CAN 2025 - Stars en détresse, Maroc sous pression, revanche de Salah : la CAN en 5 questions
Eurosport sur GoogleAlors que la CAN s’ouvre ce dimanche sur les terres d’un Maroc qui n’aura pas le droit à l’erreur, la compétition continentale pourrait valider les nouvelles dynamiques africaines. Face à l’effacement du Cameroun, le Maroc tentera de justifier son nouveau statut. Les stars, elles, sont à la peine à l’image d’un Mohamed Salah qui jouera très gros. Et si de nouvelles têtes émergeaient ?
Un supporter égyptien de Mohamed Salah
Crédit: Getty Images
Le Maroc est-il toujours la meilleure équipe d’Afrique ?
La pression est gigantesque. Le Maroc est aujourd’hui l’éléphant au milieu du couloir. Personne ne l’imagine rater sa CAN. Il faut dire que tout est réuni pour en faire le favori unique et absolu alors même qu’il n’a plus gagné la compétition depuis… 50 ans. D’abord, les moyens engagés dans cette Coupe d’Afrique et ses stades pharamineux qui témoignent de la puissance d’un Royaume qui accueillera pour la deuxième fois seulement la Coupe du monde sur le territoire africain dans un peu plus de quatre ans.
En attendant de voir sortir de terre le plus grand stade du monde à Casablanca, le Maroc a construit ou rénové de nouvelles enceintes aux quatre coins du pays pour faire de cette CAN une répétition générale au Mondial 2030. L’investissement dans le foot depuis 10 ans porte ses fruits, et la sélection U20 a décroché le titre de champion du monde de sa catégorie cet automne. La dynamique est folle.
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Achraf Hakimi, capitaine du Maroc lors des JO de Paris 2024.
Crédit: Getty Images
Sur le terrain, les Lions de l’Atlas, 12e et premier pays africain au classement FIFA, sont injouables depuis des mois. Les premiers demi-finalistes africains de l’histoire de la Coupe du monde (en 2022) restent sur une série historique de 18 victoires consécutives, un record dans l’histoire du football de sélection. C’est à se demander si une sélection africaine a déjà possédé autant d’arguments en sa faveur. Le Maroc regroupe une redoutable armada (Brahim Diaz, Sofyan Amrabat, Yassine Bounou, Eliesse Ben Seghir etc.) et un vécu collectif qui lui donnent un avantage certain sur le reste des troupes. Reste à savoir si le meilleur joueur africain de 2025, Achraf Hakimi, blessé à la cheville, aura retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques. Une bonne partie des ambitions marocaines en dépend.
Que vaut le Sénégal six mois avant d’affronter les Bleus ?
Les Bleus porteront un regard tout particulier sur le parcours du Sénégal qu’ils retrouveront en juin prochain à la Coupe du monde. Derrière le Maroc, les hommes de Pape Thiaw présentent le deuxième effectif le plus complet et le plus talentueux d’Afrique. Autour des expérimentés cadres Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Édouard Mendy et Idrissa Gueye, tous vainqueurs de la CAN en 2022, figure une nouvelle génération incarnée par Pape Matar Sarr, Nicolas Jackson ou Habib Diarra, tous incontournables dans les plus grands championnats du monde. Ou encore Ibrahim Mbaye, le Parisien qui fera ses premiers pas avec sa sélection au Maroc.
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Sadio Mané et le Sénégal, candidats au titre de champion d'Afrique
Crédit: Getty Images
La profondeur de banc est impressionnante et on ne voit pas vraiment de points faibles à une équipe qui restait sur 20 matches sans défaite avant son revers face au Brésil en novembre. Dans le lot, le Sénégal avait pris le meilleur sur l’Angleterre en juin (1-3) comme un avertissement assez clair à ses adversaires à la CAN et… aux Bleus. Aujourd’hui, il est un des grands favoris au titre continental et il faudra attendre de voir ce qu’il a dans le ventre au Maroc avant de déterminer avec plus de précision la menace qui guette les hommes de Didier Deschamps.
Le Cameroun et le Nigeria sont-ils encore de grandes nations africaines ?
C’est tout à fait paradoxal mais à l’heure où la Coupe du monde ouvre ses vannes, où elle accueillera son plus grand nombre de sélections africaines (9 voire 10), deux des monstres du continent ne feront pas le voyage : le Cameroun et le Nigeria. Les deux pays, qui pèsent tout de même huit CAN, risquent peu à peu l’effacement. Les Lions Indomptables, en pleine crise existentielle, sont sans doute les plus exposés. Ils souffrent d’abord d’un manque de talent individuel qui fait craindre un vrai creux générationnel. Leur ancien sélectionneur, Marc Brys, n’a pas été encore licencié mais il n’a pas reçu ses billets d’avion pour le Maroc.
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Samuel Eto'o
Crédit: Getty Images
Alors que le ministère des Sports et Samuel Eto’o, le président de la Fédération qui a nommé David Pagou comme successeur à Brys, se livrent une guerre à fleurets à peine mouchetés, le Cameroun entamera la compétition dans une situation surréaliste et un climat très tendu. Le Nigeria, avec ses 16 podiums à la CAN (un record), est toujours un favori naturel. Mais pas en 2025 à cause d’un secteur défensif très perfectible. Le mal semble toutefois moins profond qu’au Cameroun. Victor Osimhen et Ademola Lookman peuvent suffire pour faire au moins aussi bien que lors de la dernière édition où les Super Eagles ne s’étaient inclinés qu’en finale.
Mohamed Salah va-t-il redevenir un joueur de foot ?
Mo Salah a toutes les raisons du monde de briller au Maroc. À 33 ans, cette CAN est l’un des derniers grands rendez-vous de sa carrière internationale. L’Égypte n’est pas qualifiée pour la Coupe du monde et Salah, double finaliste malheureux de la Coupe d'Afrique des Nations, n’a toujours pas gagné de trophée majeur avec sa sélection.
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Slot : "Je vais avoir une conversation avec Mo"
Video credit: Eurosport
Rétrogradé à Liverpool, bouc-émissaire du début de saison raté des Reds, il a une revanche à prendre alors qu’il traverse l’une des périodes les plus sombres de sa carrière et que son aventure chez les Reds pourrait s’achever beaucoup plus tôt que prévu. Légende absolue de Premier League, il ne l’est pas encore sur son continent et il joue, ce mois-ci, une partie de l’héritage qu’il laissera. Une victoire à la CAN et il aura vite fait d’oublier cet automne morose. Salah tient là une occasion unique de rappeler quel joueur exceptionnel il reste.
Qui sera la star de la CAN ?
Entre un Achraf Hakimi blessé, un Mohamed Salah hors de forme à Liverpool, un Sadio Mané qui a disparu de la grande scène européenne, un Riyad Mahrez, aujourd’hui à Al-Ahli, moins incontournable avec l’Algérie ou Serhou Guirassy qui n’a pas réussi à se qualifier avec la Guinée : les grandes stars du continent africain ne sont pas au top de leur forme. Qui peut prendre le relais ? Parmi les grands noms, Victor Osimhen s’est certes exilé en Turquie mais dans son championnat comme en Ligue des champions, il continue de marquer (six buts en quatre matches de C1). Le Sénégalais Iliman Ndiaye a moins de références, mais il revit à Everton alors que Pape Matar Sarr (Sénégal) rappelle que les stars ne jouent pas qu’en attaque.
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Illiman Ndiaye et Jack Grealish lors de la victoire d'Everton contre Brighton (2-0)
Crédit: Getty Images
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