France - Maroc - "On les a mangés au milieu" : Rabiot – Koné, la banque de France

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Depuis le début de la compétition, l’attention est portée autour du trio voire du quatuor d’attaque qui fait dégoupiller chaque adversaire des Bleus. Mais jeudi, c’est la paire Adrien Rabiot – Manu Koné qui a fait basculer la rencontre. Cette équipe sait marquer, cette équipe sait séduire mais elle sait aussi, désormais, fermer le coffre à double tour.

Trop forts ces Bleus : "C'est délirant, tous leurs matches sont simples jusqu'ici !"

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De notre envoyé spécial à Foxborough,
Ils n'ont aucun maillot à leur nom dans les tribunes, à l'exception de ceux portés par leurs proches. Ils traverseraient Boston sans être reconnus. Et pourtant, si les Bleus sont en demi-finale de la Coupe du monde, ils le doivent d’abord et avant tout à Adrien Rabiot et Manu Koné. Nous avions écrit ici que le quart face au Maroc se jouerait au milieu de terrain et nous n’avions pas menti. La façon avec laquelle les deux videurs des Bleus ont mis dans leur poche Ayyoub Bouaddi et Neil El Ayanoui fut assez stupéfiante.
"On travaille bien, on n’a jamais laissé espérer l’adversaire, on a fait un beau travail derrière, a noté Adrien Rabiot sur RMC. Au milieu, on a été présent, on les a mangés." Mangés, bouffés, croqués et même dévorés. Koné et Rabiot ont aspiré l’air, fermé le magasin et retiré au Marocains le droit d’exister entre les lignes.
Le pauvre Bouaddi, si étincelant depuis le début du tournoi, a perdu des ballons qu’il ne perd jamais. Le Lillois a pris la marée. Devant le micro, il n’a pas su quoi répondre pour expliquer la performance du Maroc : "On avait mis des choses en place à l'entraînement avec le coach mais un match, ce n'est pas une science exacte, a-t-il confié, démuni. Il ne se passe pas forcément ce qu'on a prévu."
Ce qui m’impressionne le plus dans cette équipe, c’est la capacité des gars à récupérer les ballons
Surtout face à la France quand les démolisseurs en chef passent à l’action. Dans deux styles différents : celui de Koné, brillant et impossible à rater. Il tacle fort, il transperce et en met plein la vue. Plus discret, Rabiot compense et met des coups d’épaule à vous enfoncer le plexus. Koné fait du bruit. Rabiot fait disparaître les problèmes.
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"Deux Coupes du monde à au moins huit buts : ni Pelé, ni Maradona n’ont fait ça !"

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C’est lui qui récupère le ballon dans un duel qui semblait perdu d’avance sur l’ouverture du score. "Ce que fait l’équipe hors possession, c’est extra. Ce qui m’impressionne le plus dans cette équipe, c’est la capacité des gars à récupérer les ballons, analysait Thierry Henry dans le vestiaire des Bleus jeudi. Sur le premier but, il y a double ou triple récupération. Après Kylian fait du Kylian."
Les artistes prennent la lumière et compilent les stats. Rabiot et Koné s’occupent de tout le reste. Il paraît loin le temps où Rabiot regrettait les vagues sénégalaises : "En première période, on a perdu beaucoup de ballons avec nos quatre joueurs offensifs et on était un peu exposé avec Aurélien et la défense", prévenait-il après le premier match. C’était il y a trois semaines mais en vérité, on dirait qu’il s’est passé des mois tant le visage a changé. Voilà 339 minutes que les Bleus n’ont plus pris de but et ils ont concédé une occasion et demie lors des 180 dernières.

La raison d'être du 4-2-3-1

"On défend de mieux en mieux, il y a un équilibre qui est meilleur", reconnaissait Didier Deschamps au Gillette Stadium. Et au-delà de la capacité qu'on a à se créer les deux occasions, voilà, en commençant par les joueurs offensifs, on a cette capacité aussi à aller chercher l'adversaire, à l'asphyxier, à l'empêcher de repartir. Donc, ça permet à toute l'équipe de jouer plus haut aussi." On le savait depuis le début de cette compétition, la capacité des Bleus à aller loin dépendrait des performances d’un milieu de terrain exposé comme jamais dans l’histoire de l’équipe de France.
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Adrien Rabiot à l'issue de France - Sénégal

Crédit: Getty Images

Même s’il peut compter sur les efforts considérables des attaquants, Michael Olise en tête, le milieu bouche les trous et permet à ce 4-2-3-1 d’exister. "Comme quoi, c'est possible. Après, je ne suis pas maso non plus", s’est félicité le sélectionneur qui sait que son système, très audacieux, fut la grande interrogation du début de compétition. Mais tant que Rabiot, Koné, Tchouaméni, et même Zaïre-Emery, convaincant en fin de match, sont là, que peut-il leur arriver. Vous pouvez leur confier votre maison, vos économies et tout ce que vous avez de plus cher, avec ces gars-là, vous ne craignez rien. La France se souviendra des buts de Mbappé. Les Bleus, eux, n'oublieront jamais qui leur a permis de les marquer.
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