Coupe du monde 2026 | L'Angleterre, une nouvelle identité
Eurosport sur GoogleThomas Tuchel a convaincu plus encore outre-Manche qu'il est bien l'homme de la situation à la tête des Three Lions. En rappelant au vestiaire sa feuille de route et ses principes à la mi-temps d'un match mal embarqué contre la Croatie. Les joueurs ont adhéré et les faits lui ont donné raison (4-2). La nouvelle version d'un collectif pour la suite de la compétition, qui plus est perfectible.
Messi-Mbappé, duel pour le record de Klose : "Mbappé a l'avantage de l'âge"
Video credit: Eurosport
Thomas Tuchel n'est pas le premier entraîneur de l'équipe d'Angleterre à passer une soufflante à ses joueurs à la mi-temps. La différence est que ses joueurs l'ont écouté, lui, quand ses prédécesseurs s'étaient heurtés à un mur. L'équipe qui chamboula la Croatie dès la reprise était un animal autrement plus dangereux que celui qui, par deux fois, avait baissé la garde et permis à son adversaire de revenir à sa hauteur. Les Three Lions s'étaient montrés dignes de leur surnom.
- Dates, heures : le calendrier complet du Mondial
- Le programme TV de la Coupe du monde 2026 avec tous les matches
- Tadej Pogacar est de retour : Suivez le Tour de Suisse sur Eurosport et HBO Max !
Le message était simple : "si nous perdons, nous perdrons en étant fidèles à nous-mêmes". Il fut écouté, et respecté à la lettre. La brise tiédasse des quarante-cinq premières minutes s'était transformée en un ouragan.
Tuchel ne manquait pas d'un certain culot. L'identité à laquelle il se référait n'était pas celle qu'on associe à l'équipe d'Angleterre depuis des lustres : solide, mais sans imagination ; batailleuse, mais souvent saisie par la peur de gagner ; meurtrière sur les coups de pied arrêtés, en panne de fantaisie et d'imagination quand il lui faut faire le jeu. Toujours dans le coup dans les grandes compétitions - jusqu'à ce que l'enjeu la tétanise.
Le "nous-mêmes" qu'il invoquait, c'est celui qu'il s'est donné pour mission de révéler à ses joueurs, et qu'on n'avait fait qu'entrevoir avant cette Coupe du monde, comme lorsque la Serbie fut terrassée 0-5 chez elle en septembre de l'année passée. Depuis, l'Angleterre s'était trop souvent recroquevillée sur elle-même. Elle avait peiné chaque fois que l'adversaire du jour était plus huppé que les faire-valoir rencontrés pendant les qualifications pour le Mondial. L'Uruguay avait ramené le nul de Wembley au mois de mars, et le Japon s'y était imposé.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/06/18/image-29d98a4e-67c4-4547-a2eb-2684cbfb0405.jpeg)
Marcus Rashford félicité pour son but lors d'Angleterre - Croatie à la Coupe du monde, le 17 juin 2026 à Arlington
Crédit: Getty Images
Trop tôt pour s'enflammer
Pour Tuchel, cela n'avait pas d'importance. On ne mesurerait le chemin parcouru qu'une fois que Kane et les siens auraient atterri aux Etats-Unis. Au vu de ce qu'on admira mercredi soir, l'Angleterre a bien plus avancé sur sa route que ce que l'on escomptait.
Ce qui inquiétera les adversaires à venir de cette nouvelle et séduisante Angleterre est qu'elle demeure perfectible. La Croatie a exposé ce qu'elle peut avoir de fragile en première période, en marquant deux buts de belle facture, mais qu'une défense plus sereine, mieux organisée n'aurait pas encaissés. Parallèlement , la Croatie a aussi révélé le verso de ces imperfections, un groupe qui croit en lui-même, capable d'élans irrésistibles, tant individuels - Bellingham - que collectifs - le mouvement qui mena au but de Marcus Rashford.
On dira qu'il est trop tôt pour s'enflammer, non sans raison. Bien souvent, les équipes qui vont au bout d'un grand tournoi sont celles qui ont su monter en puissance plutôt que celles qui ont démarré pied au plancher : l'Argentine de 2022, pas l'Espagne de 2006. Cette fois-ci, pourtant, le contexte est différent. Maintenant que le rival le plus dangereux de ce groupe l'a été écarté - et que la qualification pour les 32es de finale est quasiment assurée -, Tuchel va pouvoir gérer les matches à venir comme il l'espérait.
Pas seulement un tacticien hors-pair
Ce ne sont pas le Ghana et Panama qui l'empêcheront de dormir, au vu de qu'ils nous ont montré dans la nuit de jeudi. Le sélectionneur anglais va pouvoir faire tourner son effectif comme il avait promis de le faire. Les remplacements auxquels il a procédé face à la Croatie ont fourni une confirmation de ses intentions sur ce plan, une validation aussi: Spence, Saka et Rashford, tous trois entrés en jeu à la 72ème minute, furent les co-auteurs du quatrième but anglais inscrit treize minutes plus tard.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/06/18/image-1b3ef946-0cb9-4324-82a5-862adbde8939.jpeg)
Thomas Tuchel lors d'Angleterre - Croatie en Coupe du monde, le 17 juin 2026
Crédit: Getty Images
Ce n'est pas d'hier qu'on le sait. L'Angleterre avait besoin d'un libérateur, ce que Gareth Southgate (l'initiateur de cette incarnation des Three Lions, ne l'oublions pas) ne pouvait être. Question de tempérament. Tuchel n'est pas qu'un tacticien hors-pair ; il est aussi un passionné, un "fleur de peau" qui ne craint pas la confrontation et la recherche même parfois. Sa nationalité l'immunise contre le mal latent qui couve dans chaque entraîneur anglais, la peur de l'échec, et la conviction inavouée de son inévitabilité.
Comme Capello et Eriksson avant lui, Tuchel n'en souffre pas. Mais il n'est ni un garde-chiourme comme l'Italien, qui ne parlait quasiment pas un mot d'anglais, d'ailleurs, ni un diplomate trop épris de ses stars comme le Suédois. Pour être un libérateur, il faut commencer par être libre soi-même, ce dont l'Allemand a donné suffisamment de preuves dans le passé. Il faut aussi savoir communiquer - pas seulement ses instructions, mais aussi sa joie, et, quand il le faut, sa colère.
Il n'était pas dit que la greffe prendrait. Il n'est pas dit non plus qu'il n'y ait pas de phénomène de rejet plus tard, lorsque le contexte (y compris climatique) sera moins clément. Ce qui compte est que l'identité que Tuchel compte instiller en cette sélection anglaise n'est pas un leurre ou un vœu pieux et que, mercredi soir, c'est en l'embrassant que la victoire est née.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/09/24/image-0f5b5ecf-f8d6-4b24-8227-3e8855a17ca0-68-310-310.jpeg)