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Koné : "On a passé un cap"
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Publié 09/02/2006 à 23:15 GMT+1
Aruna Koné estime qu'après la victoire face au Cameroun, la Côte d'Ivoire a "passé un cap" avant de défier l'Egypte en finale. En pleine confiance, l'attaquant évoque également les retombées qu'aurait une victoire pour son pays. Interview !
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Crédit: Eurosport
ARUNA KONE, tout le monde se demandait comment vous alliez réagir après votre victoire face au Cameroun, et vous avez confirmé face au Nigeria...
A.K. : Oui, c'est vrai. On a passé un cap. Depuis ce match contre le Cameroun, on s'est tous dit ça. Il s'est passé quelque chose. On a maintenant une source de motivation en plus, je ne sais pas comment l'expliquer. On s'est dit après cette victoire que, de toute façon, il n'y aurait pas plus dur.
Vous aviez eu du mal à vous libérer avant cette rencontre ?
A.K. : Oui, mais maintenant on est libres. On est arrivé ici présentés comme les favoris, et ce n'était pas facile à gérer. Avec le jeu qu'on a produit, les gens commençaient à placer le Cameroun devant nous. Maintenant, on est vraiment libérés. C'est comme si on avait déjà gagné la CAN, mais on ne l'a pas encore...
Beaucoup parlent de "déclic", c'est votre avis ?
A.K. : On sent que quelque chose a changé. On commence à être bons. On avait un problème de mental, et maintenant, je pense qu'on ne l'a plus. Après les deux défaites face au Cameroun lors des éliminatoires, le coach (Henri Michel, ndlr) nous disait qu'on était de bons joueurs, mais que mentalement, on n'était pas bons. Maintenant, je pense qu'on a montré qu'on arrivait à gérer la pression. Ce "truc" qui nous manquait dont parlait Didier, je pense que dorénavant on l'a montré face au Cameroun et au Nigeria.
Votre équipe a dû passer par une épreuve douloureuse aussi, avec le deuil qui a frappé Aruna Dindane (le joueur a perdu sa fille âgée de cinq mois). Le fait qu'il revienne vous voir, cela vous a soudé encore plus ?
A.K. : Oui bien sur. A chaque fois qu'on participe à une grande compétition, il nous arrive ce genre de choses. Au début des éliminatoires, nous avons perdu notre entraîneur-adjoint. Avec le deuil qu'a vécu Aruna (Dindane), cela nous a motivé encore plus. Maintenant, il faut que l'on gagne cette CAN pour lui.
Vos deux dernières victoires ont été suivies de scènes de liesse en Côte d'Ivoire. Vous êtes conscients du rôle que vous avez dans votre pays qui traverse une crise difficile ?
A.K. : Oui, on le sait. J'ai vu un peu à la télévision les images après la victoire contre le Cameroun. C'est en pensant à tous ces gens qu'on se sent obligé de gagner. Cela nous met une pression positive. Avec cette crise que traverse le pays, c'est vraiment important de faire plaisir à tous ces gens. Quand on gagne, le peuple est content.
Vous allez affronter l'Egypte en finale, privée de Mido (suspendu après sa rixe avec son sélectionneur)...
A.K. : C'est une bonne chose pour nous. C'était un point fort de leur attaque. Avec lui, on allait peut-être jouer plus bas. C'est une bonne équipe, collectivement ils sont forts. Après les matches de poules, j'ai su qu'ils iraient en finale.
Vous craignez l'ambiance hostile qui vous attend ?
A.K. : L'ambiance, on s'en fout. On va jouer comme d'habitude, même si on sait qu'ils seront motivés trois ou quatre fois plus que lors du match précédent. Nous, on ne pense qu'à remporter ce match.
Pensez-vous avoir d'ores et déjà avoir envoyé un message à vos adversaires du premier tour en Coupe du monde (la Côte d'Ivoire est dans le groupe de l'Argentine, des Pays-Bas et de la Serbie-Monténégro) ?
A.K. : Je pense que oui. Mais si on arrive à remporter cette CAN, cela va changer encore plus de choses. On nous place comme outsiders dans ce groupe, mais on va créer la surprise. Ce sera difficile, mais si on arrive avec ce titre de champion d'Afrique, ce sera mieux.
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