Coupe du monde 2026 - Aurélien Tchouaméni : Mini-Pogba n’est ni mini, ni Pogba

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A ceux qui doutaient encore de lui, Aurélien Tchouaméni a rappelé face à la Norvège son rôle prépondérant en équipe de France. Tout a commencé pour lui sur un malentendu, une comparaison hâtive avec Paul Pogba. Aujourd’hui, dans un milieu à deux, son rôle a complètement changé. Mois clinquant mais pas moins important. Dans l’ombre des stars, il a trouvé son rôle et fait la paix avec la lumière. 

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Par notre envoyé spécial à New York,
"Il ressemble énormément à Paul Pogba, que j’ai connu en équipe de France. Comme lui, c’est un monstre physique qui sait tout faire. Leur ressemblance me frappe." Même huit ans après les débuts d’Aurélien Tchouaméni chez les pros, son entraîneur d’alors, Eric Bédouet, ne lâche pas l’affaire. À l’époque, Malcolm, la star des Girondins, appelle le nouvel espoir du club mini-Pogba. Le milieu de terrain est fier, lui qui a toujours admiré la Pioche.
Mais très vite, il prend conscience du danger : "J’étais saucé, j’étais content, confesse Tchouaméni dans son émission, The Bridge. Mon agent m’a dit : ‘Fais attention, les gens vont penser que tu joues comme lui. Si tu ne fais pas la même chose, ils diront que tu n’es pas fort.’ Les comparaisons, ça peut te desservir jusqu’à aujourd’hui encore." Voilà huit ans que Tchouaméni se débat contre ce fichu malentendu. Pour ses débuts en Bleu, à la Ligue des Nations 2021, Pogba le prend sous son aile, il vole. On ne voit que lui, il est partout. Le successeur, c’est lui.

Ombre et équilibre

Ce péché originel va effectivement lui causer du tort. Voilà cinq ans, depuis ses débuts en Bleu, qu’on attend de lui qu’il récupère des ballons, fasse des passes décisives et marque des buts, si possible des cachous dans la lucarne. Comme si être le successeur, qu’il est factuellement sur le terrain, imposait d’être la copie. Sauf que mini-Pogba n’est ni mini ni Pogba. Plus les années passent, plus Tchouaméni s’éloigne du modèle qu’on lui avait collé. Là où Pogba habitait la lumière et le spectaculaire, lui s’installe dans l’ombre et l’équilibre.
Pogba faisait jouer les Bleus. Tchouaméni leur permet de jouer comme ils veulent. La nuance est profonde et capitale. Le premier électrisait les stades, plus le second : "Mon rôle est de permettre à tout le monde d'être le plus calme possible. Le calme est très important en début de compétition", confiait le Madrilène à L’Equipe le mois dernier. Une mission qu’il accepte désormais sans arrière-pensée parce qu’il a fait la paix avec la lumière.
"Quand tu es latéral, milieu ou défenseur, tu ne vas pas avoir la lumière de la même façon. Mais faut comprendre ce dont l’équipe a besoin. Parfois, j’ai un peu galéré par rapport à ça parce que tout le monde l’aime la lumière, confiait-il avec une grande franchise dans The Bridge en mars. Là où j’ai progressé, c’est dans ma capacité à comprendre mon rôle et ce dont l’équipe a besoin. La vérité, c’est qu’il ne faut pas se disperser. Si tu sais là où tu es le meilleur et que tu le fais au très haut niveau, le reste, ne t’en soucie pas." Il ne veut plus contenter tout le monde et en particulier tout ceux qui lui reprochaient de ne pas impacter offensivement les matches.
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Aurélien a toujours eu une intelligence supérieure
Tchouaméni est aujourd’hui au service de ses équipes : le Real Madrid et l’équipe de France où ni sa place ni son influence ne sont discutées. Il fait partie des cadres dans deux des vestiaires les plus talentueux et ambitieux de la planète. Vice-capitaine, il joue les doublures de Kylian Mbappé devant les micros ou dans le vestiaire où il n’hésite jamais à prendre la parole. C’est un lieutenant fiable.
Comme sur le terrain où il suit ce que Didier Deschamps lui demande : assurer l’équilibre, être le filet de sécurité des artistes postés devant lui. "Avec quatre offensifs il y a un équilibre à garder, reconnaissait-il encore la semaine dernière à Waltham. Contre le Sénégal, sur certaines actions, j’avais l’automatisme de monter, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas le meilleur choix de jeu, donc je suis resté derrière." 
"Aurélien a toujours eu une intelligence supérieure, nous renseigne Eric Bédouet. Cela se traduit par sa vision du jeu, son anticipation, son sens des responsabilités." Et aujourd’hui, l’interprétation qu’il fait de son rôle. En paix avec lui-même, il ne convainc pas ceux qui attendaient plus. Mais Didier Deschamps n’en attendait pas moins.
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