Coupe du monde 2026 - Le Brésil, vrai prétendant ou premier tour en faux-semblant ?

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Sorti indemne et sans difficulté d'une poule C qui s'annonçait pourtant périlleuse sur le papier, le Brésil a semblé monter en puissance au 1er tour de cette Coupe du monde 2026, dans le sillage d'un Vincius Junior enfin le patron de la Seleçao. Mais cela suffit-il à en faire un véritable prétendant à une sixième étoile ? Rien n'est moins sûr.

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Les doutes étaient suffisamment nombreux avant le début de la compétition pour ne pas saluer le premier tour plus que convaincant du Brésil. La perte sur blessure de Neymar, qui n'est revenu qu'au cours du troisième match ? Elle ne s'est pas fait sentir. L'absence de Joao Pedro, laissé à Londres ? Les trois buts de Matheus Cunha en phase de groupes ont rapidement refermé le débat. Et surtout, le Brésil peut enfin compter sur un Vinicius Junior métamorphosé. "C'est un footballeur extraordinaire, un gros travailleur et un battant, disait Ancelotti l'an dernier. S'il n'a pas encore montré son meilleur niveau sous le maillot du Brésil dans le passé, il va le faire désormais". Une fois encore, l'Italien avait vu juste.

Vinicius, l'incarnation de la révolution brésilienne

Depuis le début de ce Mondial, l'ailier du Real est, sans aucune discussion possible, le meilleur Brésilien. Auteur de 4 buts, impliqué dans 5 des 7 buts de la Seleçao, Vinicius traverse sans conteste la meilleure période de sa carrière en sélection. Comme si l'arrivée de Carlo Ancelotti sur le banc, son ancien entraineur au Real, l'avait enfin libéré, lui avait enfin permis de retrouver les mêmes sensations qu'en club. "Le fait qu’Ancelotti le connaisse bien aide énormément, expliquait la légende auriverde Zico dans un entretien accordé à la FIFA. Le sélectionneur fait tout pour le mettre dans les meilleures conditions possibles, et lui se montre décisif. Il a gagné en régularité, il fait ce qu’il a à faire". Et même plus, tant son influence dépasse largement le cadre des statistiques. Son apport se mesure surtout dans son investissement sans ballon, dans sa capacité à entraîner les autres dans son sillage.
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Vinicius ouvre le score face à l'Ecosse à la Coupe du monde

Crédit: Getty Images

"L'entraîneur veut que nous défendions d'abord, puis que jouions ensuite et je pense que c'est très important, surtout pour les attaquants, rappelait Rayan après le match contre l'Ecosse. C'est d'ailleurs ainsi que le premier but de Vinicius a été marqué, après une récupération sur un défenseur écossais". Sans renier totalement son héritage, le Brésil semble avoir accepté de tourner une page de son histoire. Le joga bonito demeure une part de son identité, mais il n'est plus une fin en soi. Cette Seleção est moins insouciante, moins romantique peut-être, mais infiniment plus cohérente avec les qualités de son effectif. Les artistes d'hier comme Zico, Sócrates, Rivellino ou Ademir laissaient parler un milieu de terrain d'exception. Celui d'aujourd'hui raconte une autre époque, où l'équilibre prime sur la virtuosité. Mais après les échecs de la Copa America 2024 (battu en quart par l'Uruguay) et aux Coupes du monde 2018 et 2022 (quarts de finale), la Seleçao est enfin redevenue une équipe.
Le but n'est pas de bien jouer mais de gagner
"Le but n'est pas de bien jouer mais de gagner, explique Carlo Ancelotti. Surtout, nous jouons maintenant comme une équipe. Tout n'est pas encore parfait mais nous nous sommes améliorés très rapidement et c'est important avant d'aborder les matches à élimination directe. Contre l'Ecosse, nous avons joué un match solide, avec moins d'erreurs que lors des matches précédents et on a été plus efficace en attaque. Mon équipe a montré une énorme volonté, de la qualité et du caractère. La plupart des buts marqués sont venus de tacles ou de perte de balle, ça en dit long sur l'attitude des joueurs". Et sur leur adhésion au projet mis en place par l'Italien sur cette Coupe du monde, où le Brésil rêve de renouer avec son glorieux passé et de glaner une 6e étoile. Même si la réalité du terrain peine encore à en faire un réel favori à la victoire finale. La faute notamment à la première demi-heure face au Maroc, le plus gros adversaire de la Seleçao dans le groupe C.
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"Le nul contre le Maroc n’était pas si surprenant au regard des performances récentes du Maroc, mais le Brésil s’est montré désorganisé et confus en début de match, ce qui était un peu inquiétant", relevait Zico, à juste titre. Jusqu'à l'égalisation de Vinicius, venue de nulle part sinon du talent individuel de la star madrilène, le Brésil s'était même fait manger par l'actuel champion d'Afrique 2026. L'intensité marocaine de tous les instants, leur pressing, leur jeu combiné a fait très mal à la Seleçao, incapable de reprendre le dessus ou de mettre réellement le pied sur le ballon. Le milieu de terrain Paqueta-Casemiro-Guimares affichait alors toutes ses largesses et ses faiblesses, Raphinha était loin de son niveau barcelonais alors que les latéraux brésiliens – Ibanez à droite et Santos à gauche – confirmaient les pires craintes qui les entouraient.
Les joueurs savent ce qu’il attend d’eux
"Mais petit à petit, les choses se sont mises en place : contre Haïti, on a vu une nette amélioration et c’était encore mieux contre l’Écosse", estime Zico. Le constat mérite toutefois d'être nuancé. Haïti et surtout l'Écosse n'ont jamais été à la hauteur des attentes. Les Écossais, annoncés comme les possibles trouble-fête du groupe, ont traversé leur Mondial comme des silhouettes sans relief, multipliant les erreurs de relance et offrant au pressing brésilien un terrain idéal pour s'exprimer. Difficile, dans ces conditions, de mesurer le véritable plafond de cette Seleção.
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"Ancelotti dispose d’une équipe bien rodée, il sait déjà sur qui il va s’appuyer, et les joueurs savent ce qu’il attend d’eux", poursuit le légendaire n°10 de Flamengo. A savoir jouer en équipe, ce qui a trop souvent manqué au Brésil au XXIe siècle. Et c'est peut-être là que réside la plus grande victoire de ce Brésil. Car les stars, la Seleção n'en a jamais manqué. Les artistes non plus. Vinicius n'est que le dernier héritier d'une lignée prestigieuse. Mais cette génération semble enfin avoir compris qu'au football moderne, le talent individuel ne suffit plus. Les titres se construisent désormais sur l'équilibre, les efforts communs et les automatismes, bien davantage que sur les fulgurances d'un seul homme.

Une renaissance qui demande confirmation

Mais les plus grandes renaissances ne s'accomplissent pas en un jour. Reste à savoir si celle du Brésil est déjà assez mûre pour le mener jusqu'au toit du monde en 2026, tant cette Seleção paraissait encore balbutiante et fragile il y a quelques mois. L'obstacle japonais, en seizièmes de finale lundi, fournira déjà des premiers renseignements qu'il faudra confirmer, le cas échéant, face à la Côte d'Ivoire ou la Norvège, en huitièmes. Avant de s'attaquer aux véritables favoris du Mondial. Mais en attendant la réponse, le football aime les symboles, et les Brésiliens plus encore.
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Face à l'Ecosse, Vinicius Junior est devenu le cinquième joueur de l'histoire de la Seleção à marquer lors des trois matches de poule d'une Coupe du monde, après Jairzinho en 1970, Romário en 1994, Ronaldo et Rivaldo en 2002. À chaque fois, le Brésil avait fini par soulever le trophée. Pour les supporters auriverde, ce n'est peut-être qu'un clin d'œil de l'histoire. Ou le premier chapitre d'une légende en train de s'écrire.
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