Coupe du monde 2026 - Marcel Desailly : "On l’aime notre Didier Deschamps, on aurait aimé qu’il reste"

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Marcel Desailly connaît Didier Deschamps sur le bout des doigts. L’ancien compère des Bleus et du FC Nantes clôt notre série sur les 14 ans de règne du sélectionneur des Bleus avec pudeur, tendresse et une grande reconnaissance. Un lien fort unit les deux hommes depuis 40 ans et Desailly regrette que son ami ait fait le choix de quitter le banc des Bleus.

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Video credit: Eurosport

Marcel Desailly et Didier Deschamps, c’est une histoire d’amitié profonde depuis 40 ans. Des débuts à Nantes aux triomphes en Bleus, les deux hommes ont émergé ensemble au FC Nantes. Un lien indéfectible les unit. Nous avons donc donné la parole à l’ancien défenseur central des Bleus pour clore cette série sur les 14 ans de Didier Deschamps à la tête de Bleus. De la pudeur, de la tendresse, de l’admiration et beaucoup de reconnaissance rythment cet entretien.
Quelle sont la nature de vos relations ?
M.D. : On se voit tous les deux mois. Je suis le parrain de son fils Dylan et c’était son anniversaire dernièrement si vous voulez tout savoir. Ce n’est pas pour ça qu’on se voit plus. Didier est occupé, j’habite ailleurs aussi. C’est toujours un plaisir de se parler au téléphone. On arrive à 60 ans, nous ne sommes pas deux petits jeunes qui s’appellent à longueur de temps pour dire : ‘J’ai fait du vélo…’
Comment le définiriez-vous ?
M.D. : C’est un leader, ça a été le capitaine de toutes mes sélections : U15, U19, en pro. Il a un truc particulier, un leadership inné. Je me suis inspiré de lui quand j’ai été le capitaine de Chelsea ou des Bleus. Il reste unique dans cette approche.
Est-ce que ça vous rend triste que ce soit la dernière compétition de Didier Deschamps sur le banc des Bleus ?
M.D. : Je ne vais pas si loin que ça parce qu’il y a encore une compétition à jouer. Avec la culture de la gagne et sa capacité à emmener ses équipes au bout et dans le dernier carré, je suis sûr que Didier va bien faire les choses. Peu importe si c’est sa dernière. Il nous aura donné deux étoiles, trois avec celle qu’il a eue en tant que joueur. Et grâce à lui, je ne me soucie pas de l’après. Vu la génération qui est en place, ce ne sera pas le vide derrière. Peu importe l’entraîneur qui viendra, la génération est fantastique. On pourra dire : ‘le roi est mort, vive le roi !’
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Marcel Desailly et Didier Deschamps après la finale de l'Euro 2000.

Crédit: Getty Images

Pourquoi est-il plus fort que les autres ? Pourquoi réussit-il tout le temps ou presque ?
M.D. : Dans son secteur d’activité, dans le coaching, il est dans le souci du détail, dans cette faculté à anticiper sur les choses.
Donc la "chatte à DD", c’est un pur fantasme ?
M.D. : Je fais attention avec ce terme ambigu (rires). On dit qu’il est chanceux mais non. Pourquoi il réussit ? Parce qu’il fait un changement de joueur qu’il sent quand il le faut, parce qu’il signe une préparation adéquate, parce qu’il a un staff technique autour de lui, parce qu’il inculque à ses joueurs une culture de la gagne. Quand vous êtes à la 89e, ça sert ! Vous vous rappelez du discours de votre coach qui vous dit de rester dans l’intensité, dans la répétition des efforts. C’est ça qui fait la différence. Le discours de Deschamps fait la différence. Il est ‘obsess’ (ndlr : obnubilé, hanté), je préfère le mot en anglais. A travers la gestion de tous les éléments qui composent une compétition, c’est là où il est fort.
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Didier Deschamps et la chance qui l'escorterait depuis tant d'années

Crédit: Getty Images

A-t-il la reconnaissance qu’il mérite selon vous ?
M.D. : La nature humaine a une faculté : celle d’oublier. On oublie son parcours, ce qu’il nous a apporté pour mettre le doigt sur des polémiques. Alors, on dit que l’équipe de France ne jouerait pas suffisamment, pas assez de possession. Juste après la finale de 2018… C’est un truc de fou ! On l’aime notre Deschamps, on aurait voulu qu’il reste parce qu’il a réussi à pérenniser le succès… Le prochain entraîneur aura beaucoup d’outils en main grâce à Didier, grâce au mental qu’il a donné aux joueurs pour performer.
Est-ce ce que vous faites des Bleus les favoris de cette Coupe du monde ?
M.D. : Oui, tout de suite, sans ambiguïté. Même si on peut imaginer que l’Espagne peut nous mettre en difficulté. On est certain que la France sera dans le dernier carré, c’est évident. Comme l’Espagne ou le Portugal. Il y a une vraie énergie autour des Bleus, on y croit.
Le premier match face aux champions d’Afrique sénégalais ressemble déjà à une épreuve.
M.D. : Une équipe africaine qui a des joueurs qui sont des premiers choix dans les équipes européennes, ça n’arrive pas souvent. Généralement, elles en ont deux ou trois. Là, il y en a six, sept ou huit voire plus. On a eu le Nigéria à une époque, le Ghana avec Essien, Boateng, Appiah… Tout de suite, ça relève le niveau. Cette équipe sénégalaise a ce qu’il faut. Je regarderai ce match avec une petite boule au ventre. Ça fait une grosse différence. C’est un vrai piège tendu. Dans ce premier match, on ne connaît pas son état physique… Est-ce qu’il y aura une gestion ou non ? Le Sénégal a une carte à jouer avec l’idée de répéter 2002 mais bon…
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Papa Bouba Diop, devant Youri Djorkaeff et Emmanuel Petit, marque le seul but du match France-Sénégal 2002.

Crédit: Imago

Le parallèle est si mauvais que ça ?
M.D. : C’est stupide, totalement. Les Bleus d’aujourd’hui étaient dans le berceau voire n’étiant pas nés. Il faut laisser ça de côté, il n’y a pas d’esprit de 2002 qui va revenir hanter les Bleus.
Mais si vous étiez favoris en 2002, vous aviez la meilleure attaque du monde et pourtant, vous chutez d’entrée contre le Sénégal. Si vous deviez donner un conseil aux Bleus d’aujourd’hui pour que ça ne se reproduise pas…
M.D. : (Il coupe) Mais c’est totalement différent. Aucun conseil. Faites ce qu’il y a à faire. Il faut faire en sorte que la préparation se passe bien. Nous, elle ne s’était pas bien passée. On avait joué contre la Corée du Sud trop près de notre premier match face au Sénégal. Zinedine Zidane se blesse, notre état d’esprit était négatif. Ce ne sera pas le cas de cette équipe de France. Il y a une forme d’insouciance dans cette équipe de France que j’adore et qui permet de balayer tout début de polémique.

Marcel Desailly échange avec Eurosport en tant qu’ambassadeur du programme #OnEveryCorner d’Enterprise, permettant aux fans en France de gagner une voiture lorsqu’un but est marqué sur corner. Pour participer : sur X avec #OnEveryCorner, #Sweepstakes et @Enterprise ou via OnEveryCorner.com du 11 juin au 19 juillet.
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