Coupe du monde 2026 - Opposée à l'Argentine pour son grand retour en quarts de finale, la Suisse confirme sa montée en puissance

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Pour la première fois depuis 1954, la Suisse s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du Monde, où elle affrontera l’Argentine dans la nuit de samedi à dimanche à Kansas City. Une performance qui s’inscrit dans une certaine logique, celle d’une sélection qui gagne en assurance depuis plusieurs années et qui défiera l’Albiceleste sans complexe.

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L’attente aura été longue. Soixante-douze ans après sa dernière participation aux quarts de finale de la Coupe du Monde, lors de l’édition 1954 (elle avait atteint ce niveau en 1934 et 1938) qu’elle avait organisée, la Suisse se retrouve dans le Top 8. La Nati, après avoir éliminé la Colombie (0-0, 4-3 aux t.a.b) en huitièmes de finale, se frottera à Kansas City à un autre adversaire sud-américain, certes bousculé par le Cap-Vert puis l’Égypte, mais qu’il faut encore et toujours considérer comme un des favoris du tournoi.
La mentalité suisse a évolué
Cette évidence, les Suisses la connaissent, mais cela ne semble pas les émouvoir outre mesure. Comme les autres quarts de finaliste, ils veulent étirer leur séjour aux Etats-Unis, et ils savent qu’ils ont les moyens de leurs ambitions, même face à une Albiceleste où Lionel Messi rayonne. "L’Argentine est le tenant du titre, c’est le favori, sur qui la pression sera forte. Pour la Suisse, être là ne doit pas être une fin en soi. C’est une belle performance d’avoir atteint les quarts, mais pas un exploit, résume Bernard Challandes, qui a entraîné la sélection espoirs et plusieurs clubs de son pays (Young Boys Berne, FC Zurich, FC Sion), ainsi que le Kosovo et l’Arménie. La mentalité suisse a évolué. On reste humble, mais il y a un état d’esprit plus conquérant, plus ambitieux."
La Suisse, qui a participé à toutes les Coupes du Monde depuis 2006 ainsi qu’à cinq des six dernières éditions de l’Euro, atteignant même les quarts de finale en 2021, doit désormais être considérée pour ce qu’elle est, à savoir une très bonne sélection européenne. "Si on se concentre sur l’équipe actuelle, on peut dire que nous avons la chance d’avoir une très bonne génération. On a des joueurs expérimentés, tels Xhaka, Akanji, Zakaria, Rodriguez, Sow, Embolo, Kobel, Elvedi, Freuler, Widmer ou Vargas, qui jouent tous dans des clubs européens du Top 5. La Suisse a bien travaillé dans le domaine de la formation, et comme son championnat est moyen, les meilleurs s’exilent dans les grands championnats et progressent vite", intervient l’ancien international Alexandre Comisetti (30 sélections), passé notamment par Auxerre, Le Mans et les Grasshopper Zurich.
"Ils ont plusieurs grandes compétitions derrière eux, se connaissent très bien, et cette osmose, où viennent se greffer des jeunes très prometteurs tels Manzambi ou Jashari", complète Comisetti. Une sélection devenue beaucoup plus pragmatique et consciente de ce qu’elle est capable de réaliser à l’échelon international, et ayant abandonné "ses complexes", comme le souligne Bernard Challandes.
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Yakin a su imposer son style et ses méthodes

"En fait, on a souvent eu l’image du footballeur suisse discipliné, rigoureux, poli. Depuis quelques années, nous avons des joueurs originaires des Balkans, d’Afrique, et chacun apporte quelque chose. Xhaka, par exemple, a un fort caractère. Il a une incroyable grinta, c’est un guerrier. D’autres vont apporter un côté créatif. Bref, c’est un mélange qui fonctionne très bien", poursuit Alexandre Comisetti. Le sélectionneur, Murat Yakin, nommé en 2021 afin de succéder à Vladimir Petkovic après l’Euro, a réussi à créer cette osmose, après avoir été vertement critiqué en raison de certains de ses choix et de l’élimination en huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2022 au Qatar face au Portugal (1-6).
L’ancien milieu de terrain de la Nati, dont les relations avec le capitaine Granit Xhaka, réputé très proche de Petkovic, n’avaient pas spécialement bien commencé, a su imposer son style et ses idées. "C’est quelqu’un d’assez tranquille, mais qui a une grande confiance en lui et qui sait ce qu’il veut. Il a fait comprendre que c’était lui le patron, qu’avec lui on jouerait de telle façon, et on a vu, notamment lors de la phase de qualifications, qu’il a vraiment trouvé son équipe", ajoute Bernard Challandes. La Nati avait assez largement dominé son groupe, composé du Kosovo (4-0, 1-1), de la Slovénie (3-0, 0-0) et de la Suède (4-1, 2-0), sans perdre une seule rencontre et en proposant souvent un football offensif.
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Murat Yakin, sélectionneur de la Suisse lors de la Coupe du monde 2026

Crédit: Getty Images


On peut battre l’Argentine
L’obstacle argentin, même s’il est élevé, ne semble plus insurmontable de l’autre côté des Alpes. Si la tendance est à la retenue, certains savent qu’une qualification pour les demi-finales est tout sauf une utopie. "Oui, je pense que nous pouvons battre l’Argentine, qui a été mise en difficulté par le Cap-Vert et l’Egypte, ce qui prouve qu’elle n’est pas sans failles", assure Comisetti, en rappelant que la Nati, en 2014, n’avait cédé que dans les dernières minutes de la prolongation face aux sud-américains en huitièmes de finale de la Coupe du Monde au Brésil.
"Il y a quelques années, on aurait dit que la Coupe du Monde est réussie avec ce quart de finale. Aujourd’hui, on ajoute qu’on peut encore aller plus loin", termine Bernard Challandes. Une nuance qui en dit beaucoup...
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