"Un truc de malade !" : Robin Risser, sélectionné avec les Bleus pour la Coupe du monde, raconté par ceux qui l'ont vu éclore
Par Timothé Crépin
Mis à jour 15/05/2026 à 08:19 GMT+2
C'est LA surprise de la liste de Didier Deschamps pour la Coupe du monde : pour la première fois de sa carrière, Robin Risser fait son entrée chez les grands, en équipe de France. Une récompense dingue pour celui qui a été élu meilleur gardien de Ligue 1, et qui a connu un chemin patient avant d'avoir, en août dernier, sa première opportunité au plus haut niveau en France, avec le RC Lens.
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- Maxime Le Marchand, ancien coéquipier à Strasbourg : "Son assurance dès les premiers entraînements"
"Je l'ai côtoyé quand j'étais à Strasbourg et je l'ai suivi ensuite. Un jeune gardien, mais je savais qu'il avait du talent. Quand il est arrivé avec les pros, déjà, physiquement, il était grand, imposant dans sa cage. Mais surtout, ce qui m'avait marqué, c'est son assurance dès les premiers entraînements. Sa communication aussi. Moi qui étais défenseur, il était juste derrière moi, et il n'avait pas froid aux yeux de guider, d'échanger avec un joueur professionnel qui avait de l'expérience comme moi. Donc c'était plutôt positif. C'était ma première bonne impression.
Je savais qu'il avait souvent des irrégularités : étant capable de faire de très bonnes choses et, à un moment donné, de faire une erreur technique ou d'appréciation de trajectoire. Ça lui est arrivé à Dijon, en National, un peu moins en Ligue 2 (au Red Star), et ça peut encore lui arriver en Ligue 1. Mais ces irrégularités qu'il a pu avoir, ça vient aussi de sa confiance en lui, et je trouve qu'il gomme cela grâce à l'expérience.
Son chemin est celui des jeunes gardiens d'aujourd'hui, qui doivent effectuer des expériences en prêt, à des niveaux inférieurs au départ, pour s'aguerrir. Et, comme je l'ai dit, avec l'assurance, il finit par s'entraîner une fois avec l'équipe de France A (lorsqu'il était en sélection Espoirs, Risser avait été appelé pour une séance avec les A de Deschamps). Il a franchi les étapes petit à petit et, à son âge, ça arrive vite, très vite. Faire une Coupe du Monde à cet âge... En trois ans, il a à chaque fois confirmé et validé les étapes. Quand certains mettent deux ans ou plus, lui le fait en un an. Ça montre tout son potentiel et son talent."
- Frédéric Guilbert, ancien coéquipier à Strasbourg : "La feuille de route se passe très bien..."
"Robin, c'est mon petit. Je ne vais pas dire que je l'avais pris sous mon aile mais c'est quelqu'un que j'apprécie énormément. On a toujours des mots l'un pour l'autre. Est-ce que je suis surpris de sa trajectoire ? Pas du tout ! Je lui ai fixé un projet il y a quatre ans. Le projet est en route. La feuille de route se passe très bien, je ne vais pas lui porter l'œil mais... C'est une personne très bien éduquée, quelqu'un de vraiment bien, avec des valeurs, et pour moi c'est très important dans le football actuel où les jeunes sont mis sur un piédestal. Il ne s'est jamais pris la tête, a toujours été respectueux.
Après, sur le terrain, les qualités sont visibles par tout le monde... Son assurance ? Non, ce n'est pas de l'assurance, c'est quelqu'un avec une très grande maturité pour son âge. Je ne sais pas si vous avez regardé la dernière cérémonie des trophées UNFP, mais son discours, sa prise de hauteur dans ces moments sont admirables. Dans son parcours, il a fait preuve de beaucoup de résilience, notamment quand il a dû être prêté à Dijon ou au Red Star. Il n'a jamais vu ça comme une fin en soi.
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Robin Risser (Lens) élu meilleur gardien de la Ligue 1, le 11 mai 2026 à Paris
Crédit: Getty Images
Je sais que ça lui a fait beaucoup de mal de partir de Strasbourg. Il voulait réussir dans son club. Il aurait pu baisser les bras. Il a fait tout l'inverse. C'est tout à son honneur. Je suis très content de sa saison. Il le mérite. Bon, le dernier match (face au FC Nantes où Frédéric Guilbert avait signé cet hiver ; match qui a confirmé la relégation du FCN), je l'ai un peu insulté parce qu'il a fait le match qu'il fallait et les arrêts qu'il fallait. Sur ce coup-là, je lui ai dit : 'Tu fais chier.' Mais je suis vraiment très content pour lui. Pour avoir discuté avec beaucoup de gens qui le connaissent, on est tous, entre guillemets, unanimes sur le fait qu'il mérite, tant sur le plan humain que sur le plan professionnel."
- Yoann, ami qui l'a connu au pôle Espoirs avant le RCSA : "Nos discussions la nuit jusqu'à pas d'heure..."
"J'ai regardé la liste avec mon père. Depuis tout à l'heure, je suis tellement choqué, tellement fier. Quand tu repenses à quand on était plus jeune, et, maintenant, il part pour la Coupe du monde ! C'est fou de se dire ça. Je vois aussi la personne qu'il est, le travailleur qu'il est : c'est la récompense de tout ce qu'il a fait depuis tout petit, à toujours se donner à fond. Il a prouvé, par sa saison, de quoi il était capable. En finissant avec le trophée du meilleur gardien de Ligue 1 pour sa première saison à ce niveau.
Je repense au centre de formation, dans la chambre, à discuter jusqu'à pas d'heure la nuit quand on n'arrivait pas à dormir. On discutait de nos rêves, de ce qu'on aimerait faire plus tard. Quand on regardait la Coupe du monde, on se disait que c'était le rêve de tout footballeur. Avec la Ligue des Champions. Et, là, tu vois que, en une saison, il se qualifie pour la Ligue des Champions avec le RC Lens et il est sélectionné pour la Coupe du Monde... C'est juste extraordinaire.
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"L'incertitude, elle est sur le côté gauche" : quel onze-type pour démarrer la Coupe du monde ?
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En tant qu'Alsacien, les rêves, c'était aussi, d'abord, de fouler la Meinau. On voulait devenir professionnel, jouer dans des grands stades, montrer nos qualités à tout le monde et ensuite jouer les plus grosses compétitions. Il y est arrivé, et pour lui, ça doit être un grand bonheur, et une grande fierté pour ceux qui l'ont connu plus jeune."
Jordan, ami d'enfance : "Si Deschamps l'a pris, ce n'est pas pour rien non plus"
"Une grande fierté. On s'est tous retrouvés, j'ai invité des copains à la maison, qui connaissent très bien Robin. On a mis son maillot. Nous qui l'avons vu passer par plusieurs étapes, le voir où il en est maintenant... Passer par le National, la Ligue 2 et, dans la même semaine, avoir le trophée du meilleur gardien de Ligue 1 et être convoqué pour la Coupe du Monde... C'est un truc de malade !
On est tous fous. On s'est pris dans les bras, on a chanté 'Robin', on lui a fait une vidéo. Robin, c'est quelqu'un qui est très, très dur avec lui-même. Après un bon match, il a tendance à dire : 'Non, je ne suis pas fan de mon match.' S'il en est là aujourd'hui, c'est grâce à ça. Pour lui, rien n'est jamais bon. C'est totalement mérité qu'il en soit là maintenant. Je me souviendrai toujours de ce qu'il me disait quand il était au Red Star : 'Mets-moi en Ligue 1 et on verra.' Il a fini meilleur gardien et il part pour la Coupe du monde : il n'avait pas tort. Si Didier Deschamps l'a pris, ce n'est pas pour rien non plus."
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Robin Risser
Crédit: Getty Images
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