Coupe du monde 2026 I Congo - Ouzbékistan I Mais que fait Fabio Cannavaro sur le banc de l'Ouzbékistan ?

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Vingt ans après avoir soulevé la Coupe du monde avec l'Italie à Berlin, Fabio Cannavaro goûte de nouveau aux joies de disputer un Mondial. Si l'ancien capitaine de la Nazionale a raccroché les crampons il y a bien longtemps, le voilà désormais à la tête de la sélection ouzbèke, qui affronte le Congo ce dimanche (1h30). Un drôle de mariage, c'est vrai, mais qui n'a toutefois rien d'anodin.

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"Quel cul tu as !" Début octobre, lorsque Gennaro Gattuso décroche son téléphone pour passer un appel à son ami et ancien coéquipier en sélection Fabio Cannavaro, avec qui il a notamment partagé l'épopée victorieuse du Mondial 2006, celui qui est alors sur le banc de la Nazionale a encore le cœur à rire. Lorsqu'il a appris que l'ancien défenseur était nommé sur celui de l'Ouzbékistan, déjà qualifié pour la Coupe du monde 2026, il l'a tout d'abord félicité, évidemment, de vive voix, avant de lui lancer cette boutade pour dédramatiser la situation puisque l'Italie, elle, ne l'était toujours pas.
Et elle ne le sera jamais, battue quelques mois plus tard en barrage par la Bosnie-Herzégovine. Qui aurait dit, il y a vingt ans, après la fameuse finale de Berlin face aux Bleus, que l'Italie manquerait son troisième Mondial de suite en 2026 ? Et que le capitaine d'alors, qui sera sacré Ballon d'Or la même année, se retrouverait lui sur le banc... de la sélection ouzbèke ? Certainement pas nous, en tout cas.
Une autre question évidente s'impose alors : mais comment Cannavaro a-t-il atterri sur le banc de la 50e sélection au classement FIFA, qui a disputé la semaine passée son tout premier match en Coupe du monde, conclu par une défaite face à la Colombie (1-3), avant de connaitre le même sort lors de son deuxième contre le Portugal (0-5) ? Tentons de comprendre cet étonnant mariage.

Un pays en plein essor

Si la dimension économique entre évidemment en jeu au moment d'apporter une tentative de réponse (il toucherait un salaire de 2,2 millions d'euros, à partager avec son staff), le Ballon d'Or 2006 assure avoir été convaincu par le projet d'un pays en plein essor et qui bénéficie d'une stratégie gouvernementale à long terme initiée il y a une dizaine d'années pour développer le football via la formation des jeunes. Avec ce soutien institutionnel, les moyens mis à disposition sont importants, et les infrastructures y sont plus que modernes.
Car l'Ouzbékistan peut compter sur un immense vivier de footballeurs potentiels, avec environ un tiers des quelque 37 millions d'habitants ayant moins de vingt ans. Puisant dans les équipes nationales de jeunes victorieuses ces dernières années en Coupes d'Asie (U23, U20, U17), l'équipe A s'est affirmée comme une valeur sûre du football asiatique et bénéficie désormais de spécialistes européens pour passer un palier. Le succès des sélections ouzbèkes va de pair avec le projet de "Nouvel Ouzbékistan" du président Chavkat Mirzioïev, qui souhaite profiter du succès du sport pour faire connaître son pays au-delà de ses frontières et, surtout, redorer son image.
Autant dire que la qualification au Mondial, rendue possible par le passage de 32 à 48 équipes participantes au tournoi, a été perçue comme une bénédiction. Tout comme l'arrivée de Cannavaro sur le banc, un nom prestigieux qui fait forcément causer en plus d'attirer la lumière. Mais pas que : l'ancien défenseur a été enrôlé pour apporter sa vision, son expérience, son savoir-faire et son vécu à un groupe qui ne demande que ça.
"C’est une nation en pleine croissance : à Tachkent, la capitale, il y a un centre sportif ultramoderne, confirmait récemment l'Italien dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. C’est un pays musulman et il arrive que les joueurs prient avant les matches ou même à la mi-temps. Ils vont dans une salle à part puis reviennent pour la seconde période. Ce n’est pas un problème, il s’agit simplement de gérer le timing."
Participer au Mondial "contribue à renforcer le rayonnement international du Nouvel Ouzbékistan", avait déclaré le président Mirzioïev en 2025, avant de réitérer ses éloges face aux joueurs fin mai, évacuant lui aussi toute pression. "Nos footballeurs peuvent à juste titre être considérés comme les héros de notre temps, ayant ouvert une nouvelle page de l'histoire de l'Ouzbékistan", s'était félicité celui qui est au pouvoir depuis 2016 et pourrait y rester jusqu'en 2037. Fin mai, environ trente mille spectateurs s'étaient massés dans le stade national à Tachkent, la capitale ouzbèke, lors d'un match de gala avant le départ de la sélection en Amérique du Nord.
Selon Chavkat Mirzioïev, "les footballeurs sont devenus un véritable exemple pour la jeunesse, les personnalités du monde littéraire et artistique, les entrepreneurs et le grand public qui continuent de puiser leur inspiration dans cet exploit historique". Le dirigeant ne compte pas s'arrêter là et vient d'annoncer un programme pour les quartiers résidentiels, où le football doit devenir une "plateforme d'éducation des jeunes et de promotion d'un mode de vie sain, de la discipline et du patriotisme".
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Cannavaro, une carrière d'entraîneur à (re)lancer

Impressionné par la "faim" de son groupe, composé notamment du défenseur de Manchester City Abdukodir Khusanov et de l'attaquant expérimenté Eldor Shomurodov, passé notamment par la Serie A, Cannavaro s'est rapidement laissé séduire par le discours ambitieux de la Fédération locale. Pour lui, accepter de relever ce défi est également une opportunité de relancer tant bien que mal une carrière d'entraîneur qui peine à décoller après des expériences en Chine, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, puis en Italie avec Benevento, l'Udinese et le Dinamo Zagreb. Sans grande réussite.
"Ma période la plus difficile ? Quand je suis rentré de Chine, en 2021. Je pensais avoir effectué un bon parcours, mais c’était comme si cela n’avait servi à rien. Personne ne m’appelait, personne ne me considérait. Nous sommes allés à Benevento, en Serie B, et ça a été une erreur. Même lorsque je n’ai pas été confirmé à l’Udinese après avoir assuré le maintien, cela n’a pas été facile. Je n’ai toujours pas compris pourquoi", déplorait-il à La Gazzetta dello Sport. Comme vexé par le manque de propositions dont il a fait l'objet. Il y a trois ans, son nom avait même circulé pour récupérer le banc de l'Italie. Les médias italiens avaient même tablé sur un possible tandem avec Marcello Lippi, son sélectionneur en 2006 et imaginé comme responsable technique. La FIGC décidera finalement de nommer Luciano Spalletti.
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Fabio Cannavaro, sélectionneur de l'Ouzbékistan.

Crédit: Getty Images

Pour lui, ce Mondial est également une formidable vitrine pour, pourquoi pas, retrouver prochainement un banc de club. Mais là n'est pas l'essentiel, du moins pour l'instant. L'ancien défenseur se dit totalement concentré sur le match contre le Congo dimanche (1h30). Avec, à moyen terme, le cap sur la Coupe d'Asie 2027.
"L'une de mes principales ambitions est de remporter la Coupe d'Asie (...). Le Mondial est une façon d'engranger de l'expérience, tandis que nous nous battrons pour obtenir des résultats en Coupe d'Asie", prévenait le technicien avant le début de la Coupe du monde. Après la première rencontre face à la Colombie, il s'était dit "fier" de ses troupes.
"Avant tout, nous sommes venus ici pour représenter l'Ouzbékistan de manière positive aux yeux du monde entier (...) Nous nous souviendrons de ce match disputé dans ce stade, car c'est une rencontre historique. Nous sommes au Mondial", rappelait le sélectionneur italien des Loups Blancs en conférence de presse. Ce qui n'est pas donné à tout le monde, finalement. Demandez un peu à son ami Gattuso...
(Avec AFP)
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