Coupe du monde 2026 - France - Suède - "C’est le nouveau Brésil"

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Un plaisir partagé et contagieux, une attaque enivrante, la douceur du mouvement perpétuel : la France n’est plus seulement une machine à gagner, elle enflamme l’Amérique et le monde par ce qu’elle dégage sur le terrain. Une joie et une volupté qui rappellent quelques grandes sélections de l’histoire. Le chemin est encore long mais ces Bleus semblent habités par quelque chose de grand.

"Pour les plus jeunes, Mbappé-Olise-Dembélé ça équivaut déjà à Ronaldo-Ronaldinho-Rivaldo de 2002"

Video credit: Eurosport

De notre envoyé spécial à New York,
Si vous vous baladez dans Manhattan, vous trouverez forcément une enceinte qui crache un tube de deux robots. Avant mardi, les Français qui faisaient lever New York s’appelaient les Daft Punk. Puis Dembélé, Olise, Mbappé et Barcola, les quatre brigands qui ont fait les poches de la Suède, ont transformé un après-midi dans le New Jersey en piste de danse. Au point qu’à 5 000 kilomètres de là, Rio Ferdinand, avachi dans son canapé au beau milieu de la nuit londonienne, lâche une comparaison qui n’arrive jamais par hasard : "La France est le nouveau Brésil".
"Ils ont trop de profondeur, trop de qualités, trop de menaces, trop de joueurs qui veulent te tuer", énumère l’ancien défenseur central. Voilà deux fois en moins d’une semaine que des observateurs avisés convoquent la Seleção pour parler des Bleus. Jeudi, la télévision suédoise reliait l’équipe de France au Brésil de 2002. La comparaison est-elle justifiée ?
Le Brésil a vu passer dans ses rangs certains des plus grands talents offensifs de leur génération : Ronaldo, Ronaldinho, Rivaldo. La France aligne le Ballon d’Or, le deuxième meilleur buteur de l’histoire des Coupes du monde et celui qui ressemble tout de même à la nouvelle sensation du foot mondial.
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Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho à la Coupe du monde 2002

Crédit: Getty Images

Il ne peut rien nous arriver
Sur le banc, des champions d’Europe en veux-tu en voilà et le meneur de Manchester City. Sur la profondeur et l’éclat, rien à redire. Dans l’histoire de la Coupe du monde, il n’existe d’ailleurs que deux équipes à avoir aligné un trio dont chaque membre affiche au moins cinq actions décisives (but plus passe décisive) : le Brésil de Rivaldo, Ronaldo et Ronaldinho et les Bleus de 2026. Sur le banc en les observant, Malo Gusto se dit qu’"il ne peut rien (leur arriver)" et sur le terrain, Aurélien Tchouamni "prend du plaisir à les regarder jouer". Comme si cette attaque de feu parvenait à s’extraire du match et de son contexte simplement pour régaler.
La filiation a donc un sens. D’autant que tout ceci est enrobé d’une joie et d’un plaisir contagieux pour ne pas dire d’une alegria très brésilienne. C’est un peu toujours comme ça quand une équipe gagne, c’est vrai. Mais tout de même. On ne sent pas entre ses quatre-là une forme de concurrence ou de lutte pour écraser l’autre.
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Michael Olise, Kylian Mbappe

Crédit: Getty Images

Même l’astre Mbappé n’est pas intouchable et il faut écouter Ousmane Dembélé lancer du "Mobut’" (ndlr : pour Mobutu, le surnom donné à Mbappé par certains esprits malveillants sur les réseaux) pour comprendre que tout coule dans ce groupe. Aux entraînements, on s’élance et on se chambre dans une grande virilité fraternelle.

Olise l'inattendu happiness manager

Michael Olise, lui, s’inscrit petit à petit comme la mascotte d’un groupe qui pose dans l’avion du retour capuche sur la tête et lunettes de soleil pour singer l’attitude singulière du génie de Munich. Et sur le terrain, c’est encore plus flagrant : "Michael fait un peu tout sur le terrain, se réjouissait Bradley Barcola après la claque. Défensivement il est très présent, et avec le ballon il arrive à faire des décalages, à trouver des super passes et à apporter énormément de danger donc c'est un réel plaisir de jouer avec lui." Qui l’eût cru mais Olise le timide maladif devient sur et en dehors du terrain le happiness manager de tout ce beau monde.
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"La première fois en 14 ans qu’il y a une unanimité autour de Deschamps"

Video credit: Eurosport

Alors qu’à l’Euro 2021, Paul Pogba s’évertuait à faire le lien entre les groupes, celui d’Antoine Griezmann et celui de Karim Benzema, ici, du peu qu’on nous donne à voir, c’est une autre dynamique collective qui cimente l’ensemble. A l’origine de tout cela deux hommes.
Didier Deschamps, bien sûr, dont le talent pour créer des alchimies n’est plus un mystère depuis bien longtemps. Et Kylian Mbappé, capitaine absolu, capable de défendre la veuve et l’orphelin devant les micros, et surtout Ousmane Dembélé, de distribuer les passes décisives en match, de défendre, ou au moins de faire mine, comme un beau diable et de courir vers son sélectionneur endeuillé pour une célébration à 26.
"Le geste de Kylian nous touche beaucoup. C’est notre capitaine. Il est exemplaire depuis le premier jour. Le groupe était uni", a confié un sélectionneur qui ne doit pas être mécontent de la tournure prise par les évènements. Les comparaisons ont leurs limites et les trophées auront le dernier mot. Mais pour la première fois depuis longtemps, on ne regarde plus seulement les Bleus pour savoir s’ils vont gagner mais aussi pour voir ce qu’ils vont inventer.
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