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Avec 100.000 Argentins attendus à Rio, le Maracana sera albiceleste
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Publié 13/07/2014 à 05:54 GMT+2
Depuis le début de cette Coupe du Monde, les supporters argentins jouent parfaitement leur rôle. Bruyants, émotifs, chambreurs, ils n’ont laissé personne indifférent. En finale, le Maracana devrait une nouvelle fois être albicleste.
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Ils arrivent telle une horde déchaînée à Rio de Janeiro. Les autorités prévoient la présence massive de 100 000 argentins dans la ville merveilleuse le jour de la finale. Mais ils pourraient être beaucoup plus, car avec eux, rien est prévu à l’avance, tout se fait sur un coup de tête, à la dernière minute. Vendredi déjà, des files de voitures immatriculées en Argentine, avec des drapeaux albiceleste bien en évidence, ont fait résonner leurs klaxons dans les rues de Rio. D’autres sont venus en camping car. Et qu’importe si la capitale carioca est à plus de 2000 kilomètres de Buenos Aires. Car quand on aime passionnément, on ne compte pas les kilomètres. Et ni même son argent. En effet, les places se vendent une fortune sur le marché noir. Certains supporters ont trouvé un sésame moyennant 2000 euros. Et d’ici au jour J, les prix devraient encore grimper.
Ensemble, ces dizaines de milliers d’argentins, vont continuer de chanter à tue-tête ce petit air qui est devenu un tube au pays de Lionel Messi. En voici les paroles :
"Brasil, decime qué se siente tener en casa a tu papá.Te juro que aunque pasen los años, nunca nos vamos a olvidar...Que el Diego te gambeteó, que Cani te vacunó, que estás llorando desde Italia hasta hoy.A Messi lo vas a ver, la Copa nos va a traer, Maradona es más grande que Pelé".
"Brésil, dis-moi qu’est-ce que tu ressens lorsque ton papa est à la maison.Je te jure, que jusqu’à la nuit des temps, nous n’oublierons jamaisQue Diego t’a dribblé, que Cani t’as vacciné et que depuis l’Italie, tu n’as pas sécher tes larmes.Et tu verras que Messi va nous ramener la Coupe, et que Maradona est plus grand que Pelé."
Cette chanson, reprise par tous les supporters argentins de toute la planète est un condensé d’histoire et de rivalités. En Amérique du Sud, dans le football, le papa c’est le plus fort. C’est l’équipe qui a pris l’ascendant psychologique ou dans les statistiques sur son adversaire historique, qui est donc devenu son fils. Pour illustrer ce propos, les paroles reviennent sur ce huitième de finale de la Coupe du Monde 1990 en Italie. L’Argentine ne jouait pas bien, elle était loin d’être favorite, mais sur un exploit personnel de Maradona, Caniggia avait inscrit le seul et l’unique but des Argentins (victoire 1-0). Ce souvenir est encore tenace dans la mémoire de tout un peuple. Et depuis le début de ce Mondial, tout est bon pour jouer avec les nerfs des Brésiliens. La blessure de Neymar, la défaite historique contre l’Allemagne, les Argentins n’en manquent pas une pour leur rappeler ce cauchemardesque mondial.
Les barras bravas sous haute surveillance
Depuis le début de ce Mondial, les joueurs et leurs supporters ne font qu’un. Après chaque match, les vainqueurs réalisent un tour d’honneur pour mieux chanter avec leur public. Même Messi s’y est mis. Il a fait tourner son maillot autour de la tête, exécuté quelques pas de danse et a chanté à gorge déployée. Cela faisait bien longtemps qu’une telle communion n’avait pas existé. Et les joueurs ont besoin de ce 12e homme bruyant dans les moments les plus durs. On se croirait presque au Monumental et à la Bombonera tant les hinchas argentins donnent de la voix et mettent l’ambiance. Pour l’instant, la fête est totale.
Il existe une multitude de supporters argentins. Il y a les familles, passionnées et argentées. Il y a les stars qui veulent être, elles aussi, de la fête. Il y a ses bandes de jeunes hommes et de jeunes femmes, fous de foot, qui ont fait le voyage pour être au plus près de leur sélection. Ils campent, s’entraident et s’ils n’ont pas de places, se regroupent pour regarder le match tous ensemble. Mais il y a aussi les fameuses barras bravas. Ce sont des groupes d’ultras au fonctionnement mafieux. Leurs liens avec les politiques ou les syndicats sont souvent avérés. Lorsque les choses se passent mal, ils peuvent se montrer très violents. Ce qu’il y a de surprenant, c’est que d’habitude, ces groupes, associés à un club, ne s’entendent pas et se font une guerre qui peut même devenir meurtrière. Mais au Brésil, ils se sont associés. Certains de ces chefs se sont fait interdire de territoire à la frontière. D’autres, ont réussi à passer à travers les mailles des douaniers, mais certains, ont finit par se faire attraper et extrader. Un article, publié dans le quotidien La Nación, démontrait même, preuves à l’appui, que des chefs de groupes d’ultras brésiliens (à Porto Alegre) aidaient leurs ennemis jurés dans l’organisation de leur séjour. Incroyable. Depuis le début du Mondial, ils n’ont pas fait parler d’eux, car ils n’ont pas le droit de gâcher la fête lorsque la sélection gagne.
Comment réagiront-ils si l’Argentine voyait son rêve s’envoler ? Personne ne le sait et personne n’a envie d’imaginer le pire. En tout cas, Rio de Janeiro va être sous surveillance. L’armée et la police brésilienne vont les surveiller comme le lait sur le feu. Car, le jour J, les supporters argentins vont prendre d’assaut la ville carioca. Et encore une fois ils vont s’époumoner, vibrer comme jamais et pleurer comme des enfants si l’Argentine remporte ce trophée. La sélection albiceleste peut compter sur 40 millions de supporters hystériques. Une victoire serait fêtée comme jamais à Buenos Aires, Ushuaïa, Mendoza ou la Quiaca. Car l’Argentine, c’est le pays le plus passionné de football de la planète. Et rien que pour ça, ce pays mérite un troisième titre de champion du monde.
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