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Lo Celso, la clé de voûte de l'Argentine

Lo Celso, la clé de voûte de l'Argentine

Le 15/06/2019 à 08:44Mis à jour Le 16/06/2019 à 00:41

COPA AMERICA - Lancée dans la conquête d’une quinzième Copa América à accrocher à son palmarès, l’Argentine compte évidemment sur Lionel Messi pour montrer la voie du triomphe à ses coéquipiers. Dans cette quête, La Pulga aura besoin du coup de main d’un compatriote auteur d’une saison majuscule au Betis : Giovani Lo Celso.

C’est l’histoire d’un homme qui s’est sans cesse servi des grands-frères pour aller chercher toujours plus haut. Véritable berceau du football argentin au même titre que la sacro-sainte ville de Buenos Aires, Rosario abrite en son sein la pouponnière des stars actuelles de l’Argentine, divisées à chaque fois entre deux castes bien distinctes. Celle de Newell’s Old Boys, vêtue en rouge et noir, avec comme étendards principaux l’entraîneur Marcelo Bielsa ou le quintuple Ballon d’or Leo Messi, et celle de Rosario Central, parée de bleu et jaune, d’où sont issus Angel Di María et Giovani Lo Celso, tous les deux sélectionnés pour cette Copa América au Brésil.

L’apprentissage russe

Pour Lo Celso, la figure symbolique de Di María s’est toujours érigée en repère depuis son arrivée au sein de Los Canallas (Les Canailles, en VF) en 2010, après deux années passées dans la prolifique académie Jorge Griffa, implantée à Rosario. Cette dynamique s’est ensuite répétée plusieurs fois au cours de la carrière de Gio : lors de sa signature au Paris Saint-Germain où Di María faisait déjà partie des cadres du vestiaire parisien, mais aussi lors de sa première sélection avec l’équipe nationale argentine contre la Russie le 11 novembre 2017, à 21 ans sept mois et deux jours. Mais à partir d’un certain temps, Lo Celso s’est rendu compte qu’il était désormais temps de réellement voler de ses propres ailes.

Depuis ses premiers matchs à Rosario Central, Lo Celso était aux yeux de sa fédération une perle à garder bien précieusement afin d’être utilisée au bon endroit au bon moment, histoire de ne pas gâcher un tel potentiel. Grâce à un temps de jeu conséquent à Paris où il participe à quarante-huit rencontres sous la direction d’Unai Emery, l’Argentin s’était fait une place dans les 23 Argentins appelés par Jorge Sampaoli pour la coupe du monde 2018 en Russie. Problème : malgré le tâtonnement tactique de son coach qui varie les systèmes de jeu lors des matches préparatoires, Lo Celso cire le banc lors du Mondial. Avec aucune minute de jeu et une élimination en huitièmes de finale contre la France, le joueur ressort logiquement déçu d’un tel évènement où son rôle s’est cantonné à celui du sparring-partner des Messi, Agüero et Di María.

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Lo Celso : "J’ai choisi le Betis car son idée de jeu me plaisait"

Dès lors, Lo Celso s’est décidé à changer son fusil d’épaule et devenir un joueur à l’importance fondamentale, quitte à évoluer dans un club moins huppé que le PSG. Nouvel entraîneur du club de la capitale, Thomas Tuchel compte sur le joueur pour l’utiliser dans la rotation de l’effectif, mais pas pour en faire un titulaire en puissance. De quoi donner des envies d’ailleurs pour Lo Celso, approché par le Betis Séville en vue d’un prêt avec option d’achat. Dans les dernières minutes du marché des transferts, l’opération est activée et Lo Celso s’envole en Andalousie pour un an, voire plus si les dirigeants sévillans sont prêt à payer 22 millions d’euros pour intégrer le joueur définitivement dans l’effectif sévillan à l’issue de la saison. En réalité, ce deal va devenir une aubaine pour le Betis et le début d’une carence quantitative dans l’effectif PSG.

Dès ses débuts en Liga espagnole, Lo Celso parvient à faire tomber son entraîneur Quique Setién sous son charme. Son élégance balle au pied et sa vision du jeu démoniaque en fait un véritable taulier du onze verdiblanco, au point de voir sa position évoluer dans les compositions du Betis. D’abord utilisé comme milieu de terrain central, le joueur monte d’un cran pour devenir une sorte de faux numéro neuf capable de conserver la balle avec aisance, mais aussi de souvent se retrouver en position de frappe. En mars dernier, l’Argentin expliquait avec des mots très simples la raison de son choix d’avoir opté pour le club andalou dans le magazine France Football : "J’ai choisi le Betis car c’est un club avec une histoire, dans une ville qui vit le football intensément, avec une idée de jeu qui me plaisait."

Lo Celso lors d'Argentine - Nicaragua (5-1) en match amical.

Lo Celso lors d'Argentine - Nicaragua (5-1) en match amical.Getty Images

Le révélateur colombien

Au moment de boucler sa saison, les statistiques individuelles de Lo Celso lui permettent d’établir la saison la plus aboutie de sa carrière avec seize buts et six passes décisives en quarante-cinq rencontres toutes compétitions confondues. Évidemment, le Betis Séville ne s’est pas laissé prier pour lever l’option d’achat et permettre au joueur de partir à la Copa América brésilienne l’esprit plus léger. De fait, cette deuxième saison consécutive réussie en club, cumulée aux sévères baisses de régime ou aux retraites internationales de certains concurrents au poste (Ever Banega, Enzo Pérez ou Lucas Biglia), devrait offrir à Lo Celso un statut de titulaire en puissance en équipe nationale. C’est en tout cas ce que laissait transparaître la dernière composition du sélectionneur Lionel Scaloni lors de la victoire de l’Albiceleste contre le Nicaragua à San Juan (5-1).

Un match où les cadres comme Messi, Agüero ou Otamendi étaient titularisés sur la pelouse, histoire de mettre en marche la machine… avec Lo Celso placé dans l’entrejeu argentin pour servir la doublette Agüero-Messi dans les meilleures conditions. Ce samedi à l’Arena Fonte Nova de Salvador de Bahía, l’Argentine entamera la compétition par une opposition contre la Colombie. Un duel déjà annonciateur d’un premier baromètre pour une sélection en pleine quête d’un match référence après des années à avancer dans un chemin sombre. En excellente forme, Lo Celso pourrait même bien aider à allumer la lumière à la place du modèle Di María. Tout un symbole.

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