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L'ancien Marseillais André-Pierre Gignac, légende du football mexicain, s'apprête à tirer sa révérence à 40 ans
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Publié 30/05/2026 à 10:20 GMT+2
Légende au Mexique après 11 années sous le maillot des Tigres de Monterrey, André-Pierre Gignac mettra samedi, à 40 ans, un terme à une anachronique carrière en tentant de la clore en apothéose en finale de la Coupe des champions de la Concacaf, compétition phare des clubs d'Amérique centrale, des Etats-unis et des Caraïbes.
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Qu'elle fut belle, splendide même, et bien plus longue qu'on aurait pu le penser au départ, cette parenthèse mexicaine de la carrière d'André-Pierre Gignac. Après onze longues années de loyaux services auprès des Tigres de Monterrey, le Français va mettre un terme à son parcours de joueur, à 40 ans. Après un ultime rendez-vous au sommet : une finale de la Coupe des champions de la Concacaf, qu'il disputera samedi soir (dimanche, à 2 heures du matin, heure française).
La trace que va laisser "El gordo" ("gros", sans connotation péjorative en espagnol alors qu'il était raillé en L1 pour un supposé surpoids), est sans commune mesure aux Amériques et difficilement perceptible en France. "Dédé" Gignac, arrivé au Mexique à 29 ans, a d'emblée été adopté à Monterrey où il a débarqué contre toute attente en 2015 en provenance de l'Olympique de Marseille.
Une machine à récolter des trophées
Il fait ses débuts officiels en demi-finale de la Libertadores (équivalent de la Ligue des champions en Amérique du sud que les clubs mexicains ont disputée jusqu'en 2016) et son but au match retour envoie le club vers sa première finale, perdue ensuite contre River Plate. Gignac est à jamais le premier, et le seul encore aujourd'hui, joueur français à avoir disputé une finale de Libertadores. Dans son style d'avant-centre tout en puissance qui sied au football sud-américain, Gignac va enfiler les buts. Il en totalise 219 officiels en 444 matches (trois lui ont été retirés après un match perdu sur tapis vert), avant cette finale samedi contre un autre club mexicain, Toluca.
Avant l'ère Gignac, les Tigres ne comptaient que trois titres nationaux. L'armoire à trophées est aujourd'hui remplie de cinq championnats supplémentaires, quatre Trophées de Champions des champions (match entre vainqueurs des tournois d'ouverture et de fermeture) et une Ligue des Champions de la Concacaf, en 2020. Avec trois trophées de meilleur buteur du championnat, "Dédé" Gignac est "le footballeur le plus déterminant" du football mexicain, affirme sans détours l'emblématique ex-avant-centre international Luis Garcia, aujourd'hui consultant TV. "Je veux remercier le football de m'avoir permis de partager tout ce temps avec un joueur de ce calibre", disait en avril le gardien argentin Nahuel Guzman, coéquipier de Gignac lors de toutes ces conquêtes.
Être de lumière
Mais c'est aussi en dehors des terrains que Gignac a acquis une telle aura à Monterrey. Les supporters des Tigres le qualifient d'"être de lumière" non seulement parce qu'il a éclairé le chemin vers les sommets, mais aussi pour sa générosité envers les habitants de l'Etat du Nuevo Leon. Le Français a participé à de nombreuses enchères pour récolter des fonds pour des enfants souffrant de handicaps ou aider des sinistrés de catastrophes naturelles.
En 2023, André-Pierre Gignac disait préférer qu'on se rappelle de lui comme "une bonne personne" plutôt qu'un "monstre du football". Sa vocation altruiste vient, a-t-il dit, du grave accident dont sa grand-mère a été victime lorsqu'il était enfant. Amputée, elle avait reçu un don de prothèses. "Cela a fait naître en moi l'envie d'aider, à la hauteur de la portée que je peux avoir", avait dit le natif de Martigues, issu d'une famille de gens du voyage. L'attaquant français a suscité tant d'affection et d'admiration que des 2.760 enfants du Nuevo Leon portent en partie ou en totalité le nom et/ou le prénom du mythique numéro 10 des Tigres.
Vers une carrière de dirigeant aux Tigres ?
Et puis, bien sûr, un tigre du Bengale du zoo de l’ Etat a été baptisé "Gignac" en 2017. Son ultime match à domicile en saison régulière, fin avril, avait été dignement fêté à Monterrey. Des tifos avec le drapeau français et un "Merci Gignac" ont été déployés avec une banderole lisant : "Arbitre, ne siffle pas la fin, Gignac s'en va". Gignac, qui a obtenu la nationalité mexicaine en 2019, n'a pas indiqué quel serait son avenir, mais on lui prête l'envie d'embrasser une carrière de dirigeant aux Tigres.
Avant sa parenthèse dorée mexicaine, Gignac n'a jamais laissé indifférent les clubs de l'élite parmi lesquels il est passé: Lorient, Toulouse, et Marseille. Il totalise 102 buts en L1 (290 matches), et sept en équipe de France en 36 sélections avec des participations à la Coupe du monde 2010 puis à l'Euro-2016 et cette finale perdue face au Portugal (1-0 a.p.), et ce satané poteau heurté après un crochet dévastateur à la 92e minute qui aurait fait de lui un héros national. La reconnaissance de tout un peuple qu'il n'a pas eue, il est allé la chercher, et la gagner, au Mexique.
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