Coupe du monde 2026 I "On ne joue pas notre meilleur football" : comment l'Argentine s'est encore qualifiée sur un fil face à la Suisse

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L'Argentine a dû s'en remettre à la prolongation, à nouveau, pour venir à bout d'une Suisse pourtant réduite à dix (3-1), samedi soir, à Kansas City. Bousculés par la Nati, les joueurs de l'Albiceleste et leur sélectionneur Lionel Scaloni ont reconnu leurs difficultés dans le jeu. Qu'importe : même sans "jouer (son) meilleur football", l'Argentine reste qualifiée. Au forceps. Mais qualifiée. 

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Trois tours à élimination directe, deux prolongations, une remontée de 0-2 à 2-3 face à l'Égypte, mais au bout, l'Argentine est en demies. Au petit matin, dimanche, l'éclair de Julian Alvarez (2-1, 112e), appuyé par un but de Lautaro Martinez (3-1, 120+1e), ont offert à l'Albiceleste sa place pour le dernier carré du Mondial 2026. Face à une Suisse à sa portée, la bande à Lionel Messi a dû puiser dans ses retranchements les plus profonds. Rapidement devant, avant d'être rattrapée en deuxième période, puis poussée en prolongation par une Nati à dix contre onze dès la 72e minute, à la suite de l'exclusion controversée de Breel Embolo. 
"La vérité", dixit Lionel Scaloni, l'entraîneur argentin, c'est que son équipe a "souffert". "On savait que c'était une équipe difficile, physique, résumait-il à Bein Sports après la rencontre. Ils nous ont beaucoup mis en difficulté. Nous n'avons pas été capables de sortir de certaines situations. À la fin, aujourd'hui, on a eu la chance de notre côté." Alors que planait au-dessus de son équipe le spectre des tirs au but, plus l'Argentine butait sur une Nati imperméable, même à dix, cinquante minutes durant. 
Nous ne réalisons pas complètement
En seizièmes de finale, la libération était venue de Lisandro Martinez, en prolongation, déjà, face au Cap-Vert. En huitièmes, Lionel Messi s'est soudainement réveillé, alors que son équipe était menée 2-0 face à l'Égypte, pour signer une magnifique remontada. En quarts, la lumière est venue d'un inattendu, Julian Alvarez, relégué sur le banc en début de compétition. Samedi soir, à Kansas City, sa frappe enroulée du droit a libéré une Argentine timorée, bousculée, mais finalement qualifiée. Sur le fil du rasoir. 
"Je parlais justement à Licha (Martinez), et la vérité, c'est que nous ne réalisons pas complètement ce que l'on accomplit, décrivait le défenseur Cristian Romero à la télévision argentine en après-match. Parfois, on ne joue pas notre meilleur football, mais on donne tout sur le terrain et on n'abandonne jamais, jusqu'à la dernière minute. Que l'on joue bien ou mal, on y met tout notre cœur à chaque match, et c'est ce que l'on a encore montré aujourd'hui."

Messi un jour, Alvarez le suivant

Dans le jeu, cette Albiceleste n'est ni la plus flamboyante, ni la plus sereine que l'on ait connue. Sa force vient de la réaction, de la douleur, du spectre d'une élimination-choc face à une équipe qui lui serait inférieure, sur le papier, à voir l'identité de ses adversaires dans le tableau final jusqu'ici (Cap-Vert, Égypte, Suisse). 
Là, en prolongation, ou lorsqu'elle se trouve menée, une, deux fois, l'Argentine s'en sort. Par Messi, souvent. Presque par magie, autrement. Ce soir, la série du Rosarino a pris fin : pour la première fois depuis neuf matches consécutifs, Lionel Messi n'a pas marqué lors d'un match de Coupe du monde. Malgré sa passe décisive sur corner à destination d'Alexis Mac Allister, en début de rencontre (1-1, 10e). Que sa lumière s'amenuise, elle viendra d'ailleurs. D'Alvarez, ce soir. D'un autre, plus tard ? 
Nous avons beaucoup de choses à améliorer, mais gagner rend toujours le tout meilleur
Le buteur de l'Atlético, héros du soir, explique ce goût pour l'action par la solidarité d'un "groupe très uni, très fort". L'Albiceleste, pourtant, doit "être réaliste", dixit Lionel Scaloni : "Nous avons beaucoup de choses à améliorer, mais gagner rend toujours le tout meilleur. Même si l'on aurait pu signer une meilleure performance, c'est historique de rejoindre les demi-finales à nouveau."
"L'autre jour, poursuivait Scaloni, je disais que l'on avait eu du mal face au Cap-Vert et à l'Égypte, mais on avait eu le contrôle de ces deux matches. La réalité du match d'aujourd'hui, c'est que l'on a souffert parce que l'adversaire jouait très bien, qu'ils nous avaient analysés, et que leur niveau physique était très bon, ce qui est un élément majeur. Ils étaient meilleurs dans les duels, sur les seconds ballons, ce qui a tout rendu plus difficile pour nous."
Même au bout de l'ennui, du doute, des scénarios de folie, il y a maintenant les demies. Et un dernier carré rêvé entre les quatre premières nations au classement FIFA. Pour défendre son titre, l'Argentine débutera par l'Angleterre, à réaction, elle aussi, au moment d'aller éliminer la Norvège, samedi soir (2-1, après prolongation). Les deux nations ne s'étaient plus croisées depuis 21 ans. Wayne Rooney n'était qu'un adolescent. Lionel Messi comptait déjà quelques sélections, mais il était suspendu, ce jour-là. Comme si l'histoire avait attendu 2026. En l'an de grâce 40 après Maradona.
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