Bonjour tristesse

La finale de la Coupe des Confédérations entre la France et le Cameroun aura donc bien lieu dimanche soir au Stade de France. Mais après la tragique disparition de Marc-Vivien Foé, personne n'aura le coeur à la fête. Chez les Bleus, très abattus, certains

Eurosport

Crédit: Eurosport

Cela aurait dû être une superbe fête, en même temps qu'un joli défi. Entre une équipe de France doublement motivée à l'idée de conserver son titre et d'effacer, au moins partiellement, le naufrage du Mondial 2002, et une formation camerounaise en quête d'un nouveau trophée sur la scène internationale, cette finale de la Coupe des Confédérations avait fière allure. Mais qui s'intéresse aujourd'hui à ce match et à ses enjeux après le drame survenu jeudi soir à Gerland?
Pas grand-monde. Notamment dans le camp français. Vendredi, à Clairefontaine, la stupéfaction de la veille avait laissé place à la déprime et à l'abattement. Conformément aux voeux du président de la FIFA, Sepp Blatter, la finale aura lieu et les Tricolores la joueront. Pas pour respecter la décision du patron du foot mondial, mais par respect pour celle des joueurs camerounais, qui ont décidé de poursuivre l'aventure, malgré tout.
Ne pas trop penser
Les propos de Mikaël Silvestre ne laissent d'ailleurs pas de place à l'ambiguïté. Le Mancunien a peu goûté la phrase de Blatter jeudi soir ("le jeu doit continuer, pas le show, le jeu", avait-il déclaré), mais il se plie au choix des Lions indomptables. "Je ne sais pas si c'est un hommage de disputer la finale, il y a des impératifs qui nous dépassent. Si c'est seulement les impératifs commerciaux qui imposent de jouer cette finale, c'est aberrant, estime Silvestre. Mais si les Camerounais le veulent, c'est avec un énorme plaisir que j'irai sur le terrain ."
Le latéral gauche n'est pas le seul tricolore à s'interroger. "Personnellement je ne pense pas qu'il faille disputer cette finale, mais, s'il faut la jouer, on le fera et il faudra chercher les ressources au plus profond de nous-mêmes", juge Ludovic Giuly. Williams Gallas et Marcel Desailly estiment quant à eux que les Bleus n'auraient sans doute pas jouer si un tel drame s'était produit dans leurs rangs. "Après ce drame, je ne sais pas si le Cameroun pourra jouer normalement", conclut Gallas.
Il est sans doute difficile d'imaginer dans quelle atmosphère se déroulera cette finale, avec 22 joueurs qui n'auront manifestement ni le coeur ni la tête au football. Jeudi, face aux Turcs, les Français aveint réussi à prendre sur eux, avec beaucoup de classe et de courage. Dimanche, ce sera peut-être encore plus dur. "On ne sait pas comment seront les Camerounais, mais je pense que ce sera encore plus dur de nous concentrer que lors du match face à la Turquie, juge Giuly. Nous venions d'apprendre la nouvelle. Là on a vu les images, on a eu le temps de réfléchir". Dimanche soir, il faudra pourtant essayer de ne pas trop penser...
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