Coupe du monde - Brahim Diaz, l’as que le Maroc a excusé après son penalty manqué en finale de la CAN face au Sénégal
Eurosport sur GoogleSon pied ou sa tête avait flanché, le Maroc avait perdu, et il avait présenté ses excuses. Six mois après sa panenka manquée en finale de la CAN remportée par le Sénégal, puis réattribuée au Maroc sur tapis vert, Brahim Diaz part à l'assaut de son premier Mondial. En joueur-star, malgré l'échec, grâce à une belle reconstruction. Venue du terrain, comme souvent.
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Il en a eu "mal au cœur", Brahim Diaz, le mot est faible, d'avoir provoqué la chute des siens et l'ascension (temporaire) des Sénégalais. Fichue panenka. Si on peut vraiment l'appeler ainsi, cette feuille morte arrivée droit dans les bras d’Édouard Mendy, le 18 janvier 2026. La balle de titre pour le Maroc, et l'image que tous retiendront de sa compet', lui le meilleur buteur de sa CAN, en larmes au moment de ne recevoir qu’une breloque individuelle. Il en avait "rêvé", du titre, puis il a "échoué", et il a demandé pardon. "Je vous présente mes excuses les plus sincères, disait-il sur les réseaux sociaux le lendemain. Il sera difficile de m'en remettre, car cette blessure ne guérit pas facilement, mais je vais essayer." Vérifions.
Comme prévu, y compris par Diaz lui-même, l'après-CAN n'a pas été simple. Sportivement, d'abord. Pour ses neuf premières sorties avec le Real, après quelques jours de repos offerts par son club, le Marocain n'a été titulaire qu'une fois. Le reste du temps, Alvaro Arbeloa le cantonnait à une grosse dizaine de minutes en sortie de banc. L'équivalent, en un peu moins bien, de ce qu'il avait joué sous Xabi Alonso (23,4% des minutes possibles).
Pourquoi Brahim Diaz joue peu ? Pour rien
Le tout dans un tourbillon médiatique et émotionnel d'une rare intensité, alors que sa Fédération partait en croisade pour reconquérir le titre de Champion d'Afrique qu'il avait perdu sur le terrain. Après la finale, et avant le retour de Diaz en Espagne, Kylian Mbappé s'imaginait déjà jouer les psychologues avec son coéquipier. "Je pense que l'on va devoir l'aider, nous, quand il va revenir ici à Madrid, promettait-il le 20 janvier. Avant même de penser au sportif, il faut penser à la personne. Là, il doit être dans un état pas possible et notre objectif va être de le récupérer en tant que personne. Ça va être très important pour lui d'avoir ce soutien-là, et on sera là pour lui." Cinq jours plus tard, Mbappé lui dédiera une panenka, réussie celle-ci, face à Villarreal, gros câlin et "Pour toi, pour toi" à l'appui. Cadeau.
Son répit est venu du terrain. À la veille du déplacement à Vigo, Alvaro Arbeloa avait dû répondre sur le faible temps de jeu de son milieu offensif. Il y avait répondu dans son plus pur style : "Pourquoi Brahim Diaz joue peu ? Pour rien. La vérité, c'est qu'il joue moins qu'il ne le mérite, et c'est ma faute. (...) Et je ferai tout mon possible pour y remédier." Le lendemain, Brahim Diaz était titulaire. Comme lors des cinq matches qui ont suivi. Dont deux succès face à Manchester City, en huitièmes de C1.
Les poings levés quand le titre a été retiré au Sénégal
Entre-temps, le 17 mars, la Confédération africaine de football lui avait réattribué le titre de la CAN, retiré au Sénégal sur tapis vert devant les tribunaux. Décision dont il a pris connaissance devant les caméras, alors qu'il venait d'être remplacé face à Manchester City. Tout sourire, l'enfant de Malaga avait furtivement levé les poings devant ses supporters après la rencontre. Sincère, son sourire, malgré la pointe d'ironie.
Par la force de l'habitude, à contre-courant, Brahim Diaz a fini par s'imposer dans le onze mal en point d'Alvaro Arbeloa. Sur sa lancée, avant le Mondial, où il devra faire taire les langues qui n'ont retenu que son penalty manqué de sa CAN, brillante en tout point avant ledit épisode (5 buts en 5 matches). S'il n'est encore qu'un joueur de rotation au Real, il est aussi resté le joueur frisson des Lions de l'Atlas. Celui que l'on sort de sa boîte à la 80e, "pour faire plaisir aux supporters", dixit son nouveau sélectionneur Mohamed Ouahbi, alors que Diaz était parti pour cirer le banc en amical face à Madagascar (4-0), le 2 juin, à Rabat.
Il est heureux, le Brahim Diaz qui s'apprête à découvrir la Coupe du monde. Dans son cocon, déjà, lui qui n'a choisi le Maroc qu'en 2024. "Nous jouons un football de rue, souriait-il à DAZN, fin mai, à propos de sa sélection. On joue pour prendre du plaisir, on se connecte, on joue en une-deux, en un contre un." Son football. Et l'ambition qui va avec : "l'équipe est très équilibrée, et nous pouvons réaliser de grandes choses." On ne l'a pas perdu, Brahim. On l'a même retrouvé.
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