Coupe du monde 2026 - "Pour renverser des matches, il serait plus utile" : Cherki est-il toujours le supersub idéal ?

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Auteur d'une entrée en jeu ratée contre le Sénégal, Rayan Cherki a encore divisé après avoir eu le droit à plus de temps de jeu face à l'Irak. Alors qu’il n'est pas favori pour débuter face à la Norvège vendredi (21h), celui qui semblait être le 12e homme idéal est-il vraiment fait pour ce rôle de supersub ? Comme trop rarement à son sujet, tout est dans la nuance…

Cherki mérite-t-il d'être titulaire face à la Norvège ?

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Rayan Cherki ne laisse jamais personne indifférent. Parce qu'il est capable de tours de magie comme de pertes de balles dangereuses, chacune de ses apparitions est disséquée. Ses admirateurs sont suspendus à un nouveau coup de génie, ses détracteurs attendent le moindre ballon gardé trop longtemps. Quelque part, au milieu de tout cela, se situe la réalité.
En ce début de Coupe du monde, la sienne est celle d'un remplaçant, comme attendu. Sa titularisation convaincante face à la Côte d'Ivoire, en préparation, semblait lui avoir assuré un statut de 12e homme idéal. De "supersub" à même de secouer le cocotier si besoin, ou de porter le coup de grâce. Mais en ce début de compétition, l’excitation née de son but face aux Elephants est nettement retombée.
Il y a d'abord eu cette entrée très moyenne lors du dernier match amical avant de s'envoler pour Boston, face à l'Irlande du Nord, où l'une de ses pertes de balles au milieu de terrain avait coûté un but aux Bleus. L'histoire aurait pu se répéter face au Sénégal, alors qu'une erreur de relance de sa part avait presque débouché sur un but contre son camp d'Aurélien Tchouaméni.
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Pour tenir un score, pas sûr que ce soient les meilleures conditions
L'ancien Lyonnais a eu droit à une entrée plus précoce face à l'Irak lundi, dans la foulée du troisième but des Bleus. Cette fois, ses vingt grosses minutes ne furent pas ratées, mais inégales. Il y eu du bon, voire du très bon, avec des ballons intéressants donnés à Lucas Digne (80e, 82e), une louche géniale pour Kylian Mbappé (80e) et même deux ballons récupérés. Mais aussi du plus délicat, avec cinq ballons perdus sur 28, dont un, encore une fois, dans une zone très dangereuse devant la surface de réparation. Et nous revoilà donc au point de départ : l'entrée en jeu de Cherki a divisé.
Faut-il en déduire qu'il est meilleur lorsqu'il démarre que lorsqu'il entre en jeu ? S'il a fatalement beaucoup plus de temps pour monter en régime sur 90 minutes, le raccourci est un peu facile. Cherki a inscrit 23% de ses buts (9 sur 40) et délivré 24% de ses passes décisives (15 sur 62) en sortie de banc depuis le début de sa carrière, sur une centaine d'entrées en jeu. Ces situations-là, il les connaît parfaitement, alors que Pep Guardiola ne lui a jamais garanti une place dans le onze pour sa première année en Angleterre.
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Par ailleurs, son profil de dynamiteur imperméable à la pression est idéal lorsque son équipe doit absolument marquer, et quel meilleur souvenir pour l'affirmer que celui de sa première apparition fracassante en sélection contre l'Espagne, en Ligue des Nations, où il avait cumulé un but et une passe décisive en 27 minutes ? Or, Cherki reste sur trois entrées lors desquelles les Bleus avaient une avance à gérer. Et il ne faut pas oublier qu'il fait partie de ces offensifs qui ont des choses à prouver, des points à gagner, à chaque entrée. "Il a besoin qu'il y ait des situations de jeu. Pour renverser des matches, il serait peut-être plus utile, nous confirme Amaury Barlet, l'un de ses formateurs à l'OL. Quand il faut rentrer sur des projets plus défensifs, pour tenir un score, conserver le ballon, je ne suis pas sûr que ce soient les meilleures conditions pour qu'il s'exprime".
Si le milieu offensif a franchi de vrais paliers la saison dernière à Manchester City, dans la compréhension du jeu comme la sélection des moments où tenter des gestes plus osés, cette sensation que le joueur de 22 ans a besoin d'un contexte idéal pour s'épanouir demeure. Car contrairement à ce que l'on peut penser, Cherki ne peut exister sans les autres sur un terrain. En tout cas, sans certains profils.
Il a besoin d'attaquants qui font des courses
"Rayan, il a besoin d'être dans un projet de jeu où il y a une certaine liberté dans les déplacements, et où il y a des attaquants qui sont capables de faire beaucoup de courses dans la profondeur, poursuit Amaury Barlet. Ça, ce sont des conditions qui vont lui permettre d'être le plus performant. A City, il a créé de grosses connexions avec certains joueurs". Et notamment avec un certain Erling Haaland, qu'il retrouvera vendredi.
Contre l'Irak, on l'a vu briller sur des appels de Digne et Mbappé. Un peu moins lorsqu'il se marchait sur les pieds avec Désiré Doué, entré en jeu en même temps que lui, puis lorsque Bradley Barcola a quitté la pelouse quelques minutes plus tard pour un autre joueur de ballon plutôt que d'espaces, Maghnes Akliouche.
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Reste aussi ce problème de perception qui accompagne ses performances depuis le début de sa carrière. Un joueur qui tente autant ne peut prétendre à du zéro déchet : allez demander à Lamine Yamal et ses 20 ballons perdus par match en moyenne en Liga la saison dernière. La comparaison avec l'entrée en jeu de Doué est d'ailleurs assez intéressante : le Parisien n'a donné aucune passe clé (1 pour Cherki), n'a tenté aucun dribble (2 pour Cherki), a perdu 4 ballons (5 pour Cherki) et n'a disputé aucun duel (2 remportés sur 3 pour Cherki).
Pourtant, il semble plus à l'abri des critiques, parce qu'il réclame moins, et parce qu'il choisit parfois mieux ses zones pour prendre des risques. "Il a une étiquette qu'on a du mal à lui enlever, résume Amaury Barlet. Il est beaucoup mis en avant dans les médias, il y a une forte attente autour de lui. Mais il suffit d'un match où il fait basculer une situation en faveur des Bleus…" Au hasard, contre la Norvège ?
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