Coupe du monde 2026 I Le Brésil est une étape : le Japon est venu "gagner le Mondial"
Par Vincent Bregevin
Publié 29/06/2026 à 00:06 GMT+2
Ce n’est plus le duel déséquilibré du passé. Le 16e de finale entre le Japon et le Brésil (19h) est même une affiche assez alléchante. L’ambitieuse sélection japonaise s’est fixé l’objectif de soulever le trophée. Il peut paraître surréaliste. Mais la formation de Hajime Moriyasu a affiché de belles qualités lors d’une phase de poules maîtrisée. Elle doit désormais franchir un drôle de cap.
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C’était il y a quasiment 30 ans. Le 21 juillet 1996. Plus de 45 000 personnes avaient garni l’Orange Bowl de Miami pour l’entrée en lice du Brésil dans le tournoi olympique des Jeux d’Atlanta. Une véritable attraction, une constellation de stars, de Dida à Bebeto en passant par Aldair, Roberto Carlos ou Juninho, entre autres. Et bien sûr Ronaldo, le nouveau phénomène du foot mondial du haut de ses 19 ans. En face, le Japon, sans la moindre référence internationale, s’avançait en victime idéale. Au coup de sifflet final, il avait signé une surprise retentissante, et le premier coup d’éclat de son histoire (1-0).
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Trente ans plus tard, c’est un défi comparable qui attend le Japon face au Brésil. Oui, il a bien grandi depuis. Après sa première apparition en Coupe du monde en 1998, il a systématiquement participé à l’épreuve. Et même un peu mieux que ça. Sur les six dernières éditions, les Samouraïs bleus ont atteint le stade des 8es de finale à quatre reprises. Sans jamais réussir à franchir ce cap qui se présentera à eux s’ils viennent à bout de la Seleçao.
Leur plafond de verre sera là. Mais il y en aura un autre à briser face aux quintuples champions du monde. Le Japon a déjà brillé contre des références du foot international. Il y a quatre ans, l’équipe nippone était sortie première d’un groupe où figuraient l’Allemagne et l’Espagne, en les battant au passage (2-1 à chaque fois), avant de tomber devant la Croatie aux tirs au but en 8es de finale. Ce qu’il lui manque, c’est de faire tomber un cador sur un match à élimination directe de Coupe du monde. L’occasion est là. Et le Japon n’attendait que ça.
Il a nourri ses ambitions en dominant le Brésil (3-2) à l’automne dernier, puis l’Angleterre (0-1) à Wembley en mars. Pour mieux les afficher publiquement avant le début du Mondial. "Les joueurs étaient évidemment heureux quand nous avons battu le Brésil et l'Angleterre, expliquait Hajime Moriyasu au moment de dévoiler sa liste. Mais j'ai senti qu'ils ont rapidement déplacé leur attention vers un objectif à venir bien plus grand. Je crois que tous les joueurs ont montré des progrès, non pas en visant simplement à participer à la Coupe du monde, mais avec l'objectif de la gagner."
Schéma ambitieux, cohésion remarquable
Les mots du sélectionneur japonais ne pouvaient pas passer inaperçus. C’était bien la première fois que le Japon affichait un tel objectif avant de démarrer une Coupe du monde. Avec la pression que cela implique. Mais jusqu’ici, ses hommes l’ont globalement très bien géré, notamment en tenant tête à des Pays-Bas séduisants dans ce tournoi (2-2) avant de passer un carton à la Tunisie (4-0) et de boucler la phase de poules invaincus avec un nul face à la Suède (1-1).
Deuxième de son groupe, le Japon est dans les clous qu’il s’est fixé. Parce qu’il est toujours resté maître de son destin. "Je pense que c’est un bien meilleur résultat que de se qualifier en troisième position en comptant sur les autres équipes, soulignait Moriyasu après le match face aux Suédois. Alors que nous visons le sommet mondial, nous avons une nouvelle fois réussi, lors de ce tournoi, à faire ce qu’il fallait en passant la phase de poules par nos propres moyens."
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Des moyens qui séduisent. Moriyasu a façonné un plan de jeu d’une efficacité remarquable dans un schéma ambitieux, avec un système en 3-4-2-1. Ses hommes ne savent pas seulement préserver la compacité du bloc par une occupation cohérente des espaces. Ils affichent aussi une qualité offensive parfois spectaculaire, à l’image du but inscrit par Daizen Maeda face à la Suède au bout d’un mouvement collectif de grande classe. Le Japon avait déjà brillé en attaque avec 54 buts lors des qualifications. Avec sept dans ce Mondial, il a déjà dépassé son total des deux dernières éditions.
Les Samouraïs bleus ont des arguments. Mais surtout une confiance née de leur vécu, et l’envie d’aller encore plus loin. "Je veux saisir cette chance afin de pouvoir passer à l’étape suivante, insiste Moriyasu. Par le passé, du point de vue du Brésil, le Japon était peut-être un adversaire qu’il pouvait facilement battre. Mais au vu du match amical de l’année dernière, je pense que le fait qu’il reconnaisse désormais que nous ne sommes plus un adversaire qu’il peut battre facilement est déjà un signe de la progression du football japonais." Si bien qu’une victoire face au Brésil ne serait pas si surprenante. C’était loin d’être le cas il y a 30 ans.
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