AFP
Bordeaux rétrogradé et en possible liquidation judiciaire I Les Girondins sont en danger de mort
Par
Publié 15/07/2026 à 19:23 GMT+2
Attention, monument en péril. Ce mercredi, la commission d’appel de la DNCG a confirmé l’exclusion des compétitions nationales des Girondins de Bordeaux. Ils devront donc se résoudre, au mieux, à repartir au mieux en sixième division (Régionale 1). Mais c'est bien leur survie est en jeu.
"On nous a vendu une équipe de méchants mais on s'est fait marcher dessus par l'Espagne"
Video credit: Eurosport
Un club centenaire et sextuple champion de France rétrogradé en 6e division : la DNCG, le gendarme financier du football français, a confirmé mercredi en appel l'exclusion des compétitions nationales des Girondins de Bordeaux, qui voient s'approcher le risque d'une liquidation judiciaire.
"C'est ma famille sportive, et la période professionnelle la plus importante de ma vie qui sont touchées", a déploré auprès de l'AFP l'une des légendes du club, Alain Giresse, "dépité" mais "pas surpris" par cette "mesure d'exclusion des compétitions nationales" prononcée par la DNCG. "On voyait bien que c'était compliqué, mais c'est plus qu'une grande tristesse d'en arriver là", a déclaré le champion d'Europe 1984.
- Dates, heures : le calendrier complet du Mondial
- Le programme TV de la Coupe du monde 2026 avec tous les matches
- Suivez le Tour de France en intégralité sur Eurosport, via HBO Max !
Depuis son dernier titre de champion de France en 2009, le club a connu une descente aux enfers financière et sportive, qui s'est accélérée depuis son rachat en 2021 par l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois Gerard Lopez, évincé quelques mois plus tôt de Lille pour raisons financières.
Les Girondins sont descendus en L2 la saison suivante puis ont été rétrogradés de deux échelons en 2024, se plaçant pendant un an sous la protection du tribunal de commerce, jusqu'à l'adoption d'un plan de continuation en juin 2025, prévoyant une importante réduction de leur dette, d'environ 100 millions d'euros à 26 millions d'euros. Ils ont dû abandonner au passage leur statut professionnel et leur très réputé centre de formation. Mais leur situation financière reste alarmante.
Des millions manquants
La DNCG attend toujours la dizaine de millions d'euros nécessaires pour boucler l'exercice 2025-2026 et pour financer celui de 2026-2027, que Gerard Lopez s'était engagé à apporter lors d'un premier passage devant l'instance le 9 juin.
Le 30 juin, après la décision de première instance, la direction du club avait motivé son appel en indiquant à l'AFP compter sur l'apport de 10 millions d'euros par le fonds britannique Sparta Capital, mais ce dernier a mis fin aux discussions pour racheter le club en début de semaine, selon les journaux Sud Ouest et L'Equipe.
La radio ICI Gironde affirme pour sa part que ce fonds d'investissements fondé en 2021 par le Français Franck Tuil, présent avec Lopez le 30 juin devant la DNCG, mais absent mercredi, "est toujours sur les rangs".
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/04/01/image-fb7ea90b-8f37-4fca-9562-d34a30866610.jpeg)
Gérard Lopez, le président des Girondins de Bordeaux.
Crédit: Imago
Le club au scapulaire, où ont brillé Jean Tigana, Zinedine Zidane ou encore Bixente Lizarazu, peut encore faire une demande de conciliation auprès du Comité national olympique (CNOSF), comme il l'avait fait en 2022 et 2024. La première fois, il avait obtenu in extremis son maintien en L2. La seconde, en revanche, sa rétrogradation de L2 à N2 (4e échelon) a été confirmée. Il n'a jamais réussi à remonter depuis.
Exclu des compétitions nationales, le club redémarrera en Régional 1 (6e échelon) "si le comité directeur souverain le décide", a confirmé à l'AFP le président de la Ligue de Nouvelle-Aquitaine, l'ancien défenseur des Girondins François Grenet.
Visiter un être cher à l'hôpital
Selon une source proche du club, le directeur général Arnaud Saint-André s'est par ailleurs rendu mercredi après-midi au tribunal de commerce. Faute des millions d'euros manquants pour boucler les exercices 2025-2026 et 2026-2027, une procédure de liquidation judiciaire pourrait en effet être entamée, scellant la fin d'une histoire plus que centenaire.
Mercredi matin, l'ambiance était lourde au centre d'entraînement du Haillan à trois jours du premier match amical des Girondins, qui se préparaient pour reprendre le championnat de 4e division le 22 août. "J'ai le sentiment de visiter un être cher à l'hôpital pour qui c'est la fin", a confié à l'AFP Bruno, abonné au club depuis plus de 45 ans.
Interpellés par la quinzaine de supporters présents sur l'avenir du club, les joueurs ont répondu de manière évasive, mais sans cacher leur pessimisme.
Daniel Azouz, retraité de 66 ans "au sang marine et blanc", n'a pas caché son "dégoût", convaincu que "le club a été coulé par une mauvaise gestion". Supporter depuis l'enfance, Kévin Bernard, 16 ans, continuera à soutenir les Girondins, où qu'ils évoluent. "Ce club, c'est ce qui nous fait vivre", a déclaré le lycéen.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité