"Au revoir Zinédine Zidane, au revoir Zinédine Zidane" , en français dans le texte... L'impressionnante délégation espagnole présente dans les tribunes du Niedersachsenstadion n'a pas réservé un accueil très chaleureux à Zidane. Une sorte d'écho des supporters au quotidien Marca qui avait titré : "On va mettre Zidane à la retraite" quelques jours avant ce choc. Un mélange d'arrogance et de crainte pour le célèbre numéro 10. Sifflé dès l'échauffement et la présentation des équipes, comme le sera plus tard la Marseillaise, celui qui a tant donné pour le Real Madrid n'a pourtant pas esquissé la moindre réaction. Déjà avant d'entrer sur le terrain, il avait à peine jeté un regard à Raul, son compère Madrilène. A peine une accolade au moment de l'échange des fanions.

Car Zidane a réservé sa réponse pour le terrain. Et celle-ci fut la plus belle possible. Dès le début de match, l'Espagne a compris que ZZ n'était pas venu en Allemagne pour faire sa tournée d'adieu mais bien pour diriger les Bleus. Plus motivé que jamais après la frustration née de France-Togo, qu'il avait suivi sur un écran de contrôle dans les vestiaires, Zizou mordait dans tous les ballons. Pas de doute, sa suspension a finalement été un mal pour un bien et ses neuf jours de repos lui ont permis de poursuivre cette montée en puissance qu'il affiche depuis le début du Mondial. Placé beaucoup plus haut qu'à l'accoutumée, derrière Henry, il n'a eu de cesse de provoquer.

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"Au revoir Zinédine Zidane"

Rassuré physiquement, c'est surtout psychologiquement que Zidane a influencé les Bleus. "On ne l'a jamais trouvé aussi détendu. Il était bien, prêt et serein. Il dégageait de lui une grande confiance, raconte Domenech au sujet de cette journée qui devait être spéciale pour l'Espagnol d'adoption. Je crois que ça a rejailli sur les uns et les autres. Etre mené 1-0 contre cette équipe, se dire que ça va être difficile et revenir, c'est grâce au climat de confiance dans lequel ils ont baigné toute la journée. A un moment donné, je me suis même demandé s'ils n'étaient pas un peu trop sûrs d'eux. Mais ils étaient sûrs d'eux. C'était même frappant par rapport à ce que l'on avait pu vivre".

Après le penalty de David Villa, c'est lui qui a remotivé ses troupes et les a incités à continuer d'aller de l'avant. Alors que Raul, le jour de ses 29 ans, quittait la pelouse d'Hanovre (54e), Zidane avait encore de l'énergie à revendre pour délivrer le coup franc à l'origine du but de Vieira (83e) avant d'inscrire le troisième but tricolore après une dernière chevauchée fantastique (93e). Sans pitié, il a fusillé son "ami" du Real Iker Casillas comme aux plus belles heures. "Je suis vraiment content pour Zizou parce que c'est un de ses derniers matchs et sur le terrain il nous a fait du bien. J'espère qu'il va remarquer bientôt", se réjouit Franck Ribéry qui, lui, a ouvert son compteur but chez les Bleus.

"Pas mal pour un mec de 72 ans "

Dans le camp français, l'heure est donc aux règlements de compte. "Comme je l'avais dit, nous on avait Zizou et eux ils ne l'avaient pas. Il arrête sa carrière, il faut qu'il arrête sur une bonne note et c'est bien parti", chambre à son tour Eric Abidal. Même son de cloche du côté de Domenech : "On sait tout ce dont il est capable. Il l'a encore prouvé". "Ce troisième but, c'est un beau symbole. C'est pas mal pour un mec de 72 ans", ironise quant à lui Willy Sagnol pour répondre à la presse espagnole selon laquelle ZZ était fini. Même dans les paroles de Luis Aragones, on sent un début de mea culpa. "Il y a de très jeunes joueurs dans notre équipe qui doivent prendre des leçons de matches comme celui-là", avoue à demi-mot le Sage.

Pourtant, dans les rangs des supporters espagnols, rencontrés au hasard d'une rue quelques minutes après le coup de sifflet final, les avis sont moins tranchés. "Il a mal joué, comme le Real Madrid durant toute l'année", se défend un Espagnol sans doute supporter du FC Barcelone. "Ca reste un joueur très respecté en Espagne. Sa femme est originaire d'Almeria, il veut vivre en Espagne et travailler pour le Real. Mais un joueur de ce talent doit jouer mieux que ça", insiste un de ses compatriotes. Mais, en insistant un peu, les langues se délient. "Zidane, c'est un crack. Et un crack répond toujours présent dans les moments importants", finit par avouer un aficionado de la "Furia Roja".

Zidane : "Ca n'est pas pour cette fois"

Zinédine Zidane, lui, n'a pas attendu pour répondre aux critiques. Fait rare, il s'est même autorisé un bref passage en conférence de presse pour mettre les choses au clair. "Ce n'était pas encore mon jubilé. J'ai envie de dire aux Espagnols, parce qu'ils nous ont assez chambré là-dessus, que ça n'est pas pour cette fois. L'aventure continue", a lâché le champion du monde. Mais Zidane n'en dira pas plus sur son cas personnel et ce troisième but qui a fait taire d'un coup tous les supporters espagnols qui le sifflaient en début de match. Les règlements de compte en public, ça n'est pas le genre de la maison.

Zidane a préféré "s'attarder" sur l'équipe de France. "Je n'ai jamais pensé à mon truc (la possibilité que ce soit son dernier match, ndlr). Ce qui est important, c'est juste d'avoir gagné ce match", insiste-t-il. "On est content, on avait préparé ce match de la meilleure des façons. On n'avait pas envie que s'arrête. Il y a une envie collective qui s'est crée. On avait envie de continuer. C'est ce qu'on a fait, et on l'a bien fait. On avait envie de montrer que peut-être le premier tour n'était pas facile, mais ce soir on a démontré qu'on avait un bon groupe et qu'on voulait aller beaucoup plus loin". Car un prochain rendez-vous particulier l'attend samedi face au Brésil. "C'est un bon souvenir pour nous, on essaiera de le préparer de la même façon C'est un quart de finale, il faudra le jouer", conclut-il simplement. Et 1, et 2, et 3-0 ?

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