Coupe du monde 2026 – Coupable face à l'Équateur et contesté, Manuel Neuer semble loin du mythe qu'il a longtemps été pour l'Allemagne

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Manuel Neuer est-il en train d'effriter la trace qu'il a laissée avec l'Allemagne ? Le vétéran, rappelé pour ce Mondial à la surprise générale deux ans après sa retraite internationale, essuie une phase de poules mitigée avec la Mannschaft. Peu d'arrêts, 4 buts encaissés et un coupable tout trouvé : Neuer est contesté par une partie de la presse. Lui, le mythe, est-il devenu le point faible ?

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Video credit: Eurosport

C'est un refrain (récent) auquel on ne s'habituera jamais. Manuel Neuer, le mythe, le mur, n'est plus ce catalyseur de victoires, de légendes sculptées dans des arrêts réflexes et une relance de "regista". L'opinion a basculé. Pas toute seule, les prestations du portier de la Mannschaft l'ayant bien aidée. Au milieu de ce concert de critiques, une nouvelle performance mitigée, pour ne pas dire pire, face à l'Équateur lors de l'ultime match de poule de l'Allemagne (perdu 2-1), a ravivé les voix les plus acerbes. Plus de doute, le monument vacille.
À l'heure où la mode des tout-puissants du ballon rond est de repousser les limites de l'âge, le plafond inhérent à ces hauteurs sages mais claudicantes ne manque pas de rappeler à quelques-uns les risques d'une telle obsession pour la continuité. L'auto-persuasion est cependant moins forte chez Manuel Neuer que, par exemple, un Cristiano Ronaldo. L'Allemand, champion du monde en 2014, avait même senti le vent contraire se lever, en décidant de prendre sa retraite internationale en août 2024. Le manque d'alternative et une situation en club limpide ont poussé le portier du Bayern à remettre les gants, pour, promis, une dernière tournée.

Pas catastrophique mais loin de son meilleur niveau 

Cette dernière, permise grâce à Julian Nagelsmann, a débuté directement dans le grand bain. Pas de minutes lors des matches de préparation, le colosse bavarois entame sa dernière pige face à Curaçao, premier match de la Mannschaft dans le Mondial. Un but encaissé face au petit poucet, une impression pas transcendante mais Neuer échappe aux sifflets aiguës d'une presse pas toujours tendre avec ses joueurs, surtout lorsque les piques sont dardées depuis les voix d'anciennes gloires. Contre la Côte d'Ivoire, sans être fautif sur le but des Éléphants, le dernier rempart allemand reste un sujet sensible, qu'on rangerait volontiers dans la case préoccupation, plutôt que satisfaction.
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Crédit: Getty Images

L'Équateur, enfin, s'avance pour le dernier round de cette phase de poules. Les Allemands, assurés d'accrocher la timbale et de s'ouvrir un quart de tableau loin d'être une partie de plaisir, ouvrent le score avec sérieux et sans trop en faire. Une nouvelle fois loin de son meilleur niveau à la relance – sans être catastrophique non plus – Neuer encaisse un but pour la troisième fois en trois matches. S'il peut mieux faire sur l'égalisation de la Tri, le portier bavarois est le coupable désigné sur le but offrant la qualification aux Equatoriens.

Un peu de désolation, aucune consolation

Sur un corner dirigé vers le premier poteau, Kevin Rodriguez dévie le cuir vers les gants de Neuer, crampons plantés dans le gazon du MetLife Stadium (New Jersey) et niche ouverte. Statique, l'Allemand attend le ballon alors qu'un essaim de paletots jaunes siège dans sa surface. Gonzalo Plata a profité de l'apathie et s'est chargé d'envoyer, de près, la Tri vers les seizièmes de finale. Pour Neuer, les images sont dures.
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L'acmé d'une phase de poules ratée, avec comme seules (maigres) consolations ces trois arrêts en trois matches, tous sur des frappes de l'extérieur de la surface, accessibles à n'importe quel gardien d'élite. Il n'en fallait pas plus pour relancer le débat autour du poste, avec un Oliver Baumann sur le banc et loin d'avoir été infamant lors de la préparation, mais boudé par Julian Nagelsmann pour ce tournoi.  Le sélectionneur a privilégié l'expérience du quadra au manque de référence à très haut niveau chez le gardien de Hoffenheim. Un pari… jusqu'ici perdant.

Faire l'autruche, et espérer secrètement le réveil

"Bien sûr que dans les médias allemands, on se demande si le deuxième but équatorien est imputable à Neuer, nous confirme notre consœur Celine Jaentsch, journaliste Eurosport Allemagne. Je pense que le poste de gardien est le cadet des soucis de l'équipe de Nagelsmann, mais après trois matches, force est de constater que Neuer n'a pas encore montré l'étendue de son talent." Sous le feu du doute, Neuer a balayé les remises en question, ne se sentant "absolument pas" coupable sur le but de Plata.
"Tout gardien qui a déjà joué au football sait que je dois me positionner ainsi par rapport au ballon", a appuyé d'un ton provocateur le vétéran après la rencontre. Dans un style moins physique, l'Allemagne retrouvera une opposition semblable en seizièmes face au Paraguay (lundi, 22h30). "C'est extrêmement frustrant pour Manu (Neuer) de pas s'être interposé sur l'action décisive mais toutes les frappes étaient difficiles à arrêter", a défendu Nagelsmann en conférence de presse. "Nous aurions peut-être pu réagir plus vite", a ajouté Jonathan Tah. Joshua Kimmich a loué de son côté les "deux très bons arrêts" de son gardien. Tous rangés derrière leur mythe, les joueurs allemands font l'autruche. Ou espèrent secrètement son réveil.
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