Coupe du monde 2026 - Personne n’y échappe : Comment l'Argentine est devenue reine du money time

Eurosport sur Google

Le Cap-Vert, l'Egypte, la Suisse, l'Angleterre. Depuis le début de la phase à éliminations directes, l'Argentine écœure un par un ses adversaires par ses renversements de situations et ses buts tardifs. Comment l'Albiceleste fait-elle systématiquement sauter le verrou adverse dans le money time ? Eléments de réponse.

Messi c'est 'Goatesque' : "En cas de titre dimanche, le débat peut être clos"

Video credit: Eurosport

C'est devenu une habitude. Une marque de fabrique. Depuis le début de la Coupe du monde, aucun adversaire de l'Albiceleste n'a échappé au couperet du but argentin dans le dernier quart d'heure, ou en prolongations. Le champion du monde en titre a d'abord fait le break ou alourdi la marque dans les derniers instants de ses matches de poules face à l'Algérie (3-0, 76e), l'Autriche (2-0, 95e) ou la Jordanie (3-1, 80e). Puis les hommes de Lionel Scaloni ont basculé dans la dramaturgie permanente à partir de la phase à éliminations directes.
Ils ont marqué deux fois en prolongations contre le Cap-Vert en 16es, trois fois à partir de la 79e minute contre l'Egypte en 8es, deux fois en prolongations contre la Suisse en quarts, et deux fois à partir de la 85e contre l'Angleterre en demies. Sur 19 buts, quatre l'ont été inscrits dans le temps additionnel (celui des prolongations compris), et 11 dans le dernier quart d'heure. Mais comment font-ils ?

Corners et centres à gogo

Thomas Tuchel, attaqué de toutes parts pour avoir empilé les défenseurs après avoir ouvert le score en demi-finale, s'est défendu en expliquant avoir voulu répondre, entre autres, aux multiples centres argentins. Cela n'a pas fonctionné mais son observation n'était pas dénuée de sens : l'égalisation d'Enzo Fernandez est venue d'un corner joué à deux, le but de la victoire de Lautaro Martinez d'un centre déposé par Lionel Messi.
Avant sa finale de dimanche contre l'Espagne, l'Argentine est la deuxième équipe à avoir réalisé le plus de têtes dans la compétition (22), et enregistre le troisième meilleur taux de réussite sur ses centres (33%). Ce fut flagrant face à l'Egypte, avec un caviar de Messi pour Cristian Romero sur la réduction du score, une égalisation de la Pulga au bout d'un cafouillage qu'il avait lui-même initié par un ballon dans la boite, et le but de la délivrance sur un centre somptueux de Lautaro Martinez pour Enzo Fernandez. Face au Cap-Vert, les buts du 2-1 et du 3-2 étaient, eux, venus sur corners.

Des remplaçants impactants

Dix-sept champions du monde de 2022 ont été rappelés par Lionel Scaloni pour ce Mondial 2026. On peut reprocher au sélectionneur argentin sa difficulté à se détacher émotionnellement de ses troupes présentes au Qatar, mais celles-ci le lui rendent bien. Lautaro Martinez, qui a perdu sa place de titulaire, a inscrit deux buts et délivré une passe décisive en sortie de banc.
Gonzalo Montiel, auteur du tir au but de la gagne en finale contre les Bleus, a lui aussi délivré un "assist" après être entré en jeu, alors que Lionel Messi, remplaçant, avait marqué en fin de rencontre face à la Jordanie. Et il y a même de la place pour les "petits nouveaux" comme Nico Gonzalez et Jose Lopez, qui n'étaient pas du voyage au Qatar mais qui ont délivré des ballons de buts après leurs entrées. Au total, les remplaçants ont pesé quatre passes décisives et trois buts. Et Lautaro Martinez, dernier supersub en date, a offert une deuxième finale de suite à son pays. Rien que ça.

Quelque chose qui ne s'explique pas

Il y a du Real Madrid dans cette Argentine. A l'image du supplément d'âme et des renversements de situations qui sont devenus la marque de fabrique des Merengue en Ligue des champions, en particulier lors d'une mythique campagne 2021-2022, l'Albiceleste est accompagnée d'une force supérieure, quasi mystique. On ne parle pas (que) de Lionel Messi et de sa capacité à se sublimer quand l'air vient à manquer, mais de cette façon d'entrer dans la tête de ses adversaires à mesure que le chrono tourne.
De cette hargne souvent démesurée, de ces larmes qui coulent systématiquement sur les joues argentines au terme de ces scénarios fous. De tout ce qui a fait que l'Egypte, au bord du plus grand exploit de son histoire, s'est écroulé en 14 minutes, que l'Angleterre s'est reniée de manière spectaculaire en deux fois moins de temps, que le Cap-Vert et une Suisse réduite à 10 ont fini par craquer en prolongations. Toutes ces choses qui ne s'expliquent pas. Mais qui expliquent tout.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité