L'antisèche d'Angleterre - Argentine : Autour de Lionel Messi, le miracle permanent
Par Julien Pereira
Mis à jour 16/07/2026 à 08:26 GMT+2
Encore un. Comme à de nombreuses reprises lors des tours précédents, l'Argentine est parvenue à l'emporter de manière miraculeuse ce mercredi, aux dépens de l'Angleterre (2-1) en demi-finale de Coupe du monde. Encore loin d'être convaincants durant 75 minutes de jeu, puis transfigurés après l'ouverture du score anglaise, les coéquipiers de Lionel Messi continuent d'entretenir cette drôle de force.
"L'attitude de Mbappé sur le 2e but espagnol, c'est pas possible, il est capitaine !"
Video credit: Eurosport
Le jeu : Le combat puis la folie
On attendait un combat, on l'a eu. Cette demi-finale entre les deux grands ennemis du foot a, d'abord, ressemblé à un combat de boxe. Il y a eu des fautes, beaucoup de fautes, et peu d'occasions, très peu d'occasions. La première demi-heure fut une sorte de bouillie et il a fallu attendre le retour du vestiaire pour voir des ouvertures. Julian Alvarez s'est offert une double opportunité, mais Anthony Gordon a été le premier à trouver la faille, profitant de la légèreté du marquage de Nahuel Molina.
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Après cela, tout s'est emballé : l'Argentine n'a cessé d'augmenter la pression à mesure que les Three Lions se délitaient. Toujours insubmersible, toujours habitée, l'Albiceleste a fait ce qu'elle sait faire de mieux. Enzo Fernandez a allumé une mèche à la 95e, Lautaro Martinez a mis un coup de casque six minutes plus tard. Et revoilà la bande à Léo Messi en finale.
Les joueurs : Messi, encore lui
Il fut, longtemps, le seul à tenter d'électriser une équipe argentine longtemps inoffensive. Paradoxalement, c'est lorsque ses coéquipiers ont enfin fait preuve de caractère et d'ambition, au moment où ils étaient menés, que Lionel Messi a été le plus décisif.
C'est lui qui trouve Enzo Fernandez en retrait, avant le missile du joueur de Chelsea. C'est aussi lui qui adresse un centre parfait pour Lautaro Martinez. Avant cela, Jordan Pickford avait réussi un grand match, avec plusieurs parades précieuses, et Djed Spence a longtemps joué les héros, alors que les habituels sauveurs du Royaume, Harry Kane et Jude Bellingham, sont restés discrets.
Le facteur X : Le coaching de Thomas Tuchel
Thomas Tuchel n'a visiblement pas retenu la leçon donnée par Rudi Garcia après Belgique – Sénégal. Et il n'a visiblement pas, non plus, observé les précédentes fins de match de l'Argentine. En sortant Anthony Gordon et Declan Rice pour faire rentrer deux défenseurs supplémentaires, Ezri Konsa et Dan Burn, le coach allemand a condamné son équipe à reculer. Et à en payer le prix fort.
La stat' : 6/6
C'était la sixième demi-finale de l'Argentine en Coupe du monde. Et pour la sixième fois, l'Albiceleste s'est imposée.
La décla : Lionel Scaloni
Je n'ai pas les mots. Il est difficile d'expliquer aux gens ce que font ces joueurs. Nous sommes uniques, c’est vrai, ce n’est pas de l’arrogance, c’est du fond du cœur. Nous sommes uniques.
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La question : Mais comment font-ils ?
On a beau chercher, tourner la problématique dans tous les sens, on l'admet : difficile de trouver des arguments rationnels et cartésiens pour expliquer ces miracles permanents qui récompensent, tour après tour, l'Argentine. Il y a véritablement une force supérieure, née autour de ce culte que ce groupe a voué à Lionel Messi, qui rend les champions du monde en titre quasiment insubmersibles. À 39 ans, le demi-dieu argentin est encore un déclencheur dans les têtes, et sur le terrain, puisqu'il a encore trouvé le moyen d'être doublement décisif.
Ce mercredi soir, l'effarante frilosité de Thomas Tuchel leur a certes facilité la tâche mais elle ne suffit pas, loin de là, à justifier qu'ils s'en sortent, une nouvelle fois, comme ils avaient fini par s'en sortir face au Cap-Vert, à l'Egypte puis à la Suisse. Avant ce dernier quart d'heure, les hommes de Lionel Scaloni n'avaient pas montré grand-chose d'autre que de l'agressivité, du don de soi et, il est vrai, une vraie faculté à créer du danger par le centre. Mais c'est tout. Et pourtant, voilà 13 rencontres de suite en Coupe du monde que l'Albiceleste inscrit au moins deux buts. Ce qui ne peut plus être un hasard.
À force, on en vient même à avoir la conviction que chaque succès alimente cette drôle de machine dont le carburant découle d'une forme de mysticisme. Vous n'y croyez pas ? On peut le comprendre. Mais le foot est aussi beau parce qu'il n'est pas toujours explicable.
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