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Angleterre - Ecosse 96 : Paul Gascoigne, but mythique, célébration légendaire
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Publié 17/06/2021 à 23:06 GMT+2
EURO 2021 – Très attendu, cet Angleterre-Ecosse marque aussi le souvenir du moment de magie de Paul Gascoigne, il y a 25 ans. En plein Euro 96, l’attaquant anglais avait signé un but magnifique suivi d’une célébration rentrée dans l’histoire. Un résumé de ce qui caractérisait "l’enfant terrible du football anglais", entre émerveillement, crispation, folie et débauche.
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Dans le catalogue de buts que le fan de football garde précieusement dans ses souvenirs, la beauté du geste importe, autant que le timing choisi pour marquer ou la célébration qui en découle. Rares sont ceux qui réunissent tous ces critères à la fois. Autant dire qu’ils s’inscrivent directement dans la mémoire collective quand c’est le cas. Pour l’Histoire. Ce 15 juin 1996, Paul Gascoigne y a fait son entrée, dans un Wembley incandescent et une atmosphère irrespirable, qui plus est face à l’ennemi écossais.
Par cette action, Paul John Gascoigne rappela aux fans anglais et au monde le joueur qu’il pouvait être. Surtout celui qu’il aurait dû être. Sans la malice, la légèreté ni l’instabilité qui ont poursuivi "l’enfant terrible du football anglais" jusqu’à la fin de sa carrière (et au-delà). Il constituait bien l’image d’une Angleterre électrisante, revigorée depuis la prise de fonction de Terry Venables deux ans plus tôt, après quatre années noires sous Graham Taylor (élimination au 1er de l’Euro 1992 et non-qualification au Mondial 1994) et reboosté par un Euro disputé à domicile. Celui où l’on reprenait à tue-tête les paroles de 'Football is coming home' des Lightning Seeds, pour un hymne à la gloire des inventeurs du football et de la sélection nationale.
La 'dentist chair' de Hong-Kong
L’occasion était donc unique contre l’Ecosse - et face à certains de ses partenaires des Rangers qu’il avait rejoint l’été précédent - pour ce deuxième match du groupe A de laisser une trace. Dans un cadre mythique. Le soleil londonien assistait également au spectacle, et après une 1ère période intense mais sans réelle occasion de chaque côté, les Three Lions sont devant grâce à une tête d’Alan Shearer. Si les opportunités finissent par apparaître pour enfin enflammer la rencontre, le score ne bouge pas, et le chef d'œuvre se fait attendre.
Il intervient finalement à dix minutes du terme : le long dégagement de David Seaman trouve Teddy Sheringham qui remet vers Darren Anderton sur le côté gauche. Le joueur des Spurs a vu l’appel de Gascoigne dans un espace libéré pour lui remettre instinctivement. Le reste se passe de commentaire, de son lob génial du gauche sur Colin Hendry, le défenseur central écossais, à la reprise de volée merveilleuse du droit pour battre le gardien Andy Goram. Triangulation parfaite pour un bijou à l’anglaise. Qui n’aurait sans doute jamais vu le jour, sans l’arrêt ferme de Seaman sur le penalty de Gary McAllister tiré cinquante secondes plus tôt…!
Symbolique pour l’Angleterre et Gascoigne, qui avouait récemment à The Athletic avoir supplié Terry Venables de lui donner une seconde chance à la suite de sa piètre prestation contre les Suisses en match inaugural. L’exploit footballistique est là, entré et ancré dans la postérité. Il restait alors la célébration, pour couronner le tout.
Après avoir levé les bras et couru vers la ligne de sortie du but, Gazza s’allonge pour être aspergé sciemment d’eau contenue dans les gourdes situées à proximité par Steve McManaman, Teddy Sheringham et Jamie Redknapp. Rien d'improvisé bien sûr. Un clin d’oeil surtout aux photos d’une soirée d’ivresse prises lors de la tournée asiatique pré-Euro pour fêter l’anniversaire de Gascoigne (qui d’autre ?), représentant les joueurs assis dans un fauteuil 'comme chez le dentiste', gosier grand ouvert, enchaînant les lampées de tequila dans un bar à Hong-Kong. Les clichés avaient fuité dans la presse outre-Manche, Gascoigne débraillé au 1er plan, et déclenché un scandale national à quelques jours du début de l’épreuve via les fameux tabloïds britanniques. Ne réclamant qu’une chose : l’éviction du fantasque peroxydé de la sélection.
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Paul Gascoigne aspergé d'eau après son but mythique
Crédit: Imago
L’art de "contrer"
Requête ignorée par Venables, alors que cette soirée représentait le début d’une aventure. L’affaire de la 'dentiste chair' d’Hong-Kong a créé et soudé un groupe dont les résultats moyens et le jeu peu flamboyant peinaient à enthousiasmer les foules depuis la Coupe du monde 1990. "On a été pointé du doigt, à un moment crucial, à quelques jours d’une échéance importante, en plus à la maison, disait Jamie Redknapp en 2018 sur Sky Sports. Je ne changerai rien, et je sais que les gars non plus. On a vécu un moment inoubliable dans ce pub à Hong-Kong, probablement l’un des meilleurs de ma vie. Le fait d’être ensemble, à cet instant-là, dans cet état-là, a tout conditionné pour la suite".
La suite justement, c’est une masterclass face à l’autre favori du groupe, les Pays-Bas (4-1), pour une qualification aux tirs au but contre l’Espagne en quart (0-0, 4-2 t.a.b) avant une autre désillusion dans le dernier carré, face à l’Allemagne (1-1, 5-6 t.a.b). Aux tirs au but, évidemment…
Mais le moment le plus fort et iconique de l’aventure anglaise cet été-là appartient à 'Gazza'. "C’était magique, expliquait Gary McAllister, à l’origine de l’action par son penalty manqué. Je savais qu’Andy Goram était très fort dans les un contre un. Après qu’il soit passé par-dessus Colin, tout était encore à faire pour Andy, qui avait l’habitude de réaliser d'énormes arrêts pour la sélection. Mais tout dans ce but était classe, surtout la finition. C’était comme s’il connaissait le scénario, comme s’il disait 'Je te connais Goram, je sais que tu me connais aussi et je vais te battre coûte que coûte'".
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La finition de Gascoigne sur son but magique en 1996
Crédit: Getty Images
La beauté du geste, le moment propice, la célébration : tout Paul Gascoigne est résumé dans cette action purement instinctive et donc forcément géniale. Une manière surtout de démontrer encore son immense talent tout en assumant ses excès.
Pour renvoyer la presse tabloïd dans les cordes. Le Daily Mirror rétropédalera d’ailleurs par la suite en titrant "To Mr Paul Gascoigne : An Apology", traduction : "À Mr Paul Gascoigne : Nos Excuses".
Pour chambrer ses coéquipiers des Rangers aussi, à son retour à l'entraînement pour la pré-saison (des photos et la célébration de son but furent placardées partout dans le vestiaire).
Et pour Colin Hendry dont la dernière rencontre avec Gascoigne, racontée par le fantasque anglais, est aussi entrée dans la légende. "J’ai l’ai revu il n’y a pas si longtemps et il m’a demandé 'Qu’est-ce que tu fais à Londres ? Je pensais que tu vivais à Bournemouth'. Je lui ai répondu : 'Et toi, qu’est-ce que tu fais ici ? Je pensais t’avoir laissé à Wembley"'. Typical Gazza.
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Sancho en tribunes et Kane fatigué : que se passe-t-il chez les Three Lions ?
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