Sa voix rauque et son rire sont reconnaissables entre mille. Son vrai nom - Thierry Moutoussamy - ne vous dit peut être rien, mais son nom d’artiste ne doit pas vous être inconnu : Lord Kossity. Ma Benz’, Vanessa, Hotel Room, et bien d’autres, l’artiste de 47 ans a traversé les générations avec sa musique. Mais avant de se lancer dans le rap, Lord Ko’ envisageait une tout autre carrière. Celle de footballeur.
Kossity est un enfant du 94, plus précisément de Créteil : "Je jouais à l’US Créteil. En poussins, puis pupilles." Et dès son plus jeune âge, Lord Ko’ est amené à côtoyer le football international : "J’ai eu l’occasion de jouer dans des gros stades comme Glasgow ou le Stadio Comunale en Italie. C’était des stades mythiques pour les jeunes de ma génération et ça nous donnait l’occasion de parfois rencontrer des joueurs professionnels.”

Le drame de sa jeunesse

Football
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24/04/2020 À 17:40
Le Thierry tout juste entré dans l’adolescence "rêvait" de devenir footballeur : "J’avais fait des sélections pour rentrer au centre de formation du PSG, j’avais été reçu.” Mais la volonté de ses parents de rentrer aux Antilles a réduit à néant ses rêves de ballon rond : "Ça a vraiment été un drame dans ma jeunesse. J’ai été obligé de suivre mes parents et je leur en ai voulu. J’ai vécu ça comme un vrai déchirement, comme une trahison.” La pilule est passée à sa majorité, lorsqu’il s’est lancé dans le rap.
Même s’il est désormais loin du foot, Lord Ko’ n’a jamais cessé d’en suivre les évolutions. Il s’est notamment intéressé à cette nouvelle génération de joueurs, issue de quartiers populaires qui, un peu comme Platini dans les années 1980, est parvenue à exploser dans le football. Avec, comme premier exemple, Nicolas Anelka : "C’était l’un des premiers jeunes de banlieue à avoir accès à cette notoriété-là. Il est vite devenu un exemple à suivre pour beaucoup de jeunes, il représentait la fierté de la banlieue. Certains disaient qu’il avait un sale caractère, moi je dis qu’il avait ses idées.”
En se basant sur l’exemple de l’ancien attaquant du PSG, Lord Kossity évoque les difficultés qu’ont eu certains joueurs à se confronter au grand public. "Il y a aussi des codes qu’il faut respecter lorsque l’on vient de banlieue. Anelka a fait partie des premiers qui ont été confrontés à ça : concilier une vraie notoriété de footballeur et cette fierté qui vient de la banlieue. Je pense que c’est difficile d’accorder les deux”, constate l’artiste." Et c’est pareil pour les rappeurs.”
Il faut trouver un juste milieu, pour qu’ils n’oublient pas d’où ils viennent tout en ayant un discours fédérateur
Lord Ko’ souligne la nécessité d’adapter son discours et son image au public qu’on touche. Tout en restant authentique. "Il faut trouver un juste milieu, pour qu’ils n’oublient pas d’où ils viennent tout en ayant un discours fédérateur”, explique l’artiste, avant d’inclure les rappeurs dans ce même constat. "On touche aussi des jeunes qui ne sont pas de la banlieue. Il faut savoir être pertinent. C’est bien d'être conseillé et c’est ce qui manque à beaucoup de jeunes.”
La musique urbaine et le football trouvent certaines similitudes dans leurs origines socio-culturelles. Les connexions entre rappeurs et footballeurs se multiplient. Mais Lord Kossity, lui, ne s’affiche pas régulièrement aux côtés des stars du ballon rond : "Je ne voulais pas tomber dans le cliché de la banlieue. Le rappeur qui traîne avec des footballeurs et inversement. La démarche doit être sincère, on n’est pas dans la gestion d’image.”

Lord Kossity avec Djibril Cissé, en 2006

Crédit: Getty Images

Né en 1972, Thierry Moutoussamy a grandi avec l’équipe de France version 1982 et 1986 : "Nos stars, c’était Marius Trésor, Platini… Des joueurs comme ça. C’était l’équipe de France 82 avec Battiston, Ettori. C’était pile ma génération.” Un football bien loin de celui de 2020, ses paillettes, ses transferts mirobolants et ses salaires. Même si ce n’est pas le football qu’il a connu, le rappeur l’accepte tel qu’il est aujourd’hui : "Les salaires ont été démultipliés. Est-ce que c’est justifié ou pas ? Je ne sais pas mais c’est comme ça. D’un autre côté, ils aident leur famille, ils créent des emplois, deviennent des leaders d’opinion, des influenceurs… Il y a tout de même pas mal d’aspects positifs.”
Le football, Kossity le pratique désormais pour le plaisir : "Je n’arrive pas à m’ennuyer pendant le confinement, je fais beaucoup de sport et je suis en train de finaliser deux albums." Sa carrière de footballeur n’a jamais existé, mais celle de rappeur n’est pas près de se terminer.
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