Coupe du monde 2026 - Une faille en charnière, l'art des transitions : on a revu les matches du Maroc

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L’équipe de France retrouvera le Maroc, jeudi (22h) en quarts de finale de la Coupe du monde, trois ans et demi après avoir éliminé les Lions de l’Atlas en demie au Qatar. Désormais entraîné par Mohamed Ouahbi, le champion d’Afrique "officiel" a bien changé depuis. Portrait-robot d’un prétendant au sacre, après avoir revu tous ses matches à la loupe.

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Sous pression, un Maroc pas toujours serein

Qu'on se le dise, le Maroc s'en est sorti avec un 3-0 très flatteur face au Canada en 8es de finale. Pour une raison très simple : pendant plus d'une mi-temps, les hommes de Jesse Marsch ont totalement empêché les Lions de l'Atlas de repartir de l'arrière. Tout le milieu de terrain marocain a été neutralisé en première période et le jeu long d'Issa Diop, ex-défenseur central de Toulouse, n'est pas toujours un modèle du genre. Azzedine Ounahi, Neil El Aynaoui ou Redouane Halhal ont ainsi rendu des ballons très dangereux, un sujet qui n'a pas concerné que ce 8e de finale. Achraf Hakimi face au Brésil, Issa Diop ou El Aynaoui contre l'Ecosse, ont perdu le cuir dans des zones très chaudes.

L'art des transitions…

C'est l'un des immenses points forts, si ce n'est l'arme fatale, des Marocains : les contres et projections rapides. Les hommes de Mohamed Ouahbi font partie des équipes ayant le plus marqué en contre-attaques (3), et réalisant le plus d'appels en profondeur. Les buts inscrits face au Canada furent un modèle du genre : deux passes après un six mètres rapidement joué ont suffi à trouer le bloc adverse et obtenir le coup franc de l'ouverture du score, avant deux contres supersoniques en fin de match pour tuer la rencontre. Deux passes après une récupération au milieu de terrain avaient également abouti à l'ouverture du score face au Brésil. L'agressivité des Lions de l'Atlas et leur impact au duel, particulièrement marqué face aux oppositions les plus relevées (Brésil, Pays-Bas), ainsi que leur goût pour le pressing, sont de vrais atouts pour lancer ce type d'actions.
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… et un amour modéré pour la possession

A l'inverse, les Marocains ne sont pas les plus brillants lorsqu'ils doivent faire la différence sur attaques placées, ce qui fut notamment criant face à l'Ecosse après avoir ouvert le score de façon très précoce. Le champion d'Afrique "officiel" a enregistré une possession favorable lors de tous ses matches à l'exception de son entrée en lice contre le Brésil, où il a livré l'une de ses meilleures mi-temps de la compétition en étouffant son adversaire par séquences.
Face aux Pays-Bas, les hommes de Ouahbi ont enregistré 79% de possession en seconde période, où les deux grosses occasions d'Achraf Hakimi sont venues… de transitions. L'égalisation d'Issa Diop fut la seule situation intéressante en attaque placée – avec un oubli de Virgil van Dijk au marquage – et les 83% de possession de balle en prolongations ont débouché sur une seule occasion. Autrement dit, le Maroc n'ira pas forcément à la guerre pour avoir le ballon. Et a jusqu'ici souvent été capable de défendre son but sereinement.
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La charnière comme point faible, une paire de latéraux 5 étoiles

Alors que Nayef Aguerd a déclaré forfait pour le Mondial et que Romain Saïss a annoncé sa retraite internationale après la CAN, la défense centrale ressemble au gros point faible marocain au moment de faire le tour des individualités, a fortiori depuis la blessure de Chadi Riad, incertain après sa blessure face aux Pays-Bas et déjà absent face au Canada. Son remplaçant Redouane Halhal n'a vraiment pas rassuré lorsqu'il a joué alors qu'Issa Diop, à l’attitude discutable sur le but de Cody Gakpo en 16es, ne ressemble pas encore à un leader dans cette charnière, qui profite derrière elle d'un Yassine Bounou qui fait toujours très bien le job. Si Noussair Mazraoui était réaxé, il pourrait apporter plus de sécurité.
Avant de savoir si l'ancien joueur du Bayern dépannera dans l'axe contre les Bleus, force est de constater que son apport comme "faux latéral gauche" est réel. Très souvent positionné à l'intérieur en phases de possession, pour permettre à Ounahi, Bilal El Khannouss ou un autre d'être touché sur la largeur, le défenseur de Manchester United est précieux dans les duels et initie régulièrement des situations de contre par ses récupérations axiales et ses relances bien senties. De l'autre côté, Achraf Hakimi arpente le couloir droit et bien plus que cela, n'hésitant pas à finir certaines actions dans la surface adverse comme il le fait au PSG, à l'image de sa prestation face à Haïti. Avec une limite : c'est régulièrement de son côté, si les compensations ne sont pas assez efficaces, que le danger vient. Mais à l'inverse, il est un poison en transitions et sur ses appels tranchants.
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L'interrogation Saibari, le paradoxe Brahim Diaz

Sorti avant même la demi-heure de jeu contre le Canada à cause d'un pépin à la cuisse, Ismael Saibari est, avec Riad, l'autre grosse interrogation concernant le onze que présentera le Maroc face aux Bleus. Et quelle interrogation. Le nouveau joueur du Bayern Munich fut l'arme fatale de son équipe dans sa position inhabituelle de faux numéro 9, avec trois buts, des appels en profondeur, mais aussi et surtout une capacité à décrocher et briller techniquement dans les petits espaces. Son remplaçant probable, Soufiane Rahimi, ne possède pas ce bagage technique, mais est aussi un avaleur d'espace et un recours fiable : il avait marqué lors de ses entrées contre Haïti et le Canada.
Un cran derrière, Brahim Diaz vit une compétition paradoxale. On le voit peu, voire très peu durant les rencontres, mais il est régulièrement décisif. Il a cumulé quatre passes décisives jusqu'ici (2e total de la compétition) dont deux contre le Canada, où il n'a pourtant réussi que… 15 passes au total dans la rencontre. Pour le reste, le double pivot Ayyoub Bouaddi – Neil El Aynaoui est capable d'évoluer à un niveau très élevé, comme face au Brésil dans un match "ping pong", tout comme Azzedine Ounahi, bien plus inspiré en sélection qu'en club.
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