Après France - Maroc - Un mois à attendre, 19 minutes à convaincre : WZE, la victoire silencieuse de Deschamps
Eurosport sur GooglePendant un mois, Warren Zaïre-Emery a rongé son frein sans jamais laisser transparaître la moindre frustration. Face au Maroc, le milieu parisien a enfin découvert la Coupe du monde et n'a eu besoin que de quelques minutes pour rappeler pourquoi Didier Deschamps lui fait confiance. Une entrée qui raconte autant son talent que la santé d'un groupe où personne ne décroche.
Que penser du Mondial de Yamal ? "Je sens qu'il une obsession de porter son équipe"
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De notre envoyé spécial à Foxborough,
Un mois à regarder les autres écrire l’histoire. Dix-neuf minutes pour prouver qu’il en faisait toujours partie. Quand Warren Zaïre-Emery s’est présenté face aux journalistes jeudi soir, son cerveau n’avait pas encore fait la transition : "On veut continuer comme ça et aller en finale de la Ligue des champions. Euh… de Coupe du monde, pardon."
Il faut dire que WZE n’a pas vraiment eu le temps d’adapter son discours après avoir fait le grand écart. S’il est devenu un membre fondamental du PSG en C1, il jouait jeudi face au Maroc les premières minutes de sa carrière en Coupe du monde après un mois de compétition. Il y avait de quoi avoir la langue qui fourche.
Timide, la tête rentrée dans les épaules, il a partagé brièvement son bonheur : "Je suis très content, très fier. C'est le genre de match dont tous les gosses rêvent." Pourtant, quelques minutes plus tôt en remplaçant Manu Koné, il est rentré dans sa Coupe du monde avec l’envie d’un mort de faim.
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Le meilleur à l'entraînement
Il s'est mis à chasser les Marocains comme si les quatre semaines passées sur le banc devaient être rattrapées en vingt minutes. Pressing, courses, récupération, projection : son entrée a eu la violence d'un joueur qui attendait qu'on entrouvre enfin la porte. L’impact immédiat de ses premières minutes n’a surpris personne à Boston.
Depuis le début de la compétition, Zaïre-Emery ne joue pas, mais il se distingue aux entraînements. Lors des oppositions entre remplaçants les lendemains de match, il a toujours survolé les débats et n’a jamais laissé flotter le sentiment d’un découragement face à sa situation.
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Warren Zaïre-Emery
Crédit: Getty Images
Jamais un visage fermé, jamais une attitude qui trahissait l'agacement de celui qui pense mériter mieux. "C'est toujours frustrant de ne pas jouer et de ne pas avoir de minutes. Mais il faut garder la tête haute, le sourire et continuer à croire en soi, analysait-il dans les couloirs du Gillette Stadium. Je sais que j'ai les qualités pour être là. J'essaie de tout donner pour le groupe."
C'est un joueur incroyable qui fait vraiment du bien à n'importe quelle équipe
Son attitude exemplaire est un bon thermomètre de ce qu’il se passe dans le groupe. Dans une sélection de vingt-six internationaux, maintenir les titulaires sous pression est une chose. Convaincre ceux qui ne jouent jamais de continuer à préparer les matches avec la même intensité en est une autre.
Dans cette liste élargie, les chances d’avoir une ouverture se réduisent et il faut être sacrément équipé dans la tronche pour passer six semaines loin du terrain sans faire remonter sa frustration à la surface. Surtout que Zaïre-Emery doit gérer une situation particulièrement douloureuse : être à la fois un pion essentiel d’une équipe double championne d’Europe et, trois semaines plus tard, prendre racine sur le banc de touche aux côtés des soigneurs de sa sélection nationale.
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Trop forts ces Bleus : "C'est délirant, tous leurs matches sont simples jusqu'ici !"
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"Je suis très heureux pour lui, il mérite de jouer dans cette équipe, c'est un joueur incroyable qui fait vraiment du bien à n'importe quelle équipe", lâchait Ousmane Dembélé qui sait sans doute que la situation n’était pas franchement simple à vivre. Avec le cas du Parisien, Didier Deschamps prouve encore une fois son art du management en maintenant dans sa réserve des joueurs toujours concernées et capables, même après un mois à observer de loin la compétition, d’impacter les fins de match.
Hiérarchie inchangée mais...
Les 19 minutes jouées par Zaïre-Emery incarnent "la force collective", chère à Didier Deschamps : "En plus du résultat, il y avait des joueurs comme Warren qui n'avait pas joué une minute et qui a fait une rentrée tonitruante, l’a salué le sélectionneur. Il faut qu'ils se sentent tous prêts. Et ceux qui ne jouent pas sont avec l'ensemble du groupe."
Depuis le début de la compétition, tous les remplaçants apportent leur énergie à l’exception de Rayan Cherki, dont les entrées en jeu restent moyennes. Bradley Barcola et Désiré Doué ont déjà marqué ou fait marquer en sortie de banc, Jean-Philippe Mateta a usé les défenses et Malo Gusto a tenu la baraque. Zaïre-Emery s’est joint au convoi jeudi à Boston.
Il n’est pas certain qu’il revoit la lumière avant la fin. Voilà pourquoi ces dix-neuf minutes comptent autant. Non pas parce qu'elles changent la hiérarchie des Bleus. Elles disent simplement qu'après un mois à patienter, Warren Zaïre-Emery était prêt au moment où l'équipe avait besoin de lui. Et dans une Coupe du monde, c'est parfois ce genre de détail qui finit par faire basculer une histoire.
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