"Il a franchi un cap" : Nicolas Pépé, le retour du puni qui a porté la Côte d'Ivoire vers une qualification historique

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Snobé lors de la CAN pour ses déclarations moqueuses envers le Maroc et les binationaux, Nicolas Pépé soigne son retour en grâce avec la sélection ivoirienne. Jeudi, l'attaquant de Villarreal a signé le doublé qu'il fallait face à Curaçao (2-0) pour qualifier la Côte d'Ivoire pour son premier tableau final d'un Mondial, qu'elle entamera par un gros duel face à la Norvège, mardi soir (19 h). 

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"Non." Quatre mois avant le Mondial, "non", Nicolas Pépé ne s'y voyait pas. C'est pourtant bien lui, l'attaquant de Villarreal (31 ans), qui a permis à la Côte d'Ivoire d'accéder au tableau final d'une Coupe du monde pour la toute première fois de son histoire. Lui qui, par son doublé, a offert aux Ivoiriens leur deuxième succès de cette Coupe du monde (2-0) face au valeureux Curaçao. Lui que l'on a entendu dire sa "fierté", sa "joie", en après-match. Celle de l'ancien banni, que l'on a privé de CAN pour une triste bisbille extrasportive. À qui l'on a pardonné, pas bien longtemps après. Et qui le rend bien.
Le 5 décembre 2025, l'influenceur Just Riadh a publié "J'ai passé 72 heures dans la vie de Nicolas Pépé" sur YouTube. Une heure et demie de bande passante, trente secondes retenues par l'opinion publique. Le temps, pour Nicolas Pépé, de récolter le motif de son absence à la CAN. Parce que dézinguer un adversaire n'est jamais sympa – texto : "Les Marocains, ils ont combien d'étoiles (de victoires en CAN) ? Ils n'en ont plus gagné depuis 1818. En tout cas, même mon daron n'était pas né." Mais se payer un coéquipier l'est encore un peu moins. 
Je ne me projette même pas en mars, ni à la Coupe du monde
"Je te donne mon avis, avait poursuivi Pépé, si un joueur choisit l'équipe de France puis une sélection africaine et que je suis sélectionneur ou président de fédération, il est mis de côté, direct. Ça signifie que, par exemple, la Côte d'Ivoire n'est que ta deuxième option." Avant de cibler le malheureux gardien Alban Lafont. "Il n'est pas Ivoirien, mais Burkinabé. Mais tu connais ! Il est Ivoirien, il a le passeport. Nous, on s'en fout !" Pas sa Fédération. Qui a pris soin de se passer de lui pour aller défendre sans succès son titre continental. "Si on s'en tenait au volet sportif, il serait bien évidemment avec nous", avait avancé son sélectionneur Émerse Faé, après l'avoir snobé lors de l'annonce de sa liste. Patatras. 
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Sans Nicolas Pépé, la Côte d'Ivoire a subi une courte élimination face à l'Égypte (3-2) dès les quarts de la CAN au Maroc. Puis il a fallu reconstruire, avec le Mondial en ligne de mire. Quid, alors, de l'ancien Gunner ? Le 26 février, Pépé disait au journaliste Malick Traoré qu'il ne s'imaginait pas encore revenir. "Franchement, ce n'est pas quelque chose auquel je pense. Je ne me projette même pas en mars, ni à la Coupe du monde." Même s'il assumait en rêver. "Étant jeune, je voulais la jouer quand j'avais 20 ans. J'en ai 30 (31 aujourd'hui, NDLR), ça pourrait être ma première et ma dernière. J'aimerais y goûter et ensuite m'arrêter."

Réintégré par Faé au mois de mars

L'épisode Just Riadh a laissé des traces. "J'ai présenté mes excuses au président de la Fédération, assurait-il dans ladite interview. Il m'a un peu parlé comme à son fils et m'a demandé de mettre un message sur les réseaux pour calmer les Marocains, ce que j'ai fait. À contrecoeur, parce que je recevais des insultes, et c'était à moi de m'excuser." Ambiance.
Moins d'un mois plus tard, Nicolas Pépé était réintégré à la sélection ivoirienne. Dans un certain anonymat, puisqu'il avait été laissé de côté par Émerse Faé dans un premier temps, même si son absence n'était pas "par rapport à sa vidéo", cette fois, dixit son sélectionneur. Avant d'être appelé en renfort de dernière minute pour pallier la blessure à l'épaule de Yan Diomandé et affronter la Corée du Sud, puis l'Écosse (une titularisation, un but). Alors qu'il signait une jolie fin de saison en club (5 buts, 4 passes décisives lors de ses dix derniers matches avec Villarreal). 
On est contents d'avoir le Nico qu'on a toujours voulu avoir
Suffisant pour figurer parmi la liste des Eléphants partis au Mondial, malgré la "concurrence" qu'avait avancée Faé pour l'en écarter au mois de mars. Mieux, Pépé a débuté lors du premier match des siens face à l'Équateur (1-0), puis en clôture des groupes, avec un doublé contre Curaçao (2-0). La qualif' en prime.  
"C'est la première fois que la Côte d'Ivoire se qualifie en phases finales, donc pour tout le monde, pour le peuple ivoirien, c'est une fierté", disait Pépé à Bein Sports après la rencontre. Loin des troubles des mois passés. "On a toujours communiqué avec lui, précisait Émerse Faé en conférence de presse dans la foulée, et cet épisode (de la vidéo YouTube) est derrière nous. On lui a toujours dit ce que l'on attendait de lui. Il a franchi un cap au sein du groupe. Sur le terrain, on savait ce qu'il pouvait nous apporter. On est contents d'avoir le Nico qu'on a toujours voulu avoir." Pépé a choisi son moment. Reste à l'allonger encore un peu, qui sait ? Un Norvégien averti en vaut deux.
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