Coupe du monde 2026 | Impossible, vraiment ? Et si le record de Just Fontaine n'était pas inaccessible ?

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Just Fontaine reste depuis 1958 la référence absolue en matière de meilleur buteur d'une Coupe du monde. 13 buts en 6 matches. Une moyenne effarante, qui ne sera sans doute plus jamais effleurée. Mais ce total, lui, est-il aussi inégalable ? Le contexte actuel et la nouvelle formule du Mondial offrent, peut-être, de nouvelles perspectives. Même si un tel exploit reste improbable.

Est-ce le match de la dernière chance pour Dembélé ?

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C'est un totem. Une statue du commandeur. Une marque-repère. Une statistique presque indépassable. 13. Lors de la Coupe du monde 1958, Just Fontaine a inscrit 13 buts. L'attaquant de l'équipe de France et du Stade de Reims avait frappé lors de chacune des six rencontres, avec notamment un triplé, deux doublés et un quadruplé four finir lors de la petite finale contre l'Allemagne de l'Ouest. Son exploit est au Mondial ce que serait dix ans plus tard le saut de Bob Beamon à l'athlétisme. Sauf que le record de Beamon est tombé. Pas celui de Justo.
Près de sept décennies plus tard, non seulement les 13 buts de Fontaine demeurent la référence, mais personne n'a jamais pu ne serait-ce que s'en approcher. Seul Gerd Müller, en 1970, a pu lui aussi finir avec un total à deux chiffres en inscrivant 10 buts au Mexique. Depuis, la norme, c'est six réalisations pour le meilleur buteur du Mondial. Ce fut le cas en 1978 (Kempes), 1982 (Rossi), 1986 (Lineker), 1990 (Schillaci), 1994 (Stoichkov et Salenko), 1998 (Suker), 2014 (James) et 2018 (Kane). Seules exceptions, légèrement en deçà ou au-dessous, les 5 buts des éditions 2006 et 2010, les 7 buts de Lato en 1974, et les 8 de Ronaldo et Mbappé en 2002 et 2022. Mais du record de Fontaine, il n'a jamais été question. Même pas en rêve.
C'est un peu comme si chacun avait admis telle une indéfectible vérité l'éternité du record fontainien. Ils sont certes faits pour être battus, mais la chose est parfois impossible. En tennis, le Mahut-Isner de Wimbledon en 2010 demeurera le plus long match de l'histoire. Le format cinq sets n'existe plus qu'en Grand Chelem, où l'uniformisation du tie-break à 6-6 au cinquième set rend impossible un duel tel que le Français et l'Américain l'avaient livré. En est-il de même pour les 13 buts de Just Fontaine ? Au risque de paraître fou, pas forcément.
Soyons limpides : il serait extrêmement surprenant que quelqu'un puisse égaler cette année le record établi par le Français en Suède. Ne misez pas votre fortune dessus. Ce serait bien trop risqué. Mais pour la première fois depuis des lustres, à défaut d'être probable, la chose cesse peut-être d'être impossible, et ce pour une conjonction de facteurs favorables. On peut en lister trois.

1. Le passage de 32 à 48 équipes

16 nations supplémentaires participent à la phase finale de la Coupe du monde cette année et il n'y aura pas de retour en arrière. Au contraire. Si, à l'avenir, la FIFA devait modifier le quota des équipes présentes, ce ne serait pas pour le diminuer, mais pour continuer à l'augmenter. Un Mondial à 64 un jour ? A 72 ? A 96 ? Rien ne semble plus impossible à terme. Cette ouverture, que l'on peut juger souhaitable ou déplorable, peu importe, autorise en tout cas à de nouveaux pays de découvrir la phase finale.
Le niveau global n'est pas forcément beaucoup plus faible, cela permet même à davantage d'équipes de progresser, mais sans doute est-il plus hétérogène. Certaines "petites" équipes ne sont pas toujours prêtes. On a assisté depuis le début de cette édition 2026 à quelques dépeçages en règle, à l'image de ceux de l'Allemagne contre Curaçao (7-1), ou du Canada contre le Qatar (6-0). Cela a toujours existé (on se souvient du 10-1 de la Hongrie contre Salvador en 1982) mais il est possible que ce phénomène se démultiplie avec l'augmentation du nombre de participants et donc de débutants. Or, qui dit davantage de rencontres face à des "petits", dit potentiellement plus de matches avec de très gros scores.

2. Le passage de 7 à 8 matches

Il aurait été possible de passer de 32 à 48 équipes sans modifier le format global : des groupes de quatre, donc trois rencontres pour chaque équipe, puis la phase éliminatoire à partir des huitièmes de finale. Mais la FIFA, avec la gloutonnerie qui la caractérise, a donc ajouté un 16e de finale. Les équipes qui iront au bout joueront donc huit, et non plus sept rencontres.
Par aller au bout, on entend atteindre les demi-finales, ce qui assure de jouer une finale derrière, qu'il s'agisse de la grande ou de la petite. Quatre pays vont ainsi jouer huit matches. Ce n'est pas un accroissement gigantesque, mais c'est une chance de plus de marquer. Avec un match supplémentaire, peut-être Ronaldo et Kylian Mbappé, qui avaient fini avec huit buts en 2002 et 2022, auraient-ils touché le seuil de la dizaine. Pour aller chercher le record de Fontaine, ce seul argument est clairement insuffisant, mais il constitue un atout supplémentaire.
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"Objectivement, Mbappé est le plus grand joueur français de l'histoire de la Coupe du monde"

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3. Un contexte plus "offensif"

Nous ne sommes plus à la fin du siècle dernier où, dans les grands matches, qu'il s'agisse du football de clubs ou des compétitions internationales entre nations, il était rarissime que le total de buts aille au-delà de deux ou trois. On pourrait épiloguer 107 ans sur les diverses raisons, mais le jeu s'est ouvert ces dernières années. Les vannes du tableau d'affichage aussi. Prenez la Ligue des champions, qui donne parfois l'impression d'être revenue aux années 50 ou 60.
Le phénomène s'est accentué ces dernières d'années. Notamment depuis l'épisode du Covid-19, sans qu'il y ait nécessairement un lien de cause à effet à chercher. Le 8-2 mémorable du Bayern face au Barça à l'été 2020 en quart de finale. Une édition particulière ? Certes. Mais les exemples pullulent depuis. La double confrontation PSG – Bayern en quart de finale avait généré 11 buts en 2021 (2-3, 3-3). Idem pour la demie entre City et le Real un an plus tard (4-3, 1-3). Au printemps 2025, 30 buts en huit matches lors des quarts de finale, avant l'invraisemblable demi-finale entre l'Inter et le Barça, où l'on se serait cru sur une partie de FIFA ou de PES : 13 buts (3-3, 4-3).
"Oui, mais la Coupe du monde, ce n'est pas pareil". Ce n'est qu'à moitié vrai. La moyenne de buts d'une phase finale est généralement moins élevée que sur la scène européenne entre clubs. Mais là aussi, la tendance est à la hausse. Jusqu'au bout. Les deux dernières finales ont engendré 12 buts : 4-2 pour la France contre la Croatie en 2018, 3-3 entre l'Argentine et les Bleus il y a quatre ans. 12 buts, soit deux de plus que qu'au cumul des… sept finales précédentes (10, de 1990 à 2014 inclus).
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"C'est lui le joueur le plus important offensivement"

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Tous ces éléments mis bout à bout développent un contexte qui n'a sans doute plus été aussi favorable à l'émergence d'un meilleur buteur du Mondial à plus de 10 buts depuis le début des années 70. Mais il faudrait pour arriver à titiller la légende marque de Fontaine que toutes les pièces du puzzle s'imbriquent parfaitement. Dans l'idéal ? Un joueur marchant sur l'eau tout au long de la compétition. Un indispensable préalable. Le modèle en la matière nous vient probablement de… l'Euro, et non de la Coupe du monde.
En 1984, Michel Platini, au sommet de son expression, avait inscrit 9 buts en 5 matches. Il avait marqué à chaque rencontre, avec notamment deux triplés lors de la première phase. L'Euro, alors à huit équipes, était pourtant une compétition autrement plus dense que ne l'est aujourd'hui une Coupe du monde. "Platoche" avait carburé à 1,8 but par match sur l'ensemble du tournoi. Un tel rythme dupliqué à ce Mondial 2026 nous donnerait un meilleur buteur à… 14 buts.
La scène actuelle ne manque pas de ce genre de martiens potentiels, à commencer par Mbappé et Messi, auteurs de respectivement 8 et 7 buts en 2022, voire un Kane ou un Haaland. Un quatuor parti sur de sacrées bases dès le premier match respectif de chacun. Si l'un d'entre eux parvient à garder ce rythme et si son équipe accède aux demi-finales, l'impossible deviendra peut-être crédible. Ne retenez pas encore votre souffle. La probabilité reste faible. Mais surveillez ça du coin de l'œil. Au cas où.
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