Coupe du monde 2026 - Arrogant, solitaire, "génie" : Michael Olise, aux racines d'une incompréhension
Eurosport sur GoogleÀ l’adolescence, Michael Olise se fait refouler de Chelsea et Manchester City qui ne parviennent pas à lire le caractère singulier du gamin. L’international français ne fait rien comme les autres, n’entre pas dans les cases. Heureusement, à Reading, il trouve un environnement plus accueillant. Mark Bowen, l’homme qui l’a lancé chez les pros, nous raconte comment il est allé au-delà des apparences.
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Par notre envoyé spécial à New York,
Michael Olise est un joueur différent. Et un homme différent. Cette singularité l’a guidé et lui permet aujourd’hui d’être l’un des meilleurs joueurs du monde. Mais, au commencement, elle a freiné son arrivée au plus haut niveau. À Chelsea, qu’il rejoint à 8 ans, son comportement interroge ses formateurs. Olise passe quelques entraînements au bord du terrain à regarder l’équipe jouer sans lui. Quand arrive le match, il se rue sur le maillot floqué du 10 et ne veut pas entendre parler du reste. Les Blues n’ont aucun doute sur son talent mais ils décident de s’en séparer.
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Dans les colonnes de The Athletic, Sean Conlon, un de ses premiers mentors à Chelsea, détaille les raisons de son départ : "‘Complexe’ est peut-être le terme approprié. Il a une vision très différente de la vie et du football. C'est là son génie, ce qui le rend si spécial." Manchester City, à son tour, s’en sépare en 2017 et c’est finalement à Reading qu’il débarque à 15 ans pour lancer sa carrière. Mark Bowen l’a lancé dans le grand bain en Championship. Il se souvient de la première fois qu’il voit le phénomène alors âgé de 17 ans.
"Tout de suite, je me dis : ‘Wow, c’est un sacré joueur’. Il s’entraînait avec des mecs de l’équipe première et il avait une forme d’arrogance mais de la bonne manière, nous confie-t-il. Il pouvait récupérer un ballon, faire deux trois dribbles, en défiant les gars en un contre un. En fait, il prenait ça comme un jeu, il cherchait à divertir. Certains jours, il pouvait dépasser les limites, ne montrant pas forcément une grande déférence envers les séniors."
Quand les grognards voulaient se le faire
Olise n’a pas les codes. Là-encore, son comportement sort de la norme. Reading ne fait pas la même erreur que les Blues ou les Citizens et un détail important frappe Bowen : "Dans ces moments-là, les joueurs, même le capitaine parfois, pouvaient vouloir "se le faire", avec des duels très musclés. Quand il y avait des oppositions sans arbitre, ils pouvaient être du genre à lui rentrer dedans pour lui dire finalement 'c'est bon, ça joue, relève-toi'. Et là, Michael était très fort parce qu'il décidait de ne pas se plaindre et de continuer à jouer."
Olise ne dit rien. Reading comprend ce que Chelsea et City avaient peut-être raté. Il devient la star de l’équipe des U21. "Un jour, vingt recruteurs se déplacent. Tous viennent pour voir Michael", rembobine Bowen. Et là-encore, l’international français fait ce qu’il veut. Des transversales de 40 mètres mais pas un duel, pas un dribble, pas un but et pas une passe décisive. Bowen le choppe dans un coin et lui explique : "Je lui ai dit : ‘Écoute, tous les scouts savent que tu es bon mais tu dois noircir la feuille de stats. Et moi, j’ai été arrière latéral. Quand tu balances des transversales, ton défenseur est soulagé. Il faut que tu ailles le provoquer, il faut que tu crées des problèmes à l’adversaire.’ Là, il était comme à l’entraînement, il s’amusait. Un moment, il faut montrer que tu peux être un joueur décisif. Il ne faut pas être uniquement beau à voir jouer."
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Le crash-test Rooney comme preuve ultime
Olise a dû se battre toute sa jeunesse autour d’une incompréhension. Son attitude et sa nonchalance furent trop souvent interprétées comme de la suffisance alors qu’elle ne reflétait que la singularité du gamin. "Si on ne faisait pas preuve d'empathie envers lui, il pouvait parfois paraître un peu arrogant, continue Bowen. Ce n'était pas de la prétention, c'était simplement sa personnalité. Il avait une grande confiance en ce qu'il pouvait faire." Pour clore notre entretien, son ancien coach tenait à nous confier une anecdote qui raconte l’investissement d’Olise dans le projet collectif.
Le 12 septembre 2020, Reading affronte Derby County. Michael Olise a intégré l’équipe première et reçoit sa première mission d’adulte. Sa carrière débute. En face, Wayne Rooney finit la sienne. Mark Bowen a une idée audacieuse : mettre le jeune gamin et ses jambes de feu au marquage individuel de la légende anglaise.
"Ce n’était plus le grand Rooney mais il restait un joueur extraordinaire dans la vision et le touché du ballon, se souvient-il. Il jouait un peu plus bas au milieu. Je regardais dans mon effectif et pour moi, Michael était le seul à pouvoir le contenir à la perte de balle. Il devait le suivre comme son ombre. Et à la récupération, je savais que Rooney ne pourrait pas le suivre. J’ai dit ça à Michael. Il m’a regardé, l’air de dire : ‘Ok’." Pendant des années, on a pris sa distance pour du détachement et sa nonchalance pour du mépris. Le premier grand pari tactique de sa carrière raconte l’inverse : quand Bowen doit confier une mission ingrate à un adolescent, il choisit Olise. Et le gamin met dans le mile.
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