Didier Deschamps quittera l'équipe de France en 2026 : son dernier pari
Par Maxime Dupuis
Mis à jour 08/01/2025 à 17:58 GMT+1
Didier Deschamps a annoncé sur TF1 qu’il quittera l’équipe de France à l’issue de la Coupe du monde 2026 et après quatorze ans de règne. Le sélectionneur national a surpris son monde, de par le timing précoce de l’annonce. Est-ce un bon calcul ? Et une manière de redonner du lustre à sa fin de règne ? De la gâcher ? La vérité, c’est que personne n’en sait rien.
Deschamps ou les joueurs : qui faut-il blâmer pour France - Israël ?
Video credit: Eurosport
Difficile de savoir si la nostalgie est bonne conseillère, d’être certain qu’elle nous guide dans la bonne direction et ne biaise pas le réel dans les méandres de notre mémoire. Une chose est sûre, son voile brumeux nous est tombé sur le coin du nez quand on a appris ce dont on se doutait un peu tous : Didier Deschamps quittera l’équipe de France au lendemain de la Coupe du monde 2026, sa quatrième à la tête des Bleus. L’info a été révélée à TF1 à l’occasion d’une interview enregistrée pour l’opération Pièces Jaunes. Elle a surpris à peu près tout le monde sur le plateau, Brigitte Macron compris. Son regard trahissait sa surprise et la nôtre, d’une certaine manière. Après quatorze années à la tête des Bleus, on avait fini par croire qu’il serait sur le banc à jamais.
Depuis toujours, Didier Deschamps aime contrôler l’environnement dans lequel il évolue. Une fois n’est pas coutume, il n’avait pas calculé son coup. Il savait qu’il arrêterait, oui. Il ignorait qu’il l’annoncerait ici et maintenant. Mais puisqu’on lui a posé la question et que tout était "clair dans (sa) tête", DD y est allé sans autre forme de procès.
EN MARS, TOUT VA TOURNER AUTOUR DE LUI
Didier Deschamps estime avoir fait son temps et l’usure du pouvoir, tout comme la pénible année 2024, ne sont pas étrangères à son constat. Mais la ligne d’arrivée n’est pas pour demain et il reste au sélectionneur le plus capé de l’histoire des Bleus quelques défis à relever. Par ordre chronologique : gagner une nouvelle Ligue des nations, se qualifier pour le Mondial, et, pourquoi pas, décrocher un autre titre planétaire au cœur de l’été 2026. Copieux programme, avec un dessert que l’on qualifiera d'appétissant.
En annonçant qu’il laisserait les rênes à un autre dans dix-huit mois, l’ancien capitaine des Bleus a joué une carte qu’il n’avait jamais sortie de son jeu durant sa mandature. Et dont on ne sait si elle est un atout, à cette heure.
Chacun a déjà un avis sur la question : cela va "libérer tout le monde", juge Philippe Diallo qui est dans son rôle de président de la FFF. Cette décision permettra à Deschamps de reprendre la main et sa voix portera à nouveau auprès de ses cadres, pour certains. Ou, au contraire, après une année laborieuse, cette annonce va effriter son autorité, pensent les autres. Bref, il y a sans doute autant d’avis que de sélectionneurs potentiels. A savoir : 68 millions.
La vérité est que personne n’est en mesure de deviner des conséquences de l’inattendue sortie médiatique du patron des Bleus. Elle ne polluera pas le premier rassemblement de l’année, en mars prochain ? Elle ne le réoxygénera sans doute pas non plus. Parce que les questions au sélectionneur, dès le jour de la liste, tourneront autour de lui et non de ses joueurs (quels qu’ils soient), encore moins de France - Croatie, quart de finale de la Ligue des nations dont tout le monde, ou presque, se fiche. Chaque fait et geste du sélectionneur sera ensuite épié sur la pelouse du terrain Pierre-Pibarot de Clairefontaine, lors du premier entrainement ouvert à la presse. Et ainsi de suite.
JACQUET ET HIDALGO, LES MODÈLES ?
L’avenir est d’autant plus imprévisible que la situation est peu commune dans l’histoire, au moins moderne, de l’équipe de France. Jacques Santini avait certes annoncé qu’il quitterait les Bleus à l’issue de l’Euro 2004. Mais il avait dévoilé ses intentions durant le stage de préparation. Et, sans faire injure à l’ancien Stéphanois, il ne jouissait pas de la même autorité naturelle que Didier Deschamps. Son prédécesseur, Roger Lemerre, avait prolongé avant le fiasco de 2002 et n’avait guère envie de quitter son bureau à la FFF quand on lui a demandé de faire ses cartons.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/01/08/image-ee5417ae-7369-4fe0-a68a-8a3b1a3a105d.jpeg)
Didier Deschamps et Kylian Mbappé
Crédit: Getty Images
Raymond Domenech, me direz-vous ? On savait que l’aventure était bel et bien finie avant la Coupe du monde 2010 puisque son contrat de sélectionneur touchait à sa fin - au grand ravissement de la FFF. On connaissait même le nom de son successeur. Mais, à la différence de Deschamps, Domenech aurait bien repris un peu de rab’ et le ver était dans le fruit depuis trop longtemps pour juger que sa fin de règne ait été l’élément déclencheur du pourrissement de Knysna. Quid de Laurent Blanc ? Son départ avait été annoncé après l’élimination des Bleus à l’Euro 2012.
Au final, le destin d’Aimé Jacquet, voire de Michel Hidalgo, est celui qui se rapproche le plus de Didier Deschamps. Jacquet avait annoncé qu’il laisserait les Bleus à un autre dès mars 1998, et on savait que le second mettrait fin à son bail après l’Euro 1984. A l’arrivée, les deux pionniers de la gagne tricolore ont quitté la scène par la très grande porte. C’est tout le mal que 68 millions de sélectionneurs et 23 joueurs souhaitent aujourd’hui à DD. Et la nostalgie n’y est, cette fois, pas pour grand-chose.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité