Coupe du monde 2026 - 60 millions pour Manzambi : faut-il céder à la hype "Mondial" ?
Par Gabriel Baldi
Publié 14/07/2026 à 00:06 GMT+2
C'est la plus belle scène. Alors forcément, la Coupe du monde est une vitrine d'exception pour des jeunes talents qui se révèlent. La preuve notamment avec le Suisse Johan Manzambi qui pousse Aston Villa et Newcastle à s'activer. Mais pour les recruteurs, faut-il céder à ces "hypes" ? Les exemples passés ont montré qu'il fallait parfois se méfier.
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Video credit: Eurosport
Johan Manzambi va-t-il rejoindre Aston Villa ? Ou Newcastle ? A quel prix ? The Athletic avance 60 millions d'euros pour un joueur inconnu du grand public (mais pas des suiveurs de la Bundesliga et de l'Europa League) il y a encore un mois. La cote de l'attaquant suisse (20 ans) a explosé à la Coupe du monde et les courtisans se précipitent.
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Dans une moindre mesure, le Mexicain Julian Quinones fait lui aussi des envieux en Premier League, explique Sky Sports. On se bouscule aussi pour Antonio Nusa (21 ans), le "Neymar norvégien" quand le PSG n'avait pas attendu la Coupe du monde pour s'intéresser à Yan Diomandé (19 ans). Vozinha et ses 40 ans s'est lui probablement assuré une fin de carrière sympathique… au sein de l'Inter Miami de Lionel Messi.
Navas 2014, la belle opération
Le Paris Saint-Germain a décidé d'activer la piste Ferran Torres, malgré le Mondial américain moyen de l'attaquant barcelonais. Mais revenons à notre sujet : faut-il céder à la hype planétaire ? Le Real Madrid ne regrette probablement pas d'avoir signé Keylor Navas en provenance de Levante à l'été 2014 pour 10 millions d'euros, après un Mondial brésilien assez exceptionnel du gardien costaricien, deuxième du Gant d'Or derrière Manuel Neuer.
Plus récemment, en 2022, Enzo Fernandez (21 ans de l'époque) avait tapé dans l'oeil du monde entier. Certes Chelsea avait déboursé 121 millions d'euros, mais les Blues ne sont pas toujours les meilleurs en affaires. Regrettent-t-ils pour autant d'avoir attiré l'Argentin qui est devenu un cadre incontournable. Que dire de Tony Kroos dont les 25 millions investis par le Real Madrid après la Coupe du monde 2014 ont été plus que rentables sportivement. La Maison Blanche a également signé Mesut Ozil, 21 ans, au sortir du Mondial 2010 pour 18 millions d'euros pour une trajectoire exceptionnelle, et James Rodriguez après l'été 2014 pour un bilan peut-être plus contrasté.
Si les prix subissent parfois une inflation spéciale Mondial un peu exagérée, c'est aussi qu'ils répondent à la loi de l'offre et de la demande. Pour ça que Paris n'avait pas attendu pour lancer la piste Diomandé, et que le Bayern s'est offert Ismaël Saibari pour 50 millions d'euros en pleine compétition. Pour les deux joueurs, le Mondial américain ne fait que confirmer le talent déjà visible et une trajectoire croissante et régulière. Les clubs prennent ainsi moins de risque que sur un joueur passé complètement sous les radars jusqu'à ce mois de juin 2026.
Et le Maroc 2022 ?
C'était le cas, du moins pour les tops clubs européens, d'El-Hadji Diouf, 21 ans et joueur de Lens lors qu'il dispute le Mondial 2002 avec les Lions de la Teranga. L'ailier réalise une compétition dingue qui pousse Liverpool à débourser 15 millions d'euros pour une déception à la hauteur des espoirs. La suite de la carrière du joueur formé à Sochaux confirmera la thèse d'une Coupe du monde 2002 sous forme de "one shot".
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Denilson face à 5 joueurs turcs au Mondial 2002, photo devenue mythique.
Crédit: Getty Images
Un peu comme le Brésilien Denilson, supersub de la Seleçao en 1998 et 2002. Acheté 32 millions d'euros (transfert le plus cher de l'histoire à l'époque) par le Betis en juillet 98, l'ailier ne confirmera jamais. Un "flop" probablement lié à sa capacité à se décupler pour la sélection mais aussi par d'autres facteurs comme le changement de vie vers l'Europe. Azzedine Ounahi n'a pas cette excuse, lui qui évoluait déjà en Ligue 1, à Angers, avant d'être recruté par l'OM suivant le Mondial 2022.
Le milieu marocain, qui a déçu à Marseille, est un drôle d'exemple tant il a réalisé jusqu'à la semaine dernière, une nouvelle très bonne Coupe du monde. Sofyan Amrabat, prêté à Manchester United la saison suivant la compétition au Qatar n'a pas su enchaîner. Il n'était même plus titulaire en Amérique avec les Lions de l'Atlas. Qu'en sera-t-il de Manzambi avec la Suisse dans quatre ans ?
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