Curaçao, Jordanie, Irak : quelle est la pire équipe des 48 nations de la Coupe du monde 2026 ?
Eurosport sur GoogleIl ne fait pas que des malheureux, cet élargissement du Mondial à 48 équipes. Loin des ambitions de titre, bon nombre de sélections qui vont aux Amériques espèrent grappiller au minimum un point, le premier en Coupe du monde pour certains, ou plus. Qui sait ? Sans chercher à les enterrer d'avance, voici un tour d'horizon des tout petits poucets. Avec un douloureux élu à la clé.
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Deux, ou trois mondes d'écart, pour une même compétition. Ce Mondial 2026 sera celui du grand déséquilibre, entre des mastodontes historiques et de toutes "petites" sélections, dont quatre vont découvrir la Coupe du monde : la Jordanie, l'Ouzbékistan, Curaçao et le Cap-Vert. Deux d'entre elles figurent dans notre classement des équipes que l'on n'attendra pas. Voici nos cinq élues, de la plus "forte" (n°5) à celle que l’on a le moins estimé (n°1). Ce qui n'est qu'une invitation à créer la surprise que toutes, ci-dessous, espèrent.
5. Curaçao miraculé, vraiment ?
Même pas indépendants, même pas peur. Non, Curaçao, 156 000 habitants, ne serait pas de la partie si le Mondial était resté une compétition pour trente-deux équipes. Oui, pourtant, sa sélection nationale a mérité sa place, en sortant vainqueure d'un groupe de qualifications où figuraient, certes, Trinité-et-Tobago et les Bermudes, mais aussi la Jamaïque, autrement plus solide et expérimentée. D'un point, les Curaciens l'ont devancée. Et les voilà projetés dans la poule de l'Allemagne, l'Équateur et la Côte d'Ivoire. Si on ne donne pas cher de leur peau, impossible de les placer plus bas dans ce classement. Voici pourquoi.
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Tahith Chong célèbre son but face à l'Ecosse en amical.
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- Pourquoi si bas ?
Une découverte totale. Déjà, parce que la sélection curacienne va découvrir le Mondial. Et que ses repères à l'international sont proches du néant, si l'on excepte une victoire-référence face à Hull City (D2 anglaise) en 2024, qui n'en est évidemment pas une. Face à l'Argentine, l'année précédente, elle s'était inclinée 7-0.
La forme récente. Celle-ci n'a rien de moins inquiétant, puisque Curaçao a perdu trois des quatre matches qu'elle a disputés en 2026 : trois amicaux, face à la Chine (0-2), l'Australie (1-5) et l'Écosse, fin mai (1-4). Même si Curaçao avait mené au score face aux Écossais, avant de céder bien comme il faut à la suite d'un carton rouge.
- Les motifs d'espoir
Tahith Chong. Le seul joueur né et élevé sur l'île parmi les 26 appelés est aussi le meilleur élément du groupe. On a apprécié le rush de cet ancien espoir de Manchester United, aujourd'hui à Sheffield United (D2 anglaise), pour aller marquer face à l'Écosse. Et sa coupe façon Carlos Valderrama.
Dirk Advocaat, le sélectionneur. Passé trois fois à la tête des Pays-Bas, mais aussi de la Belgique, avec une incroyable carrière de globe-trotter-entraîneur. L'exploit qu'il vient de réaliser d'emmener Curaçao au Mondial fera date, à 78 ans. La patte du haut niveau, pour un effectif qui n'y est pas encore.
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"Avec Tchouaméni, il y a toujours un oui mais..."
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4. Jordanie : Al-Tamari, bon point... C'est tout
Au jeu des valeurs marchandes des effectifs du Mondial, seul le Qatar (19,93 millions d'euros) fait pire que la Jordanie (20 millions d'euros). Mais que l'on ne s'y trompe pas : dix des vingt millions d'euros concernés, selon Transfermarkt, reviennent au seul Mousa al-Tamari. L'attaquant du Stade Rennais est la seule embellie d'une équipe d'une rare faiblesse, sur le papier. Même si ses performances récentes plaident (un peu) en sa faveur.
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Mousa al-Tamari en amical face à la Suisse.
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- Pourquoi si bas ?
L'effectif. Parce qu'une équipe qui ne compte qu'un seul joueur dans les cinq championnats majeurs manquera cruellement de qualité, au moment où elle affrontera l'Autriche, l'Algérie, puis l'Argentine, dans l'un des groupes les plus relevés de cette Coupe du monde. Treize des 26 Jordaniens sélectionnés jouent dans leur championnat national. Le site spécialisé Global Football Rankings, qui classe les championnats en fonction de leur compétitivité, place la Pro League jordanienne au 52e rang de son échelle mondiale. Derrière la Primera División bolivienne, et la D2 brésilienne. Pas de quoi faire rêver.
La tuile. La Jordanie a perdu cet hiver le deuxième meilleur élément de son équipe, l'attaquant de pointe Yazan Al-Naimat (SC Al-Arabi, D1 qatarie). Maudits ligaments croisés. Le jeune Ibrahim Sabra, sous contrat avec Göztepe (D1 turque), devait boucher le trou. Mais il s'est lui aussi rompu les ligaments, de la cheville cette fois, à l'entraînement. Et ce six jours avant le match d'ouverture. Foutu chat noir.
- Les motifs d'espoir
Mousa al-Tamari. Le "Messi jordanien" (un surnom qu'il exècre, d'ailleurs) a pesé six buts pour neuf passes décisives en Ligue 1, cette saison, avec Rennes. Le pic de la carrière de l'ancien Montpelliérain qui, à 29 ans, n'est qu'à six unités de devenir le meilleur buteur de l'histoire de sa sélection. Il s'est montré décisif deux fois, en amicaux, face au Nigéria (2-2, un but) puis à la Suisse (défaite 1-4, une passe décisive).
Une campagne historique. Fin 2025, face au Maroc, la Jordanie a disputé la première finale de Coupe arabe de son histoire. Mieux, les Jordaniens ont malmené les Lions de l'Atlas, certes complètement remaniés, pour les pousser en prolongations, où le Maroc a finalement pris le dessus (3-2). Conclusion frustrante d'un très joli parcours de la Jordanie, vainqueure au tour précédent de l'Arabie saoudite d'Hervé Renard (à plein régime, elle), et de l'Irak en quarts, futur adversaire des Bleus. Et membre émérite de notre liste des petits poucets (voir ci-dessous).
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3. Irak : le match pas si piège des Bleus
Là, on rentre dans le dur. Qui de mieux que cet Irak, futur adversaire de l’équipe de France, pour ouvrir ce podium des tout, tout petits poucets du Mondial. Oui, l'Irak a obtenu un match nul face à l'Espagne (1-1) le 4 juin. Et c'est d'ailleurs ce qui le préserve (en partie) de la discussion pour la place de "pire" équipe du Mondial. Qualifiés de justesse après un barrage face à des Boliviens dominateurs, les Iraquiens retournent au Mondial pour y affronter trois énormes morceaux : la France, le Sénégal et la Norvège. Après quarante longues années d'attente.
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Zidane Iqbal en mars 2026.
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- Pourquoi si bas ?
Un parcours sinueux. Le plus long des chemins. Vingt-et-un matches en qualifications. Celui des barrages intercontinentaux qu'a dû affronter l'Irak, comme la République démocratique du Congo, pour se qualifier au Mondial. Mais si le combat a été long, c'est que l'Irak a traîné du pied. Au 3ᵉ tour de qualifications, les Lions de Mésopotamie avaient été battus par la Corée du Sud (0-2), puis mis en échec par la Jordanie (0-0) et le Koweït (0-0), 133ᵉ nation mondiale. Il aura fallu deux courtes victoires face à l'Indonésie (1-0), puis aux Émirats (3-2, sur l'ensemble du match aller-retour) pour aller affronter la Bolivie en barrages. Et se qualifier. Sans facilité, aucune.
Du fait-maison, et pas grand-chose d'autre. Au mieux, si l'on va picorer dans les individualités du groupe irakien, on trouvera Ali Al-Hamadi, premier joueur de sa nationalité à avoir évolué en Premier League, aujourd'hui à Luton (D3 anglaise). Ajoutez le milieu Zidane Iqbal, 23 ans, ancien espoir de Manchester United. Comme son ex-compère Tahith Chong, du rival Curaçao. Impossible, néanmoins, d'insulter de "pire" équipe d'un Mondial une équipe dans laquelle joue un "Zidane". Hérésie.
- Les motifs d'espoir
Les louanges de Luis de la Fuente. Les Irakiens restent sur un match amical réussi face à l'Espagne (1-1), le 4 juin. Trois tirs pour l'Irak, mais "seulement" 13 pour les Espagnols : belle leçon d'efficacité. Le latéral gauche Merchas Doski a inscrit un très joli but pour remettre les siens à niveau. Après la rencontre, le sélectionneur espagnol lancera que l'Irak est une "équipe clairement très intense, rapide, dynamique, qui sait très bien développer un jeu collectif basé sur les combinaisons." De la Fuente a trouvé son adversaire du soir "très intéressant, imprévisible et intense." De quoi mettre une "pression énorme" sur son Espagne. Et pourquoi pas sur les Bleus ?
"Rien à perdre". Tout à gagner. Dixit Graham Arnold, l'expérimenté sélectionneur de l'Irak. Ancien grand manitou de l'Australie (2018-2024), il avait affronté les Bleus en 2022. Et il n'aura pas peur de retourner au combat. "J'ai joué contre la France au Mondial 2022, a-t-il détaillé après la qualification de sa nouvelle sélection. On avait perdu 4-1, mais on avait utilisé cette expérience et cette motivation pour battre la Tunisie (1-0) et le Danemark (1-0) et atteindre les huitièmes. (...) L'Irak n'a rien à perdre. Nous devons y aller avec une mentalité conquérante. C'est le seul moyen de réussir l'exploit." On se prendrait presque à y croire.
2. Nouvelle-Zélande : No Payne, no gain
Elle est là, la belle histoire de la Nouvelle-Zélande au Mondial. Tim Payne, 32 ans, défenseur de Wellington, a été projeté dans la lumière sur les réseaux sociaux par un influenceur argentin. En deux jours, Payne est devenu une star, de 5 000 à 5 millions d'abonnés sur Instagram. Un joli coup pour les audiences de la Nouvelle-Zélande qui, face à l'Egypte, l'Iran et la Belgique, aura la place. Mais aura-t-elle le talent ?
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Tim Payne face à l'Angleterre.
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- Pourquoi si bas ?
Une pièce maîtresse sans rythme. Chris Wood, l'attaquant de Nottingham Forest qui avait ébloui la Premier League la saison passée de ses 20 buts en 36 matches, doit être le premier atout d'une Nouvelle-Zélande qui retrouve le Mondial, seize ans après sa dernière participation. Mais si l'on a bien moins parlé de lui, cette saison, c'est que le buteur a manqué six mois de compétition à la suite d'une grave blessure au genou. Il n'a été titulaire que cinq fois, avec Forest, depuis le mois d'octobre.
Vous avez dit préparés ? À la veille du Mondial, la Nouvelle-Zélande a subi deux revers de suite en matches amicaux. Le dernier, face à l'Angleterre, est loin d'être illogique (0-1). Mais le précédent, face à Haïti, a de quoi inquiéter : score final 4-0 pour les Haïtiens, dans ce duel entre les deux nations les plus mal classées par la FIFA du Mondial. Douloureux échauffement.
- Les motifs d'espoir
Les "Anglais". Ils sont nombreux, dans l'effectif néo-zélandais, à évoluer dans les principaux championnats britanniques, au niveau suffisamment relevé pour préserver la Nouvelle-Zélande de la première place de classement. Dans le détail : Max Crocombe (Milwall, D2) aux cages, Tyler Bindon (Sheffield United, D2) et Liberato Cace (Wrexham, D2) en défense, Matt Gabrett (Peterborough, D3) et Marko Stamenic (Swansea, D2) au milieu, et Chris Wood, bien sûr, en pointe (Nottingham Forest, D1). Qui pourrait être accompagné du Stéphanois Ben Old, au bilan plus que contrasté en Ligue 2, cette saison : 30 matches, un but. Sexy.
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"Ancelotti était coincé avec Neymar, il a pris la moins pire des décisions"
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1. Qatar : 0 point en 2022, pas un de plus en 2026 ?
Il n'est pas encore venu, le temps où les fonds du Qatar auront fait de son équipe nationale une nation sérieuse en Coupe du monde. Le petit État du golfe, pays-hôte de la précédente édition, partira à la conquête de son premier point au Mondial armé de son sélectionneur Julen Lopetegui (ex-Real Madrid, sélection espagnole…), mais sans la moindre certitude dans le jeu. Après le trio Pays-Bas - Sénégal - Équateur en 2022, place à un groupe moins relevé, nouveau format oblige : la Suisse d'entrée, puis le Canada et la Bosnie-Herzégovine. Alors, peut-être. Ou pas.
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Hommam Ahmem et Akram Afif.
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- Pourquoi si bas ?
Une préparation hachée. Arrivé à la tête de la sélection qatarie en mai 2025, Julen Lopetegui espérait affronter le maximum d'équipes pour préparer ses joueurs au Mondial. Mais la guerre au Moyen-Orient a bousculé ses plans : pas d'amical face à la Serbie, ni face au champion du monde argentin, ni face au Soudan. Tous annulés. Résultat : en 2026, le Qatar n'a affronté que l'Irlande et le Salvador. Pour une défaite 1-0 à Dublin, et un match nul (0-0) soporifique (8 tirs pour le Qatar, 1 seul cadré).
Panne sèche de résultats. Ces deux amicaux interviennent dans la droite lignée d'une année chaotique. Les chiffres du mandat de Julen Lopetegui parlent d'eux-mêmes : douze matches, deux victoires, quatre nuls, six défaites. Et puis, par "victoire", il faut entendre un court succès (2-1) face aux modestes Émirats arabes unis (67e au classement FIFA), et un autre, en match amical, face au fameux FC Metalist Kharkiv (D2 ukrainienne). En Coupe arabe, au mois de décembre, le Qatar a perdu face à la Palestine (0-1) comme à la Tunisie (0-3), et n'a pas su dominer l'imprenable Syrie (1-1, 84ᵉ au classement FIFA). Bien caché, le jeu qatari. En supposant qu'il existe.
- Le motif d'espoir
L'ambition de défendre. On n'a pas trouvé mieux. Il n'avait fallu que 32 minutes à l'Équateur pour mener de deux buts face au Qatar en match d'ouverture du dernier Mondial. La faute à une ambition un tantinet démesurée dans le jeu. Cette fois, plus de chichi. Depuis des mois, et avec un succès tout relatif, Julen Lopetegui travaille sa défense. On resserre. On contre. Et on espère. Ce sera déjà ça.
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Garcia : "On ne pouvait pas faire sans Lukaku"
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