WILLIAM GALLAS, vivez-vous cette défaite en finale comme une injustice ?
W.G. : Cette défaite est très dure à accepter. On était meilleurs qu'eux, je pense qu'ils le savent bien. On a été plus costauds. Mais on ne peut pas revenir en arrière. Le sort en a décidé autrement et on finit deuxième. C'est dommage. Ça se joue sur peu de choses. En deuxième période, ils ont baissé le pied. Leurs attaquants ne pouvaient plus rien faire. Nous, derrière, on était très solides. On s'est créé des occasions mais, malheureusement, le ballon n'a pas voulu aller au fond. Je pense que l'on peut garder la tête haute. On a répondu à pas mal de critiques avant et pendant la compétition.
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On ne vous sent pas beaucoup abattu. La déception est-elle intérieure ?
W.G. : Non. On est vraiment allé au bout de nous-mêmes. Tout le monde a donné le maximum. On n'a pas fait d'erreur. On s'est créé des occasions. On est allé aux tirs au but, c'est pile ou face. Ça n'était pas notre jour. C'est comme ça que je le vois. Je ne me pose même pas la question de savoir pourquoi on n'a pas gagné. J'aurais voulu toucher cette coupe mais le football c'est comme ça. Il faut vite oublier. On a terminé deuxième, c'est déjà pas mal. C'est même très bien. J'espère qu'on sera présent pour la prochaine Coupe du monde.
Avez-vous été affaibli par l'expulsion de Zidane en prolongation ?
W.G. : Je ne dirai pas qu'on a été affaibli. Au contraire, on en voulait encore plus. On a joué à dix mais les Italiens ne se sont pas créés d'occasions même en supériorité numérique. C'est dommage. Peut-être que s'il avait été encore là, on se serait créé encore une ou deux occasions mais peut-être pas.
Vous ne lui en voulez donc pas ?
W.G. : Pas du tout, parce qu'on est allé au bout. Après, une séance de tirs au but, c'est pile ou face. Mais on sait comment sont les Italiens. A un moment, ils ont vu qu'ils ne contrôlaient plus le match. Materazzi a du dire quelque chose à Zizou et il a mal réagi. C'est dommage pour sa dernière Coupe du monde. C'est malheureux à dire mais, quand les Italiens voient qu'ils sont impuissants, ils réagissent toujours comme ça en essayant de pourrir le match. Mais ce n'est rien...
La provocation de Materazzi, c'est de la triche selon vous ?
W.G. : Oui, c'est de la triche mais on ne peut pas arrêter. Au niveau de la FIFA et des arbitres, on ne voit toujours que le deuxième coup. On ne cherche jamais à savoir pourquoi il y a ce coup-là. Il y a un moment quand vous gagnez avec de la triche, c'est inadmissible. J'accepte quand l'équipe adverse gagne loyalement mais de cette façon-là, non.
Savez-vous ce qu'il a pu dire à Zidane ?
W.G. : Non, je ne sais pas. Mais si vous avez vu Zizou, il y a eu quelque chose. On connaît Zizou. Que ce soit lui ou un autre joueur, on ne réagit pas comme ça. Il a été provoqué. Vous savez, quand vous voyez un joueur comme ça, vous avez envie de lui péter la gueule. C'est de la triche mais ce sont les Italiens.
Que retiendrez-vous de cette aventure en Allemagne ?
W.G. : La chose que l'on pourra certainement garder, c'est d'avoir passé un mois ensemble comme une bande de copains. On s'est éclaté, on était bien. On s'est amusé même quand cela n'allait pas, notamment entre les matches contre la Corée et le Togo. On a fait des choses entre nous, en dehors du terrain, des choses inoubliables, des choses qui resteront gravées dans nos têtes. C'est tout ce que je peux en dire. Même si c'est vrai qu'on aurait préféré avoir cette coupe.
Comment voyez-vous l'avenir des Bleus ?
W.G. : Quelque chose s'est créé pendant cette Coupe du monde. Il y avait une super ambiance. Les jeunes se sont bien intégrés. Les anciens nous ont beaucoup aidé. Je ne m'inquiète pas du tout pour la suite. Il va se passer quelque chose. L'équipe de France sera encore plus forte. D'autres joueurs vont arriver et on aura du temps pour travailler même si ça va aller très vite car on aura des matches dès septembre, face aux Italiens encore (NDLR : lors des éliminatoires de l'Euro 2008). J'espère qu'on pourra prendre notre revanche...
A titre personnel, vous avez réalisé un excellent Mondial. Vous serez l'un des prochains cadres de cette équipe...
W.G. : Je suis content. J'ai pu démontrer ce que je valais. Que ce soit dans l'axe, à droite ou à gauche, j'ai toujours été présent. Je suis content de ma performance personnelle mais avant tout j'aurais préféré gagner cette Coupe du monde. Par rapport à mon âge, à mes 47 sélections, je serai un des joueurs les plus capés à l'avenir On verra comment ça se passera. Il faut déjà que je prenne mes trois semaines de vacances. Je vais essayer de gratter un mois mais ça va être dur avec Mourinho (Il rit).
C'était votre dernier match au côté de Lilian Thuram...
W.G. : C'était sa dernière Coupe du monde. Il est très déçu car il avait à coeur de gagner ce soir, surtout contre les Italiens. J'ai eu la chance de jouer avec un grand bonhomme. Comme j'ai eu la chance de jouer avec Laurent Blanc ou Marcel Desailly. Avec des joueurs comme ça, on apprend beaucoup. Pour moi, ce sont des modèles. Je me suis régalé à jouer avec lui.
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