Didier Deschamps sélectionneur de l'Italie : simple fantasme ou vraie possibilité ?
Eurosport sur GoogleEt si Didier Deschamps rejoignait l'Italie après la fin de son aventure avec les Bleus ? Alors que le sélectionneur de l'équipe de France se prépare à affronter sa dernière Coupe du monde, qui se dit "ouvert à tout", pourrait être à l'écoute d'une proposition de la Fédération italienne de football (FIGC). Mais va-t-elle finir par arriver sur la table ?
"L'incertitude, elle est sur le côté gauche" : quel onze-type pour démarrer la Coupe du monde ?
Video credit: Eurosport
Si Didier Deschamps a quitté l'Italie depuis une bonne vingtaine d'années maintenant, le sélectionneur de l'équipe de France n'a rien perdu de la langue de Dante. Et il ne manque pas une occasion de le rappeler. Lorsque notre confrère de La Gazzetta dello Sport a pris le micro pour lui poser une question en conférence de presse jeudi dernier, juste après l'annonce de sa liste pour la Coupe du monde, "DD" lui a balancé un grand "Eccolo qua !". Comprenez mieux : "Le voilà !". "Je me remets à l'italien, on ne sait jamais", a souri dans la foulée celui qui s'apprête à disputer sa dernière aventure à la tête des Bleus. Sans se douter que la question qui suivait concernait justement son avenir...
Deschamps, qui avait assuré "ne rien s'interdire" quelques minutes plus tôt concernant son avenir, pourrait-il rebondir sur le banc de la Nazionale, qui va manquer un troisième Mondial consécutif et qui se cherche actuellement un sélectionneur depuis le départ de Gennaro Gattuso ? "Je ne m'interdis rien. Ce n'est pas d'actualité. Mais je suis disponible, tout le monde le sait. Je verrai ça après", a évacué l'intéressé.
"DD" ne dit pas oui, mais pas non non plus. Comme si endosser le costume de sélectionneur de l'Italie l'intriguait sérieusement. Il faut dire que son histoire de joueur puis d'entraîneur est étroitement liée à la Botte. Il n'a d'ailleurs jamais caché s'être beaucoup inspiré de ses années italiennes pour sa méthodologie de coach.
Un lien particulier avec la Botte
"J'ai touché du doigt la culture de la gagne, l'exigence, le professionnalisme, une grande organisation, expliquait un jour DD dans un entretien à L'Equipe. Et je me sentais comme un poisson dans l'eau (...) Mon départ en Italie en 1994 ? J'avais le sourire. J'attendais ça. Je n’occulte pas Nantes, qui m'a fourni les bases nécessaires à mon parcours, ni Marseille, une bonne préparation en termes d'exigence et de médiatisation. Mais en Italie, je me suis retrouvé dans un environnement qui me convenait parfaitement."
Comme joueur (1994-1999), il a joué à la Juventus et a remporté plusieurs titres, dont la Ligue des champions en 1996 et trois Scudetti. Entre ses 25 et 30 ans, il a accumulé 178 apparitions sous le maillot bianconero. Comme entraîneur, il a permis à la Vieille Dame de remonter en Serie A en 2006-2007 après le scandale du Calciopoli. Deschamps a d'ailleurs toujours beaucoup de connaissances de l'autre côté des Alpes, où il n'est jamais contre une petite escapade. Lui qui vite tout près de la frontière entre Nice et Monaco.
"Ça me fait plaisir de retourner en Italie où j'ai passé pas mal d'années en tant que joueur et une année en tant qu'entraîneur (...) Je vais revoir des gens connus et des joueurs que j'ai eus en tant qu'entraîneur", révélait-il en 2012. Alors, forcément, difficile pour lui d'exclure cette hypothèse de s'asseoir sur le banc de la sélection transalpine. Elle est en totale perdition ? C'est vrai. La différence de qualité est abyssale avec celle des Bleus ? Aussi. Mais l'Italie reste l'Italie. Et Deschamps se verrait bien en sauveur d'un pays qui n'a plus vibré au rythme d'une Coupe du monde depuis quatorze longues années. Mais une autre question se pose quand même : cet intérêt est-il réciproque ?
La FIGC sonde à d'autres profils
Si le CV du sélectionneur des Bleus est plus que respecté dans la Botte, et que sa réputation y est même très bonne, contrairement à un illustre de ses prédécesseurs revenu dans l'actualité ces derniers jours, son nom revient très peu dans les médias transalpins. Il faut dire que la Fédération italienne de football (FIGC) se cherche toujours un président depuis la démission du très critiqué Gabriele Gravina, coupable d'être à la tête d'un système vieillissant et opaque. Les candidatures de Giancarlo Abete et de Giovanni Malagò ont été officiellement présentées en vue des élections prévues le 22 juin prochain. Officiellement, la FIGC a jusqu’au 22 mai (soit un mois avant le vote) pour les valider.
Autre obstacle pour l'actuel patron des Bleus : l'Italie n'est pas vraiment habituée à opter pour un sélectionneur étranger. Pendant une très courte période, Helenio Herrera, entraîneur historique de la "Grande Inter", a accompagné le sélectionneur Ferruccio Valcareggi entre 1966 et 1967, avant que celui-ci ne devienne sélectionneur lors du triomphe à l’Euro 1968. L’unique autre cas d’un sélectionneur étranger à la tête de la Nazionale est celui de l’Anglais William Garbutt, passé par le Genoa et qui dirigea l'Italie pendant six matchs entre 1913 et 1914. Au vu de la grande tradition des entraîneurs transalpins (Bearzot, Sacchi, Lippi....), la FIGC n'a quasiment jamais eu le besoin (ou même l'idée) de donner les rênes de sa sélection à un coach étranger.
Actuellement, un nom semble se dégager pour le poste : celui d'Antonio Conte. L'entraîneur du Napoli, qui va quitter le club parthénopéen après deux saisons, ferait alors son retour sur un banc où il s'est assis entre 2014 et 2016. "Il est le grand favori", annonçait La Gazzetta dello Sport dans son édition de mercredi. Dans son sillage, on retrouve Massimiliano Allegri, actuellement à l'AC Milan, mais aussi Claudio Ranieri, qui a quitté son poste de dirigeant à l'AS Rome et qui a récemment fait acte de candidature, et Roberto Mancini, prêt à faire son retour après avoir claqué la porte pour rejoindre l'Arabie saoudite en août 2023. À bien y repenser, finalement, il y aurait bien le nom d'un entraîneur étranger qui circule chez nos voisins italiens. Mais toujours pas celui de Deschamps. Celui d'un certain... Pep Guardiola.
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