Coupe du monde 2026 | Il y a 28 ans, Cuauhtémoc Blanco et le légendaire coup du crapaud face à la Corée du Sud

Eurosport sur Google

Alors que le Mexique vibre pour sa Coupe du Monde, avec l'espoir de voir, pourquoi pas, Julian Quinones et ses coéquipiers atteindre les quarts de finale comme en 1970 et 1986, deux éditions organisées... au Mexique, Eurosport vous propose de découvrir ou de redécouvrir l'histoire d'un geste resté iconique dans un Mondial : le coup du crapaud de Cuauhtémoc Blanco.

"Maintenant, ça va être très clair" : Dembélé, le côté droit comme seule option

Video credit: Eurosport

Si on vous dit football et geste technique, certains répondront instantanément la virgule de Ronaldinho, d'autres les arabesques de Neymar, d'autres la spéciale roulette - passement de jambes de Jay-Jay Okocha, d'autres la légendaire Madjer. Et on pourrait en citer bien d'autres. Mais très peu citeront le coup du crapaud.
Retour il y a presque trente ans. Lyon, stade de Gerland, un 13 juin 1998. Nous sommes évidemment en pleine Coupe du Monde en France, démarrée trois jours plus tôt par le difficile succès du Brésil, champion du monde en titre, sur l'Ecosse (2-1). La veille, l'équipe de France s'est imposée au Vélodrome face à l'Afrique du Sud (3-0).

La "Cuauhtemiña" est née

Dans le groupe E, aux côtés des Pays-Bas et de la Belgique, le Mexique et la Corée du Sud ont rendez-vous dans le Rhône pour ouvrir leur Mondial. Si Ha Seok-ju avait ouvert la marque pour les Sud-Coréens (27e), Ricardo Pelaez lui avait répondu juste après le retour des vestiaires (50e). Avec des phases de possession assez stériles, les Mexicains se heurtent au bloc de la Corée du Sud. Les hommes de Manuel Lapuente doivent donc chercher des solutions pour tenter de déstabiliser leurs coriaces adversaires.
58e minute. Servi par Ramon Ramirez sur le côté gauche, Cuauhtémoc Blanco se retrouve esseulé face à Lee Min-sung et Lee Sang-yoon. C'est alors qu'il enchaîne, de façon quasi instinctive, un blocage du ballon entre ses deux chevilles puis un saut entre les deux adversaires. L'action n'ira pas au bout, avec encore une frappe mexicaine repoussée par la défense coréenne. Mais un nouveau geste est né : voici le coup du crapaud, la "Cuauhtemiña", qui entre dans l'histoire de la Coupe du Monde et de ces gestes restés forcément dans les mémoires.
Cuauhtémoc Blanco, c'est l'histoire d'un joueur entré dans la lumière aux yeux du monde avec ce geste culte. Car, pour le reste, le Mexicain a effectué une très, très grande partie de sa carrière chez lui, notamment au Club America, où il est une véritable légende. Il a tenté l'aventure sur le vieux-continent en 2000, en signant au Real Valladolid. Il marque notamment un coup franc à Santiago-Bernabeu pour venir chercher un nul chez le Real de Zinédine Zidane, Luis Figo et Fernando Hierro (2-2, 2001). Il reste deux ans, avant de retourner chez lui. Il ne repartira qu'une fois, aux Etats-Unis, du côté de Chicago.
Je ne pensais pas qu'elle deviendrait aussi célèbre, je l'ai faite naturellement
"J'ai inventé ce geste parce que deux défenseurs venaient toujours me presser, se justifiait-il dans El Pais. Il fallait trouver une solution pour passer entre eux." Mais avait-il eu cette inspiration de génie, sur le coup, à Gerland ? Pas vraiment. Voilà quelques temps qu'il travaillait sur ce geste du côté du Club America, où il évoluait en débarquant en France pour sa première Coupe du Monde.
"On fait un exercice dans un espace réduit, détaillait-il TV Azteca. Un entraîneur nous faisait travailler la technique individuelle. On faisait une petite opposition, et c'est là que j'ai commencé à faire ce geste. Je me souviens que German Villa (du nom d'un ancien international mexicain, son coéquipier au Club America à l'époque) me donnait des coups pour essayer de me prendre le ballon." Tout en avouant à El Pais : "Je ne pensais pas qu'elle deviendrait aussi célèbre. Je l'ai faite naturellement."
picture

Messi-Mbappé, duel pour le record de Klose : "Mbappé a l'avantage de l'âge"

Video credit: Eurosport

Juste après le match face à la Corée du Sud, remporté dans le dernier quart d'heure sur un doublé de Luis Hernandez, Blanco expliquait que ce sont ses coéquipiers qui avaient décidé de baptiser son geste la "Cuauhtemiña". "Cuauhtémoc était un joueur à qui il ne fallait pas enlever sa créativité, constatait Manuel Lapuente, son sélectionneur. Il fallait lui laisser la liberté de faire ce qu'il savait faire." C'était ça, Blanco, joueur dont l'imprévisibilité rendait géniale.
Par exemple, pendant cette même Coupe du Monde 1998, trois jours après son coup du crapaud, Blanco voyait son Mexique être mené 2-0 par la Belgique de Marc Wilmots (doublé). Alberto Garcia-Aspe réduisait la marque sur penalty, avant que Blanco n'offre le nul aux Mexicains sept minutes plus tard. Et de quelle manière ! Sur un centre venu de la gauche, Blanco s'élançait pour reprendre le cuir au second poteau, de volée, mais du pied gauche, la solution la plus difficile. Ce qui rendait le but spectaculaire.

Il retentait son coup du crapaud en 2002

Deuxième de son groupe, le Mexique sera frustré en huitième de finale. Devant à quinze minutes du terme sur un but de Hernandez, encore, sur une passe décisive de... Blanco, les Mexicains étaient renversés par l'Allemagne du duo Jürgen Klinsmann - Oliver Bierhoff (2-1). Mais 1998 lançait une sacrée histoire entre Blanco et la Coupe du Monde. Blanco était de retour en 2002, en Corée du Sud, histoire de se rappeler aux bons souvenirs de 1998, et au Japon.
Qualifiés après deux matchs grâce à deux succès sur la Croatie et l'Equateur, le Mexique défiait l'Italie sans pression lors de la troisième rencontre de ce groupe G. Avec, si vous vous souvenez, cette tête absolument géniale de Jared Borgetti pour les Mexicains. Si Del Piero égalisera à cinq minutes de la fin, on verra Blanco tenter une nouvelle fois son coup du crapaud. Sans donner une action dangereuse derrière.

Présent lors de France-Mexique en 2010

Sa troisième participation en Coupe du Monde n'était pas un sacré souvenir pour la France. En 2010, c'est Blanco qui inscrivait le but du 2-0 pour enfoncer les Bleus, dans une soirée rendue célèbre par "l'échange" Raymond Domenech - Nicolas Anelka, pas vraiment cordial, dans les vestiaires...
Blanco (118 sélections au total) étirera sa carrière jusqu'à ses 42 ans (!), en partant, en 2015, sur un sacre en Coupe du Mexique avec son dernier club, Puebla. Une carrière riche, pour l'un des plus grands joueurs que le Mexique ait connu. Au lendemain de sa retraite, il s'engageait tout de suite en politique pour remporter l'élection municipale de la ville de Cuernavaca. Il a également été gouverneur d'Etat. Récemment, il a affirmé qu'il arrêtera bientôt la politique pour revenir dans le football et devenir entraîneur. Avec un atelier spécifique "coup du crapaud" lors de ses séances ?
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Plus de détails
Publicité
Publicité