Coupe du monde - Après France - Paraguay - Les Bleus ont trouvé autre chose que leur talent

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Dans la fournaise de Philadelphie, l’équipe de France est venue à bout du Paraguay en convoquant des ressources nouvelles. Face à la provocation, les Bleus ont répondu par le sang-froid et la maîtrise. Ils ne savent pas qu’être beaux. Samedi, ils ont changé de peau pour répondre à un nouveau défi. Le genre de métamorphose qui peut les emmener loin dans la compétition.

Percussion, simplicité, dépassement de fonction... Qu'a-t-il manqué aux Bleus ?

Video credit: Eurosport

De notre envoyé spécial à Philadelphie,
La France a perdu une finale de Coupe du monde parce que son meilleur joueur a disjoncté, elle en a perdu une autre pour avoir cédé face à l’intensité et à la grinta adverse. Le Paraguay n’est ni l’Italie 2006 ni l’Argentine 2022 mais le 8e de finale arraché la bave aux lèvres samedi dans la fournaise de Philadelphie va faire grandir d’un coup une génération dont on savait qu’elle avait du talent mais dont on ignorait qu’elle avait autant de caractère. Et par caractère, il faut entendre les idées claires, le sang-froid et le sens des priorités.
Pour ne pas céder aux provocations constantes des Paraguayens et pour ne pas se révolter contre l’injustice évidente d’un arbitre laxiste pour ne pas dire inconscient, ces Bleus ont dû prendre sur eux. Kylian Mbappé, cible des attaques adverses, fut à ce titre et encore une fois un modèle de résilience. Préférant sourire face aux charges intentionnelles et répétées plutôt que de sortir de son match.
ils ont répondu aux provocations par un sourire et c’est la meilleure des réponses
Face au survolté Galarza, qui l’a coincé au poteau de corner avant de lui asséner un tacle et de lui balancer un coup d’épaule, Mbappé est resté droit. "La France a su rester calme, ne pas perdre le contrôle et ne pas tomber dans le piège, a analysé Zlatan Ibrahimovic au micro de la Fox. J’aurais pris quatre cartons rouges dans cette rencontre. Ils ont montré du calme et ils ont répondu aux provocations par un sourire et c’est la meilleure des réponses."
Il ne faudra pas oublier le manque de liant en attaque, de jus aux quatre coins du terrain et les prestations individuelles complètement ratées de Bradley Barcola ou Michael Olise. Mais il n’est pas certain que tout ceci en dise plus sur le réel potentiel de ces Bleus que la réponse qu’ils ont donnée dans le combat. Jusqu’ici, ils avaient offert suffisamment de certitudes dans le jeu pour qu’on ne doute pas d’eux pour la suite. Samedi, c’est un autre visage qu’ils ont montré au monde.
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Bagarre lors de France - Paraguay

Crédit: Getty Images

Toutes les autres équipes sont passées par là, pas nous
"On a rappelé à tout le monde que l'équipe de France ce n'est pas que le football, si vous voulez faire la guerre, voilà à quoi vous attendre", a résumé Rayan Cherki avec le sens de la formule qui le caractérise. Didier Deschamps connaît trop la Coupe du monde et ses parcours à suer pour ne pas situer les vrais enseignements de ce match : "C’est une bonne chose de gagner comme ça, s’est félicité le sélectionneur au micro de BeIn Sports. Jusqu’ici, on a gagné avec deux ou trois buts d’écart. C’est bien d’être dans le dur, de passer par là. Toutes les autres équipes sont passées par là, pas nous."
L’Espagne et l’Argentine en ont bavé face au Cap Vert, l’Angleterre a cru voir son heure arriver face à la République Démocratique du Congo, le Portugal est passé tout près de la porte contre la Croatie et le Brésil a lutté face au Japon. On ne gagne pas une Coupe du monde avec un cigare dans la bouche. Les Français avaient plus de marge mais les conditions climatiques et la rugosité très limite de leurs adversaires ont bien failli la réduire à néant.
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"Le problème c’est l’arbitre, pas le Paraguay"

Video credit: Eurosport

ça va nous servir pour la suite
"Ce n’est pas facile de garder la maîtrise face à de tels évènements, ça va nous servir pour la suite", a prévenu le sélectionneur. Comme l’Argentine en 2018, au même stade des 8es, cette victoire pourrait servir de bascule. Non pas parce que les Bleus avaient besoin d’un élan ou d’un acte fondateur mais parce qu’elle les révèle aux autres et à eux-mêmes. "S’il faut mettre les mains dans la merde, on mettra les mains dans la merde. On sait faire le sale football", a résumé le capitaine Mbappé, décidément habité par sa fonction.
Disons-le tout net, il vaudrait mieux, tout de même, que le curseur se déplace à nouveau vers ce qu’ils savent faire de mieux. Cela tombe bien, le Maroc est l’autre équipe enthousiasmante de cette Coupe du monde. Mais on ne sait jamais, si toutefois les Lions de l’Atlas voudraient pourrir la rencontre, ils savent que les Français savent aussi répondre à ce genre d’équation. Ils n’ont pas remporté qu’un 8e samedi, ils ont aussi gagné la conviction qu'ils peuvent survivre à un match dont ils ne maîtrisent pas tous les paramètres. Dans un Mondial, c'est souvent ce qui sépare les équipes séduisantes des futurs champions du monde.
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