Avant France - Paraguay - 14 ans pour aimer Didier Deschamps pleinement et sans retenue
Eurosport sur GooglePendant quatorze ans, Didier Deschamps a gagné sans jamais convaincre tout le monde. Même champion du monde, il devait encore justifier ses choix. Aujourd’hui, avant même les huitièmes de finale, son équipe, son management et ses idées ne suscitent presque plus de débats. Comme si, à l’heure de quitter les Bleus, le sélectionneur avait enfin obtenu ce qui lui manquait : l’unanimité.
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Il aura fallu 14 ans et 183 matches pour que Didier Deschamps ne soit plus un objet de débats. Le 15 juillet 2018, alors qu’il vient de remporter la Coupe du monde 25 minutes plus tôt, il doit, déjà, répondre à une accusation qui a parcouru tout le Mondial, en France et ailleurs. "Est-ce qu’on est un beau champion du monde ? Pfff. On est champion du monde et on sera sur le toit du monde pendant quatre ans. Le reste…", expédie-t-il. Même le soir où il est inattaquable, Deschamps doit se justifier. L’unanimité est souvent louche mais, en règle générale, gagner une Coupe du monde suffit à se protéger, même brièvement, des insatisfaits.
Ce jour-là, le Wall Street Journal écrit : "Aucune équipe n’est arrivée à la Coupe du monde avec un tel bouillonnement de génie. Cette équipe joue avec tellement de talents que même en atteignant la finale de la compétition, elle a été critiquée pour ne pas jouer avec son plein potentiel." Pas de répit pour Deschamps. Et c’est donc alors qu’elle vient simplement de se qualifier pour les 8es de finale, huit ans plus tard, que son équipe, ses idées et son management ne sont plus discutés.
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S’il fallait résumer grossièrement et même vulgairement la réussite de Didier Deschamps, telle qu’elle était perçue par le grand public avant la Coupe du monde, celle-ci pourrait se résumer à trois mots clés : pragmatisme, envie de gagner et chatte à DD.
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Didier Deschamps après la victoire face à la Suède en Coupe du monde
Crédit: Getty Images
Romantisme
Aujourd’hui, alors même que ces Bleus n’ont rien gagné, il n’y a plus de ‘oui mais’... Pendant des années, on lui reconnaissait les résultats mais pas la manière. Aujourd'hui, avant même le résultat, on célèbre déjà la manière. Deschamps n’est plus le pragmatique, ni le restrictif. L’enthousiasme a tout emporté dans la foulée de sa folle idée : partir à la conquête du Nouveau Monde avec quatre attaquants.
Beaucoup pensaient qu’il n’irait pas au bout de son audace mais la leçon face à la Suède laisse assez peu de place au doute désormais. La France vaincra ou la France mourra avec ses idées dans une espèce de romantisme qui colle mal à l’image que la France se faisait de son sélectionneur. Au fond, aujourd’hui, c’est tout ce qui lui manquait pour gagner l’approbation de tous.
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Video credit: Eurosport
La Tribune de Genève, le quotidien suisse, écrivait il y a une dizaine de jours : "Didier Deschamps jouit d’une unanimité rare. Pour finalement atteindre le statut d’intouchable." Intouchable, il l’est aussi depuis qu’il a annoncé en janvier 2025 que cette compétition serait la dernière. Les débats sur sa légitimité se sont apaisés, presque éteints, depuis qu’il a annoncé son départ. Comme si chacun voulait en profiter jusqu’au bout.
Immense respect
La compétition est d’ailleurs traversée par des hommages appuyés des plus grands consultants du monde. Sur Fox, Zlatan Ibrahimovic a dévoilé son "immense respect" pour lui alors que dans son podcast, Gary Lineker, l’une des voix les plus influentes d’Angleterre, a confié : "Je ne vois personne de mieux placé que Deschamps pour savoir comment remporter cette compétition. Après tout, c'est un entraîneur qui a gagné une Coupe du monde et qui a ensuite mené son équipe en finale une deuxième fois. Il semble être un leader exceptionnel."
Deschamps n’a jamais cherché l’approbation pleine et entière du monde extérieur même si finir son mandat sur un triomphe plein ne devrait pas lui déplaire. Lui a toujours cherché l’adhésion de son groupe. Depuis 14 ans, celle-ci n’a en revanche jamais été discutée et il suffit de voir la communion des 26 Bleus autour de leur sélectionneur après le premier but face à la Suède pour comprendre que, depuis 14 ans, il fait l’unanimité dans son groupe. Le public a fini par le rejoindre. Ses joueurs, eux, ne l'avaient jamais quitté.
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