"Il ne faut pas les blesser, on a la Ligue des champions à gagner derrière". Que se passe-t-il dans la tête d'un joueur de 6e division s'apprêtant à affronter, en Coupe de France, l'équipe qu'il supporte ? Latéral gauche de Linas-Montlhéry, qui accueillera le Paris Saint-Germain en 32e de finale dimanche soir (20h55) Hermann Colin Kouassi - fan de Mbappé, Neymar et consorts - est peut-être celui qui résume le mieux de dilemme.

Kylian Mbappé et Neymar

Crédit: Getty Images

Ligue des champions
L'antisèche : Trembler sans sombrer, c’est tellement ça le PSG
03/12/2020 À 08:02

"C'est le match de ma vie, le match de mes rêves", se réjouit Kouassi. L'explication de cette passion est d'abord géographique : ce club de Régional 1 réunit Linas et Montlhéry, deux villes de l'Essonne d'environ 7 000 habitants à 30 kilomètres de la capitale. Ce qui donne naturellement lieu à de belles histoires. Le capitaine Johan Roca a ainsi passé quatre ans au centre de formation du club champion de France, de 2000 à 2004. "C'est beaucoup d'émotion, de souvenirs qui reviennent, mais que des bons souvenirs... en plus, je suis supporter !"

"Je vais au Parc depuis mes six ans"

S'il n'a jamais eu l'occasion de s'entraîner avec le groupe pro, celui qui a côtoyé Clément Chantôme ou encore Youssouf Mulumbu les a vus de près, à une époque où Ronaldinho sévissait sur les pelouses de Ligue 1. Supporter, le coach de Linas-Montlhéry l'est aussi. Et depuis longtemps. "J'ai 52 ans, je vais au Parc depuis mes six ans", explique Stéphane Cabrelli, abonné au Parc des Princes. "Les joueurs qu'on supporte toute l'année, de jouer contre eux, forcément, c'est quelque chose de bizarre", admet-il.

Dimanche soir, devant les 15 000 spectateurs attendus à Bondoufle pour l'occasion, il s'agira toutefois de ne pas se laisser dépasser par l'enjeu. "C'est le top niveau, donc forcément c'est quelque chose qui n'est pas habituel chez nous. Cela va être une appréhension, quelque part, pour tout le monde", ajoute Cabrelli. Mais son capitaine l'assure : "On est là pour gagner. On n'a pas beaucoup de chances de le faire, un mince espoir, mais en tout cas on ne va rien lâcher".

But sur coup franc, échanges de maillot, gants qui vont tout arrêter : Linas a tout prévu

Une préparation intense durant les fêtes

Des paroles… et des actes du côté des Essonniens, qui n'ont pas chômé pendant les fêtes. Trois séances d'entraînement durant la semaine de Noël, quatre autour du Nouvel An et une nouvelle mise au vert samedi à Marcoussis : aucun excès n'a été toléré. Le moindre écart aurait de toute façon été rapidement remarqué : la reprise a d'abord été axée sur la préparation physique. Certainement le seul point que lequel les amateurs peuvent espérer réduire le gouffre qui les sépare du PSG.

Car le champion de France, lui, n'a repris l'entraînement que jeudi, à 72 heures du match. Le club francilien l'aura forcément en tête : il avait perdu Neymar sur blessure l'an dernier, approximativement à la même époque. Et surtout dans la même compétition, face à Strasbourg (2-0), à moins de trois semaines d'un huitième de finale de Ligue des champions face à Manchester United. Cette fois, un mois et demi sépare ce "derby" du huitième aller de C1 à Dortmund.

Mais au contraire de Kouassi, tous les joueurs de Linas-Montlhéry ne comptent pas avoir cette échéance européenne en tête. "On va jouer le match à 100%, ce n'est pas ce match-là qui va faire qu'ils vont aller loin ou pas en Ligue des champions", lance Roca. Au contraire, c'est peut-être ce match-là qui permettra au leader de sa poule de Régional 1 d'écrire la plus belle page de son histoire…

Pas inquiet, Tuchel veut jouer "avec respect"

Ligue des champions
Ils y sont presque : Le PSG qualifié en huitièmes si...
02/12/2020 À 22:58
Ligue des champions
Les notes du PSG : Le Neymar qu’on aime, le Marquinhos des grands soirs
02/12/2020 À 22:21