Les Bleus qualifiés pour les demi-finales de la Coupe du monde - Didier Deschamps, quand l’exploit devient une formalité

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Didier Deschamps a encore rempli l’objectif fixé par sa fédération. Les Bleus sont en demi-finale d’une grande compétition pour la cinquième fois en sept tentatives. Il n’aura, au fond, connu qu’un échec, celui de l’Euro 2021. Accompagné de générations bourrées de talent, le sélectionneur a remis la France au sommet de l’ordre mondial et, prouesse encore plus folle, l’y a maintenu.

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De notre envoyé spécial à Boston,
Jamais, pas une fois, Didier Deschamps n’a fendu l’armure. Pourtant, depuis quinze jours et le match face à la Suède, chaque match peut être le dernier de ses 9200 jours en bleu. Vingt-cinq ans, un quart de siècle qui s’apprête à se conclure la semaine prochaine. Le sélectionneur ne change pas, il a encore mis dans le mille et rempli l’objectif fixé par la Fédération. Revoilà les Bleus en demi-finale, leur monde à eux depuis que l’ancien milieu de terrain a pris les rênes. Depuis la Coupe du monde 2014 où son équipe de jeunots avait atteint les quarts de finale au Brésil, il a rejoint le dernier carré à cinq reprises en six grands tournois.
Avec lui, la France ne connaît quasiment plus l’échec et il a fallu une perte de balle de Paul Pogba, une glissade de Presnel Kimpembe, une avalanche de blessures, 45 minutes cauchemardesques de Clément Lenglet et un Hugo Lloris bien incapable sur la séance de tirs au but pour le seul gadin de son mandat : l’élimination en 8e de finale de l’Euro 2021 face à la Suisse. Ce jour-là, à Bucarest, les Bleus ont été "superficiels", selon le constat dressé par Adrien Rabiot cinq ans plus tard.

Depuis 2021, ils n'ont rien raté

Plus jamais ils n’ont été aussi légers. Avec Deschamps, la France est un rouleau-compresseur qui gagne tous les matches irrespirables. La pièce retombe toujours du même côté. Il faut bien mesurer qu’en Coupe du monde, les Bleus n’ont plus perdu un match du tableau final depuis… le quart de finale 2014 à une époque où Antoine Griezmann était remplaçant et Désiré Doué avait neuf ans. Le plus fort n’est pas d’avoir ramené la France au sommet mais de l’y avoir maintenu en changeant de générations et même, désormais, de style.
On le croyait conservateur mais il a toujours su répondre à un échec en innovant. Après 2021, il replace Antoine Griezmann en milieu de terrain et libère le jeu des Bleus au Qatar. Après un Euro 2024 terriblement ennuyeux, il passe à quatre attaquants et convainc le monde entier aux États-Unis. Son paradoxe est là : celui que l’on a longtemps accusé de brider son équipe est devenu celui qui a su le mieux la réinventer.
Comment fait-il pour, sans cesse, garder la main ? L’usure du pouvoir en a rouillé plus d’un et en particulier son modèle de longévité, Joachim Löw. Le mandat du sélectionneur allemand s’achèvera en Coupe du monde après une défaite au premier tour face à la Corée du Sud.
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Les mêmes résultats, avec les mêmes principes en faisant autrement

Deschamps, lui, a maintenu un niveau de performances constant jusqu’à devenir le sélectionneur avec le plus grand nombre de victoires en Coupe du monde (19). Quel est son secret ? "C'est d'avoir de bons joueurs, de très bons joueurs, a-t-il confié jeudi en toute humilité. Le mérite d'un sélectionneur et d'un staff passe par les joueurs, mais je ne dois pas trop faire mal les choses quand même." Oui, car s’il suffisait d’avoir de grands joueurs, le Brésil aurait dix Coupes du monde et le Portugal déjà quelques étoiles sur le maillot.
Les principes du Basque sont devenus contagieux. Son équipe lui ressemble : elle ne se relâche jamais et ne se contente de rien tant qu’elle n’est pas allée au bout de son aventure. Le mérite de Deschamps est d’obtenir les mêmes résultats, avec les mêmes principes en faisant autrement. Cet été, il a accordé beaucoup plus de temps à ses joueurs. Ils ont pu se balader dans le parc en face de leur hôtel, aller manger, seuls ou à plusieurs, dans quelques restaurants de Boston. Le boss est plus souple avec les nouvelles générations.
Sa grande force reste sa capacité à créer un groupe et un élan durant les cinq et désormais six semaines de compétitions. Dans ces moments-là, il impacte ses joueurs. "Les joueurs se reconnaissent en lui, nous confiait en début de compétition Philippe Tournon, l’attaché de presse qui fut son ombre entre 2012 et 2018. Deschamps s’adresse à l’âme des joueurs. Ce n’est même plus de l’humain, c’est des tripes. Les gars sont prêts à crever pour lui sur le terrain." Plus tactile qu’avant, plus souriant, plus ouvert aussi, Deschamps n’est plus tout à fait le même mais reste sur ses standards. La fin s’approche et il aura tout fait, aujourd’hui comme hier, pour que la France le regrette.
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