Coupe du monde 2026 I Brésil - Maroc I Pas favorite ? C'est peut-être la chance de la Seleçao de Carlo Ancelotti
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 13/06/2026 à 12:32 GMT+2
Il avance masqué comme jamais. Une fois n’est pas coutume, le Brésil, quintuple champion du monde et pays du football, n’est pas considéré comme un favori au moment d’aborder sa Coupe du monde face au Maroc dimanche (0h00). Le Seleçao a peiné en qualifications. Elle semble manquer de talents. Elle suscite surtout les doutes. Et c’est peut-être son meilleur atout.
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Il est globalement absent des conversations qui enflamment les fans avant une Coupe du monde. Qui est le favori ? Il est souvent question de l’Espagne et de la France. De l’Angleterre, aussi. Du Portugal et de l’Argentine, régulièrement évoqués eux-aussi. Mais il n’y a pas grand-monde pour citer le Brésil. Le pays où le foot est roi, celui qui détient le record du nombre de titres mondiaux (5). Normalement, il fait toujours partie des principaux prétendants. Pas cette fois.
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Il faut bien reconnaître que la Seleçao a perdu son lustre d’antan. Et ça ne date pas d’hier. Son dernier sacre remonte à 2002, lors de l’édition au Japon et en Corée du Sud. Il avait confirmé la suprématie mondiale d’une nation déjà victorieuse en 1994 et finaliste en 1998. Mais depuis 24 ans, c’est le néant. Quatre éliminations en quarts de finale (2006, 2010, 2018 et 2022), et une en demie, traumatisante, face à l’Allemagne devant les fans auriverde incrédules en 2014 (7-1).
Pour n’importe quelle autre nation, ce bilan n’aurait rien d’infâmant. Pas pour le Brésil. Ses standards sont juste trop élevés pour qu’il s’en contente. Pour accepter de se laisser dominer par des pays européens comme lors des cinq derniers opus. Il y a eu la France et les Pays-Bas avant les Allemands. Trois nations qui avaient plus de références que la Belgique et la Croatie, ces deux derniers bourreaux. Peut-être le signe le plus fort d’un déclin que le peuple brésilien rêve de voir enrayé sur le continent américain.
Est-il réalisable ? Au regard de sa campagne de qualification, pas vraiment. Le Brésil a terminé à la cinquième place dans la zone Amsud après avoir concédé six défaites, une de plus que sur l’ensemble des 20 dernières années. Dans le lot, il y avait notamment une humiliation subie face à l’Argentine qui disait tout de la classe d’écart entre la Seleçao et l’Albiceleste (4-1). L’instabilité ambiante, avec trois coaches différents depuis le départ de Tite en 2022 et avant l’arrivée de Carlo Ancelotti, n’a pas aidé.
"L'atmosphère s'est transformée"
Mais c’est surtout le manque de talents, un comble pour un pays qui a sorti des génies à tours de bras et à tous les postes, qui a été pointé du doigt sur les prestations indigentes de la Seleçao. "Les gens peuvent dire ce qu'ils veulent mais personne d'autre n'a cinq étoiles sur la poitrine, s’est défendu le milieu Bruno Guimaraes en conférence de presse la semaine passée. Nous avons de grands joueurs qui jouent dans les meilleures équipes. Nous devons donner aux joueurs le respect qu'ils méritent."
Des mots qui traduisent bien l’état d’esprit du Brésil. Le groupe de Carlo Ancelotti n’a pas été sourd aux critiques et compte bien répondre par son orgueil. Et d’autres arguments, d’un gardien renommé (Alisson) à des individualités fortes en attaque (Raphinha et Vinicius Jr.) en passant par une charnière de finalistes de la dernière Ligue des champions (Marquinhos et Gabriel), un milieu complémentaire est expérimenté (Casemiro, Lucas Paqueta et Bruno Guimaraes). Et un facteur X nommé Neymar, la surprise de la liste brésilienne, même si son état de santé n’a rien de rassurant. "C'est une équipe avec de la qualité et de l'expérience, qui a la confiance absolue de pouvoir se mesurer à tout le monde", a assuré Carlo Ancelotti vendredi en conférence de presse.
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L’Italien n’est pas seulement l’un des managers les plus réputés au monde avec un palmarès long comme le bras, au-delà de ses cinq sacres en Ligue des champions. Il a surtout apporté tout ce qui faisait défaut au Brésil : la sérénité. "L'atmosphère s'est transformée, reconnaissait Alisson. Il a une présence très forte et ne se focalise pas sur les polémiques." Le Brésil a repris confiance, petit à petit, comme en témoigne la série de trois victoires consécutives contre la Croatie (3-1), le Panama (6-2) et l’Egypte (2-1) pour lancer la Seleçao sur une dynamique positive avant le Mondial. "Tout repart de zéro, a promis Vinicius Jr vendredi. Nous sommes ici pour écrire l'histoire, remettre le Brésil au plus haut niveau (...). Les polémiques sur la sélection sont derrière nous et on va tout donner."
Le géant auriverde n’en reste pas moins relégué hors du top 5 des prétendants au titre mondial selon les prédictions du statisticien Opta. Cela correspond à son rang au classement FIFA (6e). Il en occupait la 8e place un an avant la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis, où Romario et ses coéquipiers avaient mis fin à 24 ans sans titre mondial de la Seleçao. C’est la même période de disette, la plus longue de son histoire, à laquelle elle peut mettre un terme en 2026, encore sur le sol nord-américain. Un signe ne suffit pas pour effacer tous les doutes. Mais au Brésil, c’est toujours une bonne raison de croire en ses rêves.
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