Wolfsburg, la solution pour que la Bundesliga devienne l'anti-Liga

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Luiz Gustavo cet été, c’est Kevin de Bruyne cet hiver. La montée en puissance du VfL Wolfsburg intrigue Polo, qui y voit une volonté des dirigeants de la Bundesliga de rendre le championnat plus attractif.

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Cinquièmes de Bundesliga avant le Rückrunde, club invaincu depuis début octobre 2013 en championnat, seule équipe à ne pas être tombée au Borussia-Park, dans l’antre des Fohlen de Mönchengladbach (2-2), les Wölfe (les Loups) sont bien partis pour retrouver l’Europe après une difficile digestion de leur titre de champion en 2009. Mais comment expliquer cette brusque ouverture des vannes financières de l’actionnaire principal de Wolfsburg ?
La passe d’armes entre Klaus Allofs et Felix Magath, entre les deux derniers influents managers du club, datait de mars 2013. Elle est surtout symptomatique d’un VfL qui fit bien rigoler l’Allemagne du football. En effet, après le titre de 2009, le départ surprise du "Quälix Felix" (le tortionnaire) vers Schalke 04, la valse des entraîneurs (Veh, Günther-Köstner, McClaren, Littbarski), lesquels ne tinrent la barre que quelques mois, Magath II le retour et sa cohorte de transferts tous plus inutiles les uns que les autres, les occasions de s’époumoner furent nombreuses.
Wolfsburg, après une purge de son effectif pas complètement achevée et qui coûta les yeux de la tête, semble s’être remis à l’endroit sous les ordres du duo Allofs-Hecking. Ce dernier, l’un des coaches les plus sous-estimés de Bundesliga, montre qu’il a l’étoffe pour gérer les ego d’un effectif de qualité. Son parcours est d’ailleurs intéressant à observer : après avoir fait ses preuves au VfB Lübeck et à Aix la Chapelle où il obtint la montée dans l’élite en 2005-2006 et avoir participé aux seizièmes de finale de la Ligue Europa, l’année précédente, alors que l’équipe évoluait en 2Liga (le LOSC s’en souvient !), il s’envola vers Hanovre et manqua de peu, à deux reprises, une qualification européenne après avoir sauvé les Roten d’une mauvaise passe en début d’exercice.
Il devint, lors de son passage à H96, le coach qui disputa le plus de matches en Bundesliga sur le banc. Un record que lui subtilisa par la suite, Mirko Slomka. Lors du Rückrunde 2009-2010, il prend en charge un FC Nuremberg, alors relégable, mène le Altmeister aux barrages, le sauve, avant de faire progresser le club les années suivantes, ayant notamment sous ses ordres un certain Ilkay Gündogan.
La phrase du manager de Schalke 04 pourrait faire sourire mais elle est surtout caractéristique de la nouvelle peur qu’inspire à ses adversaires directs, le club de l’empire Volkswagen. Jürgen Klopp, le coach des Dortmunder, est sur la même longueur d’ondes, estimant que le VfL "sera son plus dangereux adversaire pour la qualification en Ligue des champions". Il faut dire que l’effectif n’est pas le plus faible d’Europe. Tous les postes sont doublés : la filière brésilienne, avec des joueurs ayant tous connus la Seleçao, est mise en avant, Luiz Gustavo bien entendu mais Naldo et Diego, deux rescapés du "grand Werder", sont aussi de la partie.
La Suisse, valeur montante sur le Vieux Continent, n’est pas oubliée avec le gardien titulaire de la Nati, Benaglio, sans oublier Rodriguez, l’un des meilleurs arrières gauche d’Europe, à 21 ans seulement. Sans oublier non plus un Klose, transfuge du FC Nuremberg, qui déçoit. Le centre de formation n’est pas en reste avec Knoche et Arnold, deux joueurs que je vous avais présentés dans un billet en décembre 2013. A ceux-là viennent s’ajouter des internationaux de toutes nationalités : Träsch ou Schäfer pour l’Allemagne, Olic et Perisic pour la Croatie, Vieirihna pour le Portugal et quelques déceptions comme le Néerlandais Bas Dost en attaque. Et puis, il y a Kevin de Bruyne qui vient de poser ses valises…
Oui, le milieu international belge du FC Chelsea a donc élu domicile en Basse-Saxe. Et pas pour des clopinettes ! Le VfL Wolfsburg en profite pour écraser la concurrence. Une fois de plus, le Leverkusen du groupe Bayer a dû baisser pavillon ainsi que le Borussia Mönchengladbach. Max Eberl, le directeur sportif des Fohlen précisant que  "le sujet a été très vite réglé lorsque Chelsea nous a présenté la facture de 30 millions d’euros".
Il n’y a pas si longtemps que cela, les Wölfe cherchaient seulement les bonnes affaires, Dzeko ou Misimovic en étaient deux parfaits exemples. Aujourd’hui, Volkswagen ne se cache plus. D’ailleurs, lors des tournées dans les monarchies du Golfe, par exemple, le VfL Wolfsburg est le seul Verein à la petite histoire qui côtoie des clubs au palmarès long comme le bras. Une sorte de nouveau riche qui vient s’incruster.
L’autre cas récent me semble encore plus frappant. Celui du Brésilien Luiz Gustavo. Le transfert fut réglé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. 16 millions pour les droits de mutation pour le club bavarois et 7 millions d’euros d’émoluments pour le milieu défensif. Arsène Wenger n’a pas pipé mot ! Que représente le VfL face à l’histoire des Gunners ? Rien ! Mais que pèse l’actionnariat principal d’Arsenal face à la puissance financière du groupe automobile allemand ? Peanuts !
Cette vision que je vous présente est d’autant plus importante que monsieur Martin Winterkorn n’est autre que le PDG du Konzern Volkswagen, mais qu’il est aussi membre du conseil d’administration du Bayern Munich. Tout comme Rupert Stadler, lui aussi PDG du constructeur automobile bavarois Audi, une filiale de VW ! Etonnant, non ? Tout cela ne pourrait être qu’une simple coïncidence mais la montée en gamme du VfL, sa soudaine rapidité, répondent aussi à un désir des dirigeants de la Bundesliga de continuer à progresser et de trouver une solution à une question qui taraude les élites : comment rendre le championnat germanique toujours plus attractif et ne pas risquer une situation "à l’espagnole" pour reprendre les propos de Karl-Heinz Rummenigge ? Ou comment densifier encore plus l’élite en activant le levier VfL.
Alors que le "nouveau modèle" du VfL Wolfsburg risque d’être attaqué et de nous valoir quelques belles saillies médiatiques à venir de la part des Traditionsvereine, des clubs historiques de la Bundesliga, mon petit doigt me dit qu’un attaquant, international français, est en contact avec le club allemand tandis que le cas du retour du Bosnien Dzeko est étudié. Une preuve de plus des ambitions nouvelles des Wölfe. "Dès que ça flaire une ripaille, des morts sur un champs de bataille, dès que la peur hante les rues, les loups s’en viennent la nuit venue…alors… "
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