Crise à la FIFA et survie d’Infantino : un monde fracturé en deux et une bataille plus serrée qu’il n’y paraît
Eurosport sur GoogleAlors que l’UEFA maintient une pression gigantesque sur Gianni Infantino, les soutiens du patron de la FIFA sortent peu à peu du bois. L’Afrique, qu’il a à sa main depuis de longues années, mais aussi l’Argentine ou le Mexique ont publié des communiqués pour venir en aide à Infantino. Mais c’est bien l’Asie, voire l’Océanie qui pourraient faire basculer son destin.
Pourquoi Infantino a reculé sur son projet controversé
Video credit: Eurosport
Gianni Infantino va-t-il sauver sa tête à la présidence de la FIFA ? C’est le feuilleton qui anime l’été alors que son projet d’ouverture du capital de la FIFA à des fonds extérieurs a suscité une gigantesque levée de boucliers dans le monde entier. Contraint d’abandonner son projet, le président de l’instance s’est fragilisé tout seul et d’autres en profitent désormais pour porter l’estocade et en finir avec ses 11 années de présidence.
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- Crise à la FIFA - Lâché de toutes parts, Gianni Infantino peut-il survivre à la fronde ?
Jeudi, The Telegraph annonçait que des dirigeants de l’UEFA souhaitaient déclencher un vote de défiance contre lui. Ils n’ont pas digéré qu’Infantino ne démissionne pas et, qu’au contraire, la FIFA publie un communiqué pour reprendre la main mercredi soir. Aujourd’hui, les Européens chercheraient à réunir le plus de soutiens possibles pour avoir la tête d’Infantino ou pour présenter un candidat crédible et rassembleur lors de l’élection de mars 2027. La fronde menée par plusieurs fédérations, notamment anglaise, semble suffisamment grande pour faire chuter le boss du football mondial.
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Gianni Infantino
Crédit: AFP
Le monde se divise en 3
Aujourd’hui, le monde se divise en trois : ceux qui veulent la peau d’Infantino, ceux qui continuent de le soutenir contre vents et marées, et ceux qui ne prennent pas complètement position. C’est cette troisième voie qui a aujourd’hui les cartes en main. Il est clair que l’UEFA mène le combat en maintenant sa menace de boycott des compétitions de la FIFA.
Une arme puissante qui a déjà conduit au retrait du projet d’ouverture de capital. Plusieurs fédérations européennes (Finlande, Serbie, Suède, pays de Galles, Danemark...) ont déjà retiré leur soutien et les autres semblent aujourd’hui suivre l’élan impulsé par l’UEFA. Comment imaginer l’Espagne, par exemple, qui pourrait voir la finale de la Coupe du monde 2030 lui échapper, soutenir Infantino ? L’UEFA est puissante, pas seulement parce qu’elle compte 55 membres, mais parce qu’elle regroupe les nations les plus puissantes du football mondial.
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Gianni Infantino, patron de la FIFA, aux côtés de son homologue de l'UEFA Aleksander Ceferin
Crédit: Getty Images
Les 54 fédérations africaines sont, elles, en ordre de bataille derrière Infantino. L’influent Maroc, premier soutien du président de la FIFA, pèse lourd pour prêcher la bonne parole. Le poids du continent annule quasiment à lui tout seul la fronde européenne (54 fédérations contre 55 en Europe) et avec l’Afrique, Infantino détient déjà avec elle près de la moitié des votre nécessaires à sa réélection.
Le Mexique se désolidarise de la Concacaf
Pourquoi une telle fidélité ? Le continent africain est un des principaux bénéficiaires des programmes de développement du football : en octobre 2025, la FIFA avait reversé environ 1,28 milliard de dollars à la CAF via des mécanismes de solidarité depuis son élection en 2016. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, l'a d'ailleurs remercié "pour son appui constant au football africain au fil des années". L’ouverture de la Coupe du monde à 48 équipes et le projet d’extension à 64 lui bénéficiera en premier lieu.
Derrière l’Afrique et l’Europe, l’unanimité est plus fragile. La Concacaf, qui regroupe 35 fédérations de football d'Amérique du Nord et des Caraïbes, accompagne la fronde et a réclamé une "remise à plat complète" de la gouvernance de la FIFA. La distance établie par la Concacaf pourrait d’abord s’expliquer par les ambitions de son président canadien, Victor Montagliani, décrit comme l’un potentiel rival d'Infantino pour l'élection de mars. Les 35 fédérations le suivront-ils dans leur vote ? Cette nuit, le Mexique a ainsi apporté son soutien à Infantino et ouvert une première brèche dans l’union de façade.
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Victor Montagliani en juillet 2025.
Crédit: Getty Images
L'Arabie Saoudite et l'élection qui pourrait tout changer
L’Asie est très divisée. L’AFC, qui compte 46 membres affiliés à la FIFA, n'a pas clairement pris position contre Infantino mais a appelé à procéder "d'urgence à une révision de son cadre de gouvernance". La Mongolie a déjà apporté son soutien à Infantino tout comme le très influent Qatar. L’autre acteur majeur de la région, l’Arabie Saoudite, qui accueillera la Coupe du monde en 2034, est restée extrêmement silencieuse. Selon The Times, cela s’expliquerait par la vacance du pouvoir au sommet de la fédération qui élira un nouveau président le 30 août. Il existe un courant protestataire au sein de la fédération saoudienne. Si celui-ci arrivait au pouvoir, Infantino pourrait perdre un précieux allié.
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Gianni Infantino lors de la cérémonie d'ouverture des JO 2024
Crédit: Getty Images
"Préoccupée", l’Amérique du Sud, soutien historique du président de la FIFA, a marqué prudemment ses distances ces derniers jours mais ses intentions ne sont pas claires. Vendredi, l’Argentine, dont le président Tapia est un proche du président de la FIFA, est sortie du bois pour soutenir clairement Infantino. Elle "croit fermement (ndlr : en lui) et réaffirme que la voie à suivre consiste à poursuivre le travail." Bien qu’issu de la FIFA, Infantino est vu en Amérique du Sud, comme en Afrique ou en Asie, comme un homme qui favorise les non-Européens. Une image qui lui sert aujourd’hui à surfer sur une popularité pourtant largement érodée.
Une grosse soixantaine de soutiens
Avec les 54 pays africains, le Bhoutan, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Sri Lanka, la Mongolie, l’Indonésie, le Liban, les Philippines, l’Argentine, le Mexique et le Paraguay, Infantino possède déjà une grosse soixantaine de soutiens exprimés. C’est insuffisant pour obtenir la majorité des 211 voix pour se faire réélire en mars. Mais tout le monde ne s’est pas exprimé. C’est le cas des 11 fédérations océaniennes. L’OFC s'est montrée évasive au moment de l'annonce du projet, invitant seulement ses onze membres affiliés à l'"étudier" et à "participer au processus de consultation" initié par la FIFA.
Or, ce sont bien ces fédérations mutiques jusqu’ici qui pourraient faire basculer le scrutin en mars. La virulente fronde européenne ne suffit pas, pour le moment, à déclencher une unanimité et à faire vaciller le président de la FIFA.
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