Coupe du monde 2026 | "Si on est malins… " : Les pauses fraîcheurs sont-elles surtout tactiques ?

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C'est l'une des grandes nouveautés déployées lors de ce Mondial 2026. Une pause fraîcheur de trois minutes vient couper chaque période en deux lors de chacun des matches de la Coupe du monde. Si l'intérêt est limité voire contre-productif pour les joueurs lorsque les températures sont supportables, les sélectionneurs, eux, y voient pour beaucoup une aubaine. Explications.

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Les joueurs sont prévenus. Qu'ils ne s'amusent plus à tarder sur une touche ou un six mètres, au risque de voir le ballon être rendu à leur adversaire. Qu'ils ne traînent plus des pieds au moment de sortir, s'ils ne veulent pas que leur remplaçant soit contraint d'attendre le prochain arrêt de jeu pour rentrer. Qu'ils oublient toute envie de simuler, puisque chaque blessure, feinte ou non, entraînant un arrêt de jeu, laissera leur équipe à dix contre onze pendant au moins une minute. Tout est fait pour augmenter le temps de jeu effectif, on vous dit. Tout, sauf les pauses fraîcheurs.
Autre grande nouveauté de ce Mondial, ces "hydration breaks" systématiques ont transformé les deux périodes en quart temps. Qu'importe que la température ne soit pas si élevée ou que le stade concerné soit climatisé. En moyenne, plus de trois minutes de coupures viennent casser le rythme de chaque période, permettant au moins autant aux diffuseurs de vendre des espaces publicitaires qu'aux joueurs de s'hydrater. Au-delà de la question éthique de savoir pour qui elles ont vraiment été créées, mais aussi de l'avis du téléspectateur dans tout cela, ces pauses fraîcheurs ouvrent un autre débat : à qui profitent-elles sur le terrain ?
"Pour moi, c'est davantage une pause coaching qu'une pause fraîcheur, a estimé Rudi Garcia avant le match nul de la Belgique contre l'Egypte lundi (1-1). Si on est assez malins, cela peut avoir un impact". Avant l'entrée en lice des Bleus contre le Sénégal, Didier Deschamps ne disait pas le contraire. "Pendant trois minutes, avoir les joueurs proches laisse la possibilité de pouvoir modifier des choses par rapport aux 22, 23, 24 minutes qui se sont écoulées (…) Tout dépend si l'équipe est dans un temps fort ou un temps faible. On s'adapte".
Beaucoup semblent déjà en avoir profité jusqu'ici. L'Ecosse et l'Australie ont ouvert le score lors de leur premier match peu après une coupure. Le Canada a égalisé face à la Bosnie dans un contexte similaire, tout comme la Corée du Sud a inversé la dynamique de son match contre la République tchèque. Difficile, évidemment, d'établir un lien de causalité dans chacun des cas. Mais certains sont plus clairs que d'autres.
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Pour le Brésil et l'Allemagne, une aubaine

"Quand vous êtes un peu plus en difficulté, ça vous permet de reprendre un peu un second souffle, de régler deux ou trois petits détails. Ce soir, vu la première période qu'on a faite, ça nous a quand même aidé", a ainsi reconnu le sélectionneur de la Côte d'Ivoire, Emerse Faé, après sa victoire difficile contre l'Equateur (1-0). Le Brésil, complètement étouffé par le Maroc dans la première demi-heure du premier choc de la compétition, en a aussi profité pour reprendre ses esprits et égaliser six minutes après la reprise en première période. Mais l'exemple le plus marquant concerne certainement l'Allemagne, en difficulté face à un Curaçao accrocheur et revenu à 1-1 avant la première pause fraîcheur. Et qui a complètement explosé ensuite.
"Le Curaçao a joué en losange aujourd'hui, et nous avons ajusté notre manière d'attaquer avant la pause fraîcheur, a tempéré le sélectionneur Julian Nagelsmann en conférence de presse. Cette pause a en fait été utile pour simplement réexpliquer ce que nous avions déjà ajusté sur le tableau".
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 Si les coaches y voient donc globalement un vrai intérêt, à l'exception peut-être d'un Mauricio Pochettino qui les a qualifiées d'"inutiles" en cas de températures correctes, les joueurs sont plus mesurés, voire réticents à l'idée. "S'il fait vraiment chaud, c'est bien. Mais, à mon avis, il faudrait analyser chaque match individuellement", s'est ainsi exprimé Virgil van Dijk. Juan Mata, champion du monde avec l'Espagne en 2010, est plus direct encore.
"En tant que joueur, je ne trouve pas ça génial, a-t-il déclaré à ITV Sport. Quand on perd, on veut marquer, et quand on gagne, on veut garder le ballon. Je pense que ça casse le rythme". Difficile de le contredire, alors que le temps de jeu effectif par rapport aux précédentes compétitions est en baisse. D'ailleurs, l'UEFA et la LFP ont annoncé dans L'Equipe qu'elles n'imiteraient pas la FIFA à l'avenir. Et que les choix continueront de se faire au cas par cas, en fonction des conditions climatiques. Ce qui semble, en effet, tellement logique.
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