui motive Larry. Il n’aime pas apparaître dans les médias, le bling, etc. D'autres sont venus au football pour se faire connaître, pas lui.
Mais aujourd’hui, sa méthode ne fonctionne pas.
B.C. : Ce n'est pas un idiot. Si Saint-Étienne ne marche pas comme il le veut, c'est quelqu'un qui saura prendre des décisions de management en conséquence. Larry réussira. Tôt ou tard. Je vais aller plus loin : il vaut mieux être en L2 avec lui que 5e de L1 avec Caïazzo et Romeyer.
On vous sent très fier d’avoir trouvé Larry Tanenbaum. Est-ce votre plus grand accomplissement en tant que président des Verts ?
B.C. : Ma fierté, c'est 7 ans de Christophe Galtier. Le club, c'est une institution. Dans le temps, il devient quoi ? Le but, c'est renaître. Ce club, on dit souvent que c'est un géant endormi. Qui va réussir à le réveiller ? Pas Caïazzo ni Romeyer. On a fait ce qu'on devait faire. Aujourd’hui, on a un club qui n’est plus obligé de vendre ses meilleurs joueurs chaque été. Imaginez si on avait pu réunir, sous notre présidence, Ruffier, Matuidi, Payet, Aubameyang, Guarin, Saliba. On jouait la Ligue des champions tous les ans. Mais il fallait vendre pour 15 millions d’euros chaque été. Ce temps est fini.
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Geoffroy-Guichard

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Ils sont prêts à perdre de l'argent
Aujourd’hui, Saint-Étienne pourrait garder Saliba et Fofana ?
B.C. : Bien sûr. Aujourd'hui, l'actionnaire a les moyens de résister à toute attaque. Ce qui n'était pas notre cas. Ils l’ont fait avec Lucas Stassin l’été dernier. Moi, j’aurais voulu garder Aubameyang une année de plus. Mais on était dans une impasse financière d'environ 10 millions. À la fin, on a récupéré 14 millions avec lui. Il est resté 5 ans à Dortmund et a été vendu 63 millions. On a finalement perdu beaucoup d’argent mais on n’avait pas le choix. Aujourd’hui, les nouveaux propriétaires ont la capacité de faire de Saint-Étienne un grand club européen. Ils ont toutes les structures, ce public stéphanois… Tout le monde le dit. Aujourd'hui, on peut aller voir des matches à Saint-Étienne en n'étant absolument pas supporter mais simplement pour le spectacle. Comme on irait voir Céline Dion.
Et peu importe si Kilmer perd beaucoup d’argent…
B.C. : Oui, ils sont prêts à perdre de l'argent. Pourquoi ? Beaucoup de gens me disent : McCourt a 2 milliards, il a déjà perdu 700 millions donc il reste 1,3 milliard. C'est faux. Un milliardaire fait sans problème des plus-values de 10 % par an. Si McCourt fait 200 millions de plus-values par an et qu’il perd 100 à l’OM, bon… Ce que ne veut pas le milliardaire, c'est être ridicule et perdre. Ou se faire insulter, prendre des banderoles terribles pour aucune reconnaissance. Larry doit être respecté parce qu’il n'est là que depuis deux ans, il a mis des moyens et il sera prêt à en mettre beaucoup plus.
Ineos devait aussi mettre beaucoup de moyens et se retrouve finalement, avec Nice, à lutter pour sa survie en L1 face à Saint-Étienne…
B.C. : Ils ont failli y arriver. En 2022, ils sont deuxièmes sous Christophe Galtier jusqu’à l’épisode de la bouteille face à l’OM. Sans ça, ils se qualifiaient pour la Ligue des champions et entamaient un cercle vertueux. Il y a eu des erreurs. Au mercato d’hiver 2022, au lieu de recruter deux gars niveau Ligue des champions, ils prennent Billal Brahimi, 21 ans, d’Angers pour 8 millions d’euros. Galtier est mis devant le fait accompli, il se retrouve avec un gars qui ne sert à rien parce que, de toute façon, même si c'est le nouveau Messi, il est trop jeune pour apporter à l'équipe. Ratcliffe intervient, il vire son frère qu'il estime responsable puis Julien Fournier. Ils sont passés très proches de quelque chose.
Quand vous allez à Manchester United et que vous comparez à Nice…
On sent quand même qu’Ineos se désengage peu à peu.
B.C. : C'est normal. Quand vous allez à Manchester United et que vous comparez à Nice… Ils ont mis beaucoup d'argent, entre 400 et 500 millions. Aujourd'hui, on sait qu'ils veulent se désinvestir, c'est normal parce que l'argent qui va à Nice n'ira pas à Manchester United. Et puis il y a une déception globale sur l'engouement pour le football à Nice comparé à United. On est sur l'exemple d'un actionnaire richissime qui a plus d’emmerdements qu’autre chose avec les problèmes de supporters, de management.
Les Verts vont retrouver Claude Puel ce mardi. Vous écrivez dans votre livre : "Les joueurs se plaignaient énormément du caractère taciturne du coach et de son absence de communication et de dialogue." Quel souvenir vous a-t-il laissé ?
B.C. : On a fait un effort financier considérable pour lui en le payant 250 000 euros par mois et quand il est parti, il nous a coûté 4 millions d’euros, une fortune. C’est quelqu’un d’extrêmement honnête, un type droit, quelqu'un qui connaît le football. Mais quand j’ai commencé à entendre Robert Beric, le plus gentil des hommes, dire que Claude était une porte de prison… Il aurait pu gérer différemment le cas Stéphane Ruffier. Quand un coach a un gardien qui a une baisse de forme, on a une discussion avec lui, on l’écoute. Or Puel, quand il tranche, il tranche avec une sévérité et une intransigeance… Il avait très vite le groupe contre lui, on n’avait plus le choix.
Il y avait d’autres solutions que de dire à Ruffier : ‘toi, tu fermes ta gueule et derrière, c'est moi qui décide de tout’
Il n’a jamais mis d’eau dans son vin ?
B.C. : Je vais prendre un autre exemple. À l’été 2021, on avait absolument besoin d’un attaquant, Claude ne voulait pas. Est-ce que vous connaissez un coach qui refuse que ses dirigeants recrutent ? On prend un Uruguayen, Ignacio Ramirez, pour 500 000 euros. Il joue en réserve, il marque deux fois, on sent qu’il a le sens du but. Mais il n’a jamais voulu le faire jouer (ndlr : 123 minutes en L1). Le garçon était malheureux. On y revient mais je pense que parler au cœur des hommes, c'est la qualité numéro un d'un coach. Il faut aimer les joueurs. Vu ce qu’avait fait Ruffier à Saint-Étienne, il y avait d’autres solutions que de dire : ‘toi, tu fermes ta gueule et derrière c'est moi qui décide de tout.’ Ça n'existe pas. Regardez comment fonctionne Philippe Montanier, c’est un bonheur. On voit la façon dont il considère les joueurs.
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Claude Puel a subi sa première défaite pour son retour sur le banc de Nice à Toulouse (1-5)

Crédit: Getty Images

Julien Sablé, illustre capitaine des Verts, est l’adjoint de Puel à Nice. On comprend dans votre livre que vous n’étiez pas chaud à l’idée qu’il entraîne les Verts…
B.C. : Il a fait un boulot fabuleux au centre de formation. C'est un formateur, un directeur de centre de formation fantastique. Quand Oscar Garcia s’en va, je me mets d’accord avec Christophe Galtier pour qu’il revienne six mois après son départ. Mais il veut couvrir l'ensemble du sportif. J'appelle Roland mais il veut mettre Julien Sablé, son fils spirituel, sur le banc en me disant qu’il prendra au moins 11 points en 7 matches.
Et dans les faits...
B.C. : Il en prendra deux. Et là, on est dans la merde totale. Je tape du poing sur la table. Ce que je ne savais pas, c’est que Roland était en bisbille avec Galtier. Jean-Louis Gasset était là en n°2, je le voulais en coach principal. Roland me dit : ‘Oui, mais avec Laurent Blanc, Gasset était numéro 2.’ Il me comparait Blanc et Sablé… Julien est un bosseur, un mec sain mais il ne sera jamais numéro 1. Un jour, j’ai demandé à Carlos Bianchi : ‘C’est quoi un excellent entraîneur ?’ Il m’a répondu : ‘Quelqu’un qui résiste à la pression.’ On ne se rend pas compte de ce que vivent les entraîneurs.
Roland faisait chier sur les bouteilles d’eau à moitié pleines qui restaient sur le terrain après les matches
Cette histoire illustre vos divergences avec Roland Romeyer. Est-ce qu’à un moment, elles n’ont pas ralenti l’ASSE dans sa progression ?
B.C. : Être pote n’aide pas à bien manager une boîte. Mon critère numéro 1 quand je choisis Roland, c’est que je cherche quelqu’un d’honnête. Roland n’a jamais volé un centime. Il faisait chier sur les bouteilles d’eau à moitié pleines qui restaient sur le terrain après les matches. Sur le plan financier, aucun problème. Mais il y a eu deux Roland. Le premier était carré sur tout jusqu’à un certain âge : les négociations de transferts, etc. Est-ce que c’est parce qu’il a été malade à cause de l’histoire avec Adao Carvalho ? Cette affaire nous a empêchés d’avoir de bons prêts bancaires qui auraient pu nous éviter de vendre des joueurs. Quand le problème a été réglé, on a vendu le club à Larry.
Et si c’était à refaire ?
B.C. : Si on me demandait : ‘Tu recommences avec Roland ?’ Oui. Moi, je ne voulais pas vivre à Saint-Étienne, il me fallait quelqu’un de totale confiance. Le seul problème, c’est qu’il a une dimension stéphano-stéphanoise et qu’il fallait aussi une dimension internationale. Mais je n’ai jamais dit à Roland : ‘Tu n’avais vendu Aubameyang que 14 millions ?’ C’est lui qui menait les négociations. La meilleure période de l’ASSE, c’était avec Galtier et Stéphane Tessier. Tessier compensait les manquements de Roland mais il est parti en me disant cette phrase : ‘Je ne peux pas rester sous les ordres de quelqu’un de moins compétent que moi.’ Il y a eu une aventure de 20 ans, elle a été ce qu’elle a été. Je ne la regrette pas. Roland a des qualités de cœur importantes et il avait le bon comportement pour parler aux joueurs.
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Roland Romeyer, ex-patron de Saint-Etienne.

Crédit: Getty Images

On a laissé passer Javier Pastore
Vingt ans à Saint-Étienne, comment jugez-vous votre bilan ?
B.C. : Dans les 10 ans qui ont précédé, l’ASSE a passé plus de temps en L2 qu’en L1. Pour l’instant, même chose depuis qu’on est partis. Ce n’est pas si facile. Globalement, on fait cinq fois l’Europe consécutivement. On aurait dû prendre l’orientation sud-américaine en 2008/2009 avec un coach argentin, des erreurs ont été faites. On a laissé passer Javier Pastore. Mais je nous mettrais 13/20. On a eu deux faiblesses. On n’a jamais su communiquer. Et après Galtier, on a jeté l’argent par les fenêtres sous l’ère David Wantier. Heureusement que Saliba et Fofana ont sauvé le club. Ceux qu’on recrutait, les Diony, Lacroix, Dioussé, c’était une catastrophe. Pendant que Reims, Toulouse ou d’autres recrutaient bien. La qualité du recrutement, c’est la clé. Lille, Lens, Lyon cette année sont les meilleurs exemples. Il n’y a pas de grand club sans grand patron sportif avec un gros réseau. Comme Luis Campos par exemple.
Loïc Perrin peut-il être celui-ci ?
B.C. : Peut-être dans cinq ans. Mais il aurait besoin de travailler avec quelqu’un qui lui apprenne des choses et une dimension internationale. Kilmer en a les moyens.
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