Vous l'avez sûrement détesté et traité de tous les noms en regardant Validé, dévoilé sur Canal + le 20 mars dernier. Moussa Mansaly, l'interprète de Mastar dans la série réalisée par Franck Gastambide, est rappeur dans la vraie vie. Mais avant de percer dans le "rap game", l'artiste s'était lancé dans un autre art. Un art qui nécessite un ballon rond et dont il parle amèrement dans sa chanson FFF (Fuck le Foot Frère). Mathieu Valbuena, Swansea, blessures… Le "MC" a raconté à Eurosport son parcours de "footeux".
Sam's est un enfant de Gironde, de la banlieue de Bordeaux plus précisément. Club Municipal Floiracais, puis Cenon, Stade Bordelais, c'est à peine majeur qu'il s'envole pour l'Angleterre. Plutôt numéro 9, parfois numéro 6, le Moussa encore ado fait des essais à Swansea : "Mais l'agent qui m'avait emmené là-bas a disparu", regrette-t-il. Et même si les essais sont satisfaisants, difficile pour lui de conclure : "J'ai eu des problèmes avec la langue, en plus des problèmes avec l'agent, donc je n'ai pas pu finaliser avec le club." De retour à Londres, Sam's s'entraîne avec le club d'Hampton & Richmond Borough, un club de National League South, l'équivalent de la National 3 française. Et l'aventure anglaise prend le pire tournant possible pour un footballeur en devenir : "Je me fais les croisés."

Moussa Mansaly, alias Sam's dans la série Validé

Crédit: Eurosport

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"Une question de timing"

Le jeune joueur rentre se soigner en France. Puis repart. Après un passage très bref en D2 israélienne, Moussa Mansaly se retrouve en Grèce, au FC Rhodes. Là encore, rien n'est simple : "Je me suis fait arnaquer sur le contrat." Il précisait à So Foot : "Ils ne me versaient pas mon salaire." Sam's retrouve la mère-patrie "en catastrophe" après avoir subi le chantage et les menaces du club grec. Il retourne à Libourne Saint-Seurin, avec qui il joue en National. Sauf que cette fois-ci, c'est le physique qui ne suit pas : "J'ai dû me faire opérer du tendon rotulien et du cartilage." Et à 24 ans, le Moussa qui rêvait de football commence à en avoir marre. En parallèle, la carrière de rappeur et d'acteur de Sam's avait déjà commencé voire même décollé. Entraînements, enregistrements, tournages, Moussa Mansaly vivait à 1000 à l'heure.
Sam's s'est laissé une dernière chance après son opération : "J'ai joué en CFA2 au Stade bordelais et à Lormont", mais ses autres passions ont pris le pas sur le ballon rond : "Je m'épanouissais mieux dans la musique et le cinéma. Et tout ce parcours en dent de scie, ça m'a saoulé. Et je me suis dit naturellement que j'allais arrêter." Blessures, arnaques, mauvais agent… Le rappeur ne cherche pas vraiment d'excuse pour cet échec et prend les choses avec philosophie : "Je pense que pour moi c'était une question de timing. C'est l'alignement des planètes. Vu ce qu'il se passe pour moi aujourd'hui, je me dis qu'il y avait un plan pour moi."
Alignement des planètes, timing, plan… Peu importe le nom qu'on lui donne, ça a fonctionné pour Sam's, qui vit de sa musique et de son jeu d'acteur. Et quand il s'agit de comparer le ballon rond et l'art de la punchline, Moussa Mansaly est formel : "C'est plus dur de percer dans le foot. Il n'y a pas d'âge pour rapper, il n'y a pas de centre de formation, c'est une passion. Il y a pleins d'artistes qui peuvent avoir un passage à vide et sur un coup du destin, Boum ! Un buzz ressort. C'est différent, même si la compétition reste la même."

"Il y a Benzema qui débarque et on dirait que c'est un influenceur"

Aujourd'hui, Sam's a 36 ans. Depuis qu'il ne tâte plus le ballon rond, le football a beaucoup évolué, et l'environnement médiatique autour de ce sport également. "On est dans une ère où il y a beaucoup d'informations, avec Twitter, Instagram, les émissions télévisées… ", détaille-t-il. L'émergence des réseaux sociaux a permis de rendre visible plus rapidement et plus massivement le moindre écart de conduite : "Les histoires de sextape ou de scandales comme ça… Il y en avait sûrement à l'époque sauf qu'il n'y avait pas d'iPhone. Pareil pour Serge Aurier et Laurent Blanc, ou le frère de Kimpembe et Tuchel."
Ces quelques incidents isolés amènent Sam's à insister sur l'importance de gérer son image sur la toile : "Je pense que c'est primordial d'avoir un community manager pour un footballeur ou un rappeur", avance-t-il. Avant de prendre pour exemple la récente actualité de Karim Benzema et de ses lives Instagram : "Là avec le confinement, tout le monde fait des InstaLive. Il y a Benzema qui débarque et on dirait que c'est un influenceur. Mais quelqu'un devrait lui dire : 'Gros mais qu'est-ce que tu fais ? Quel est ton but ? T'as quatre Ligues des champions, à quoi ça sert d'allumer ton Instagram et de parler avec plein de gens ?' Je ne comprends pas que dans les gros clubs, ils n'aient pas cette obligation d'avoir un agent d'image ou des gens qui viennent leur parler de communication."

"Valbuena était extrêmement fort"

Aujourd'hui, Sam's est bien loin de tout cela. La série Validé a cumulé plus de 15 millions de visionnages depuis sa sortie. Un succès qui lui a notamment permis de renouer avec Mathieu Valbuena, son ancien coéquipier en sélection de Ligue Aquitaine. "Il m'a écrit par rapport à la série Validé. On a eu deux chemins différents et c'est super cool de se retrouver parfois", révèle-t-il. Aujourd'hui, il ne manque pas de faire l'éloge de "Petit Vélo" : "Lui, quand on était en U13, c'était déjà un super joueur. Le seul problème c'est qu'il était petit, un peu plus frêle que les autres. Par contre, il était extrêmement fort. Son parcours est énorme parce qu'il a toujours pris des taquets sur le terrain."
Le terrain, Sam's ne s'en approche plus que pour plaisir. Il s'épanouit désormais devant la caméra et derrière un "mic" : "Après le confinement, on va tourner la saison 2 de Validé. J'ai aussi d'autres projets musicaux." De quoi adorer le détester une saison de plus.
Ecrit par Enzo Guerini et Sasha Beckermann.
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