Coupe du monde 2026 : "Et là, tout s'effondre en deux secondes" : Pour l'Algérie, définitivement oublier Blida

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Ce mercredi, l'Algérie retrouve la Coupe du monde avec un match de prestige contre l'Argentine (3h du matin). Les Fennecs pensaient bien participer en 2022 mais l'élimination rocambolesque face au Cameroun à Blida avait traumatisé toute une génération. Souvenirs d'une cicatrice que les Algériens veulent désormais refermer.

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Video credit: Eurosport

En 2026, pour la cinquième fois de son histoire, l'équipe nationale d'Algérie va participer à une Coupe du Monde. Au commencement, il y avait bien sûr 1982, la formidable équipe de Rabah Madjer ou Lakhdar Belloumi, qui faisait tomber l'Allemagne (RFA), future finaliste, en ouverture, avant d'être injustement éliminée après le "match de la honte" entre cette même RFA et l'Autriche. Les Fennecs n'ont jamais passé le premier tour (1982, 1986, 2010), jusqu'à 2014, et le formidable groupe de Vahid Halilhodzic, qui avait tant fait trembler l'Allemagne de Mario Götze, qui sera couronnée quelques jours plus tard, en huitième de finale. Sofiane Feghouli et consorts poussaient les hommes de Joachim Löw jusqu'en prolongation (2-1).
Et si l'Algérie avait raté le Mondial 2018, on aurait pu les retrouver au Qatar, en 2022. Invaincues dans leur groupe de qualification (4 victoires, 2 nuls), trois ans après avoir glané la seconde Coupe d'Afrique des Nations de l'histoire du pays en 2019, les troupes de Djamel Belmadi devaient écarter le Cameroun en barrage décisif pour voir Doha. Pour, aussi, faire oublier la piteuse élimination au premier tour de la CAN deux mois plus tôt, alors qu'ils étaient tenants du titre.

L'Algérie n'avait jamais perdu à Blida

Et avec la victoire 1-0 à Douala, grâce à un but d'Islam Slimani, à l'aller, l'optimisme était de mise. Peut-être un peu trop, d'ailleurs. "Avant le match retour, on s'est dit : 'C'est bien, ils vont se qualifier, à domicile, après avoir gagné à l'extérieur, constate Chérif Oudjani, héros algérien, unique buteur de la finale de la CAN 1990, remportée par l'Algérie. Tu es confiant, sans être arrogant. Bon, certains étaient en excès de confiance mais... Finalement, tu vois le déroulé, et arrive cette catastrophe." Serge Romano a été l'adjoint de Djamel Belmadi pendant près de six ans sur le banc de la sélection algérienne. Il se rappelle l'atmosphère assez sereine : "On avait gagné le match d'avant, on était en position de force, rembobine-t-il. On était confiant dans notre jeu, sans trop d'inquiétudes. Ce sont vraiment les effets de l'arbitrage qui ont fait vaciller les choses."
Nous sommes à Blida, au sud-ouest d'Alger, au stade Mustapha-Tchaker, l'enceinte fétiche des Verts, invaincus dans cette arène en plus de quarante matchs disputés. Riyad Mahrez, Ismaël Bennacer, Youcef Belaïli, Raïs M'Bolhi... Ils veulent tous emmener leur pays en Coupe du Monde et écrire l'histoire algérienne. Dès la 22e minute, le Cameroun refroidit tout Blida. Sur un coup franc de Karl Toko Ekambi, Eric-Maxim Choupo-Moting envoie le ballon dans les filets après une erreur de M'Bolhi dans sa sortie. Le portier algérien était en fait percuté par Aïssa Mandi, lui-même bousculé par le Camerounais Leandre Tawamba. Bakary Gassama, l'arbitre de la partie, accorde le but. Gassama, un nom qui va devenir très célèbre en Algérie... "L'adversaire pousse, c'est flagrant, peste encore Serge Romano. A la VAR, on le voit, mais l'arbitre ne siffle pas..."

Belmadi, une quête professionnelle et personnelle

Duel limite entre Collins Fai et Youcef Belaïli dans la surface camerounaise (37e), premier but de Slimani refusé (50e), main dans la surface algérienne (69e), second but refusé de Slimani en prolongation (98e)... Les situations chaudes sont nombreuses et rendent l'atmosphère électrique. "Ce qu'on remarquait, se souvient Oudjani, c'est une très grande nervosité, qui a pu jouer en défaveur de l'Algérie. C'était nerveux sur le terrain, sur le banc..."
On ne vous fait pas de dessin : pour Djamel Belmadi, la quête de cette qualification pour la Coupe du Monde 2022 est essentielle. Elle lui tient à coeur pour son pays, l'Algérie, bien sûr, mais aussi un peu pour lui, très attaché au Qatar, où il a évolué en tant que joueur entre 2003 et 2005, et où il a entraîné de 2010 à 2018. Il coache d'ailleurs de nouveau là-bas depuis 2025 (Al-Duhail). Avant ce barrage épique, Belmadi avait d'ailleurs lâché : "La double confrontation contre le Cameroun, ce sont les deux matchs les plus importants de ma vie." Chérif Oudjani observe : "Oui, Belmadi est quelqu'un de nerveux. Peut-être a-t-il transmis son stress à l'équipe ? Pas sûr... Mais les gens oublient qu'il avait gagné la CAN..."
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Djamel Belmadi en 2022

Crédit: Getty Images

A 0-1 à la fin du temps réglementaire, tout le monde part pour trente minutes de plus, au minimum. "En arrivant en prolongation, continue Serge Romano, il n'y avait pas de peur, mais on pensait toujours à l'arbitrage... Sinon, par rapport à ce qu'on voyait, on était toujours confiant."
Jusqu'à ce corner de la 118e minute. Tapé par Rachid Ghezzal de la gauche vers la droite. Le ballon arrive au second poteau sur Ahmed Touba, étrangement seul. Le coup de tête est parfait. 1-1 à deux minutes de la fin : un soulagement XXL dans toute l'Algérie. "Une libération, confirme Romano. Mais je pensais surtout à la transition juste derrière, car il restait du temps... Et, justement, on n'a pas su switcher. Sur une touche, je vois le Cameroun vite la jouer... Je criais, j'étais à la limite d'aller sur le terrain pour tacler le joueur..."

Un séisme

124e minute. Après une intervention de Raïs M'Bolhi pour repousser un ballon camerounais, le cuir file en touche. Nous sommes sur le côté droit, à quarante mètres des cages algériennes. Collins Fai hérite du ballon. Bien trop seul, le Lion Indomptable balance un long ballon dans la surface, Michael Ngadeu s'élève et dévie de la tête et trouve idéalement Toko Ekambi qui envoie le Cameroun à la Coupe du Monde.
Au bout d'une succession d'actions où l'Algérie est complètement à côté de la plaque question pressing, marquage et autre. Il faut voir par exemple l'alignement des Fennecs sur le but de Toko Ekambi, et un Houcine Benayada qui couvre tout le monde. Signe clair d'un manque de lucidité. "On a tous reculé, regarde Serge Romano. Sur la touche, il suffisait d'un joueur ou deux et l'action aurait été annihilée. On n'a pas eu assez de réflexion, d'expérience par rapport à ça. Mais on aurait dû gagner le match plus largement avant."
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La détresse d'Abdelkader Bedrane face au Cameroun

Crédit: Getty Images

Monsieur Gassama signe la fin de la rencontre juste derrière. Djamel Belmadi met les genoux à terre, les mains sur le visage. Aïssa Mandi, Rachid Ghezzal, Houcine Benayada, Adlène Guedioura... Ils sont tous en pleurs. "Tout s'effondre en deux secondes, enchaîne Romano. On sent que quelque chose s'écroule sous nos pieds. Ce n'est pas évident. On est dégoûtés. Dans un stade qui ne répond plus. Les supporters sont comme nous, avec ce coup de massue qui fait que tu restes dubitatif... On essaie de trouver des mots, mais on n'y arrive pas. Dans le vestiaire, c'est un no man's land pendant longtemps. Et, oui, il y a quand même un traumatisme qui se fait, forcément."
Quelques minutes après ce séisme footballistique, Djamel Belmadi expliquait : "Le ciel nous est tombé sur la tête. C'est du football, c'est du sport. Mais c'est toute notre vie, en même temps." En pointant du doigt, une première fois, l'arbitrage du Gambien Bakary Gassama : "Je le dis aujourd’hui sans peur : ces arbitres ne respectent pas notre pays. Ils viennent ici, voient notre travail et ne nous respectent pas. Ces deux dernières années, je n’ai pas vu un seul arbitre qui ne soit pas agressif quand tu viens lui parler. Je ne cherche pas d’excuses, ce sont des faits."
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Video credit: Eurosport

Le dérapage de Belmadi

Mais cet Algérie-Cameroun va connaître un nouvel épisode rocambolesque près de trois semaines plus tard. Dans une vidéo diffusée sur la chaîne officielle de la Fédération algérienne, Djamel Belmadi annonce son intention de ne pas démissionner de son poste. Mais, surtout, il craque complètement au sujet de l'arbitre de la rencontre.
"Plus jamais on ne laissera deux, trois personnes conspirer contre notre pays, avance-t-il. On ne verra plus jamais un arbitre comme ça mettre à mal un pays. Je suis obligé de dire que je n’ai pas aimé du tout, le lendemain (du match), le départ de cet arbitre, à l’aéroport d’Alger, le voir confortablement assis dans les salons à boire un café, avec un millefeuille (...) Il a enlevé l’espoir de tout un peuple et on le laisse comme ça. Je ne dis pas qu’il faut tuer mais il ne faut pas le laisser..."
Provoquant également de très vives réactions partout sur le continent, et symbolisant une suite et une fin de mandat très houleuse à la tête de la sélection algérienne. "Cette soirée, elle marque, car elle nous coupe l'herbe sous le pied pour aller en Coupe du Monde, dit encore aujourd'hui Serge Romano. Mais ce n'est pas logique, on s'est fait avoir de façon exponentielle par l'arbitrage. Un truc de ouf !"
Signe que le traumatisme n'est pas encore évacué dans la tête des acteurs. "C'est un peu le France-Bulgarie de l'Algérie, conclut Chérif Oudjani. En plus, tu avais le Maroc et la Tunisie qui y allaient au Mondial 2022, et pas l'Algérie. C'était un peu le bonnet d'âne du Maghreb. Mais, aujourd'hui, c'est bien, ils se sont qualifiés quatre ans après. Il y a 48 équipes désormais, c'est largement plus facile de se qualifier. Il l'ont fait, on espère qu'ils feront une bonne compétition."
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Mbappé qui se met à défendre ? "Je n'y crois pas une seconde"

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